La première compagnie aérienne indienne discute avec Embraer d’une acquisition de 100 avions régionaux, assortie d’options sur une cinquantaine d’appareils supplémentaires, selon Reuters. Encore préliminaires, ces échanges pourraient ouvrir un nouveau chapitre dans le développement de son réseau intérieur, aujourd’hui assuré principalement en Airbus et en ATR.
Une commande potentielle, sans modèle arrêté
IndiGo pourrait offrir à Embraer l’un de ses plus importants contrats. Selon une information publiée le 4 novembre par Reuters, citant trois personnes directement informées du dossier, les discussions portent sur 100 avions à réaction régionaux, auxquels pourraient s’ajouter environ 50 appareils en option. Mais aucun accord n’est garanti : le modèle n’a pas été choisi et les volumes restent susceptibles d’évoluer. Les premières livraisons n’interviendraient pas avant 2030, d’après deux de ces sources.
Ni IndiGo ni Embraer n’avaient répondu aux sollicitations de l’agence au moment de la publication. Il ne s’agit donc, à ce stade, ni d’une commande ferme ni d’une sélection officielle de l’avionneur brésilien.
Des jets régionaux pour compléter les ATR et les Airbus
L’enjeu serait d’élargir les possibilités du réseau régional d’IndiGo. Selon Reuters, des Embraer permettraient de desservir davantage de villes secondaires, mais aussi de remplacer une partie des ATR sur certaines lignes afin d’y proposer davantage de sièges. La compagnie disposait de 442 appareils à fin septembre, dont 44 turbopropulseurs ATR, au sein d’une flotte dominée par les monocouloirs Airbus. Elle vise environ 600 avions à l’horizon 2030.
La réflexion n’est pas nouvelle. En mai 2024, l’Economic Times faisait déjà état de discussions avec ATR, Embraer et Airbus pour une centaine d’avions régionaux. ATR apparaissait alors favori, notamment en raison des économies liées au maintien d’un type d’appareil déjà exploité.
La famille Embraer couvre plusieurs segments : l’E175 peut accueillir jusqu’à 88 passagers, tandis que les E190-E2 et E195-E2, de génération plus récente, offrent respectivement jusqu’à 114 et 146 places, selon les configurations.
Embraer et Adani préparent un ancrage industriel en Inde
Ces discussions s’inscrivent dans une offensive plus large d’Embraer sur le marché indien. Le constructeur aéronautique brésilien et Adani Defence & Aerospace ont signé en janvier 2026 un protocole d’accord, renforcé le 21 février, en vue de développer un écosystème industriel comprenant une chaîne d’assemblage final de l’E175.
L’initiative s’inscrit dans la politique Aatmanirbhar Bharat, destinée à renforcer l’autonomie industrielle, ainsi que dans le programme UDAN, qui subventionne l’ouverture de liaisons vers les villes de rang 2 et 3. La demande pour des appareils économes, capables de desservir des pistes plus courtes avec des coûts d’exploitation maîtrisés, y est appelée à croître fortement dans les années à venir.
« L’E175 a démontré, à l’échelle mondiale, sa capacité à assurer des opérations régionales efficaces et à haute fréquence, et l’Inde constitue un marché de croissance clé sur ce segment », déclarait Francisco Gomes Neto, PDG d’Embraer, dans le communiqué du 21 février. Les partenaires indiquaient alors travailler notamment à l’obtention de commandes pour soutenir la future chaîne. Son lancement reste conditionnel. En mars, le dirigeant avait expliqué à Reuters que le projet nécessitait des commandes portant sur au moins 200 avions. Les discussions avec IndiGo ne permettent donc pas, en l’état, de conclure à une concrétisation de cette implantation industrielle.
Embraer estime que l’Inde aura besoin d’au moins 500 appareils de 80 à 146 sièges au cours des vingt prochaines années. Cette prévision du constructeur illustre le potentiel qu’il attribue aux liaisons régionales et court-courriers, sans constituer pour autant un engagement des compagnies indiennes.

Vincent a commenté :
5 novembre 2026 - 11 h 27 min
Et pourtant il y a plein de a220 d’occasion…