Deux incidents, l’un en vol pour Air France, l’autre au sol pour Ryanair, alimentent une séquence médiatique déjà tendue pour le transport aérien, mis en cause ces dernières semaines par une série de problèmes techniques, notamment pour des A320 cloués au sol pour corriger un bug logiciel.
Un A320 d’Air France dérouté en urgence
Samedi 20 décembre en fin d’après-midi, le vol AF7562 reliant Paris-Orly à Ajaccio a dû être dérouté d’urgence vers Lyon après un problème sur l’un des deux moteurs CFM56 équipant l’Airbus A320. Environ trente minutes après le décollage, alors que l’avion survolait la région de Clermont-Ferrand, l’équipage a constaté un « pompage réacteur », phénomène de surpression d’air dans le moteur entraînant d’importantes vibrations.
Des passagers disent avoir aperçu de « grosses flammes » au niveau de l’aile et entendu « un gros boum », provoquant une forte inquiétude à bord. Pour rappel, les avions de ligne modernes sont conçus pour voler avec un moteur, un scénario qui arrive malgré tout très rarement ramené au nombre de vols.
« Mesure de précaution » et atterrissage sécurisé
Air France évoque une « panne de moteur » et indique qu’« par mesure de précaution » il a été décidé de poser l’appareil à Lyon plutôt que de poursuivre vers Ajaccio. L’atterrissage s’est déroulé « normalement sur un seul moteur », sans blessés à bord, avant que les 172 passagers ne soient réacheminés vers Bastia puis Ajaccio en bus dans la nuit. La compagnie tricolore souligne que « toutes les mesures de précaution ont été prises pour la sécurité des clients » et rappelle que les pompages moteur sont « des événements connus et maîtrisés » sur lesquels les pilotes s’entraînent régulièrement en simulateur. L’incident concerne d’abord un moteur CFM56 produit par Safran et GE.
Collision au sol entre un 737 de Ryanair et un camion-citerne
Ce lundi matin, un Boeing 737 de Ryanair, prêt à décoller d’Édimbourg vers Faro, a percuté un camion-citerne alors qu’il roulait sur le tarmac de l’aéroport écossais. Les passagers avaient déjà embarqué lorsque l’appareil est entré en collision avec le véhicule de ravitaillement, entraînant l’arrêt immédiat de la manœuvre et l’évacuation de l’avion.
Des témoignages décrivent un choc « effrayant » mais sans départ de feu, les images diffusées sur les réseaux sociaux montrant un avion immobilisé, entouré de véhicules de secours. « C’était très impressionnant, le pilote a essayé de minimiser la gravité de la situation, mais on voyait bien que ce n’était pas normal », raconte un passager, cité par le site Edinburghlive.
Secours mobilisés mais pas d’incendie ni de blessés
Les services de secours écossais ont confirmé avoir été contactés pour un « avion entré en collision avec un camion-citerne de carburant » à Édimbourg, précisant qu’une équipe de pompiers était restée en surveillance pendant que les services d’incendie de l’aéroport géraient la situation. L’aéroport d’Édimbourg a reconnu un « incident » tout en assurant qu’il n’y avait eu « aucun impact » sur le reste des opérations et en démentant les rumeurs d’incendie.
Selon les premiers éléments relayés par plusieurs médias britanniques, les passagers ont été évacués par les portes avant et arrière, certains évoquant une « grande frayeur » mais aucun blessé n’a été signalé. « Ce vol en partance d’Édimbourg et à destination de Faro ( le 22 décembre) se préparait au départ lorsque l’extrémité de l’aile est entrée en contact avec la cabine d’un camion-citerne. Les passagers ont débarqué normalement et un appareil de remplacement a été prévu pour assurer ce vol vers Faro », a communiqué la low cost irlandaise, tandis que l’appareil endommagé doit être inspecté avant toute reprise d’exploitation. L’Air Accidents Investigation Branch (AAIB) devrait être saisie pour examiner les circonstances de la collision au sol.
Froglegs a commenté :
22 décembre 2025 - 18 h 41 min
“choc effrayant”, “grande frayeur” “le pilote a essayé de minimiser la situation mais on voyait bien que ce n’ était pas normal”
Ah bon ? Sans blague !
De l art de présenter un incident certes contrariant en tragédie évitée de justesse
apthltk a commenté :
23 décembre 2025 - 10 h 24 min
Qu’est-ce qui vous choque dans ce témoignage ?
Il est parfaitement légitime que les passagers s’inquiètent du risque d’incendie lorsqu’un avion entre en collision avec un camion-citerne rempli de carburant.
freddoo a commenté :
22 décembre 2025 - 18 h 44 min
Houlala, MOL ne va pas être content, il va réclamer des millions de dédomagements !
SERGE13 a commenté :
22 décembre 2025 - 20 h 20 min
Et il aura bien raison… En êtes vous jaloux?
A321neoLR a commenté :
23 décembre 2025 - 9 h 23 min
Et pour finir un voyage qu’on imagine assez éprouvant (on est bien d’accord, le pompage c’est pas une catastrophe mais ça a dû tout de même faire une belle frayeur aux passagers..), ils ont terminé le périple par un super trajet Bastia> Ajaccio en bus. Autant dire 3h de trajet (et de virages!) par le col de Vizzavona. Étant corse, je connais bien la route… Une question me vient : Quelle était la contrainte pour un posé final à AJA ? Couvre-feux ? Conditions météo ?… Si c’est la première explication, ne pourrait-il pas y avoir des dérogations pour de événements spéciaux comme ceux-là ? Si c’est pour raison météo, le sors s’est simplement acharné… En tous cas, les passagers se souviendront longtemps du voyage et ont dû arriver… “bien fatigués”…
@A321neoLR a commenté :
23 décembre 2025 - 10 h 44 min
La raison est simple : perte de redondance => la réglementation impose d’atterrir à l’aéroport de déroutement le plus proche.
Le pilote n’a fait qu’appliquer ce que l’EASA lui impose.
Pas si Cool a commenté :
23 décembre 2025 - 13 h 28 min
@A321neoLR ….. Déroutement sur Bastia =>Aiguilleur du ciel endormi à Ajaccio.
Ce que les passagers ne veulent pas voir, c’est la mise en place très rapidement (et un samedi soir) d’un avion de substitution et de bus pour rejoindre malgré tout Ajaccio.
Arrêtons de râler, et admirons ceux qui se mettent en 4 pour trouver en quelques heures une solution pas trop mauvaise..
Bruno a commenté :
23 décembre 2025 - 19 h 56 min
“A été dérouté”.
Cette phrase typiquement journalistique m’énerve !
La phrase devrait être : “s’est dérouté”.
C’est l’avion qui se déroute. C’est l’équipage qui prend la décision de se dérouter ! Ce ne sont pas les contrôleurs au sol qui décident de dérouter l’avion !
Bruno, CdB instructeur-examinateur, 15 000hdv.
Ben non Bruno, désolé. a commenté :
24 décembre 2025 - 8 h 28 min
Pas d’accord avec vous. La phrase est « le vol à été dérouté « est correcte, même en suivant votre raisonnement basé sur le qui-fait-quoi.
Vous dites que ce devrait être « le vol s’est dérouté », et ceci n’est pas possible car « s’est dérouté » est une forme passive , c’est à dire que c’est l’auteur de l’action qui agit sur lui même . Hors le vol ne s’est pas dérouté pas de lui même.
Comme vous le dites bien, c’est le CdB qui prend la décision de dérouter le vol: il est l’auteur de l’action, et le vol/ l’avion « subit » sur lui même les conséquences de cette décision et des actions de mises en œuvre du déroutement.
Et là encore, ces actions de déroutement ne se font pas non plus de par la volonté de l’avion.
Donc pour résumer:
Le CdB déroute le vol/ l’avion
Et le vol/ l’avion est dérouté…ou a été dérouté selon le temps de narration utilisé …et du coup, pour l’équipage , qui est DANS l’avion solidaire des mouvements de l’appareil, on peut aussi dire par extension « s’est dérouté » puisque c’est lui qui décide-agit-subit les conséquences.
Mais en aucun cas « le vol s’est dérouté », car il n’y a aucune initiative autonome ni de décision ni d’action de la part du vol.