La low cost irlandaise Ryanair maintiendra finalement l’intégralité de son programme d’été 2026 à l’aéroport de Bruxelles‑Charleroi, après la décision du gouvernement wallon d’abandonner un projet de taxe locale sur chaque passager au départ.

La low cost irlandaise en profitera même pour augmenter de 9% son offre par rapport à l’été 2025, tout en maintenant la pression sur le gouvernement fédéral belge au sujet d’une taxe nationale sur les billets qu’elle juge « punitive » pour le trafic et l’emploi.

Dans un communiqué publié début février, Ryanair salue la décision du gouvernement wallon de renoncer à une taxe de 3 euros par passager au départ de Charleroi, qualifiée de mesure « régressive et mal conçue ». La compagnie annonce qu’elle exploitera désormais son programme complet à l’été 2026, soit 7,5 millions de sièges au départ de Charleroi, ce qui représente une croissance de 9% par rapport à l’été 2025.

Ce programme s’appuiera sur 112 liaisons directes, confirmant le rôle de Charleroi comme principal bastion belge de la low cost irlandaise et plateforme clé pour les voyageurs wallons vers le sud de l’Europe, l’Italie, l’Espagne ou encore les pays d’Europe centrale et orientale. « Charleroi continue de croître grâce à ses redevances compétitives et à son efficacité opérationnelle », souligne la direction de Ryanair, qui oppose régulièrement ce modèle à celui, jugé plus coûteux, de Bruxelles‑Zaventem.

Un recul wallon sous forte pression économique

Le projet initial de la Ville de Charleroi prévoyait l’instauration, à partir d’avril 2026, d’une taxe municipale de 3 euros par passager, venant s’ajouter à la hausse de la taxe fédérale sur les billets d’avion. L’aéroport Brussels South Charleroi (BSCA) avait averti que ce cumul de prélèvements fiscaux risquait de faire basculer sa rentabilité dans le rouge dès 2026, avec un impact « structurel et durable » sur l’emploi et l’économie locale.

Selon les estimations de BSCA, la seule taxe municipale aurait représenté environ 16,8 millions d’euros de charges annuelles, soit davantage que le bénéfice avant impôt d’environ 13 millions d’euros attendu par la plateforme. La direction de l’aéroport avait jugé cette charge « intenable » et dénoncé une mesure « très spécifique » qui affaiblirait la compétitivité de Charleroi face aux autres plateformes européennes low cost.

Le front toujours ouvert des taxes fédérales

Si la décision wallonne lève l’hypothèque immédiate sur l’été 2026, Ryanair n’entend pas relâcher la pression sur le gouvernement fédéral belge. La compagnie rappelle que la taxe nationale sur les départs, introduite à 2 euros par passager en 2025, doit être progressivement relevée pour atteindre 10 euros à partir de 2027, soit une multiplication par cinq en quelques années.

Dans plusieurs communiqués successifs, Ryanair avait averti qu’elle réduirait de 1,1 million de sièges son offre à Charleroi en 2026 et à nouveau de 1,1 million en 2027 si ces hausses fiscales étaient maintenues, menaçant au total plus de 2 millions de sièges sur deux ans. La compagnie évoque également le retrait de cinq avions basés et la suppression d’une vingtaine de routes sur le programme hiver 2026‑2027, ce qui mettrait « des milliers d’emplois locaux en danger » à Charleroi et à Zaventem.

Ryanair renonce aux coupes à Charleroi après l’abandon de la taxe aérienne locale  1 Air Journal

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