Ryanair va réduire de manière significative sa présence à l’aéroport de Charleroi-Bruxelles Sud à partir de l’hiver 2026-2027, en réaction directe aux hausses de taxes aériennes décidées au niveau fédéral et local. Elle prévoit de retirer plusieurs avions basés, de supprimer des lignes et de diminuer d’environ un million le nombre de sièges proposés au départ de la Belgique.
À compter de l’hiver 2026-2027, Ryanair annonce la suppression d’un million de sièges en Belgique, soit une baisse d’environ 22% de son offre globale depuis Bruxelles-Charleroi et Bruxelles-Zaventem. Cinq appareils seront retirés de la base de Charleroi, ce que la compagnie chiffre comme une perte d’investissement de 500 millions de dollars, et vingt liaisons seront supprimées, dont treize au départ de Charleroi.
Selon des informations relayées par La Dernière Heure et reprises par plusieurs médias belges, une première liste interne de destinations menacées à Charleroi-Bruxelles Sud comprendrait notamment Cluj-Napoca et Iasi (Roumanie), Lodz (Pologne), Oviedo (Espagne), Rovaniemi (Finlande), Billund (Danemark) et Catane (Italie). Ces coupes pourraient encore s’élargir si la nouvelle taxe communale envisagée à Charleroi était confirmée.
Les taxes dans le viseur de Michael O’Leary
Pour le patron de Ryanair Michael O’Leary, la responsabilité de ce retrait partiel incombe directement aux décisions fiscales du gouvernement belge et du conseil communal de Charleroi. Le gouvernement De Wever prévoit de doubler la taxe aérienne nationale à 10 euros par passager à partir de 2027, après une hausse de 150% intervenue en juillet 2025, tandis que la Ville de Charleroi souhaite ajouter une taxe communale de 3 euros par passager au départ de l’aéroport.
Dans un communiqué au ton offensif, O’Leary affirme que « le gouvernement De Wever prépare son propre échec économique », jugeant que cette nouvelle hausse d’une taxe « déjà très élevée » rend la Belgique « totalement non compétitive » par rapport à d’autres pays européens qui supprimeraient au contraire leurs taxes pour stimuler le trafic. Il estime que cette politique fiscale a « contraint Ryanair à supprimer 1 million de sièges, à retirer 5 avions basés et à annuler 20 lignes » en Belgique et exhorte l’exécutif à « abolir » purement et simplement la taxe aérienne plutôt que de la doubler.
Un bras de fer aux conséquences locales ?
Ryanair met en garde contre un impact négatif sur l’emploi et le tourisme dans le Hainaut, en soulignant que la réduction de flotte et de lignes à Charleroi entraînera mécaniquement moins de passagers, moins de recettes commerciales et des effets en chaîne sur l’écosystème local. La compagnie prévient que si la taxe communale venait à être confirmée, d’autres routes pourraient être retirées et une partie du trafic déplacée vers des pays voisins jugés plus attractifs fiscalement.
Du côté des autorités, le gouvernement fédéral défend sa taxe comme un outil budgétaire et environnemental, tandis que la Ville de Charleroi met en avant la nécessité de mieux compenser les nuisances liées à l’activité aéroportuaire. Le bras de fer avec Ryanair devrait se poursuivre dans les prochains mois, la low cost irlandaise faisant de l’abolition de la taxe aérienne belge sa « résolution numéro 1 » pour la nouvelle année.

@Ryanair
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