Les 179 victimes du crash d’un Boeing 737‑800 de Jeju Air à l’aéroport sud-coréen de Muan, en décembre 2024, auraient « très probablement toutes survécu » si l’avion n’avait pas percuté un talus en béton en bout de piste, selon un rapport de simulation commandé par le gouvernement sud‑coréen. Cette révélation relance la polémique sur les responsabilités de l’État et de l’opérateur aéroportuaire, alors que les familles dénoncent une « catastrophe largement évitable ».
Le 29 décembre 2024, le vol Jeju Air 2216 en provenance de Bangkok avait effectué un atterrissage d’urgence à Muan, dans le sud‑ouest de la Corée du Sud. L’appareil avait touché la piste sur le ventre après des impacts d’oiseaux sur les moteurs, dépassé l’extrémité de la piste et percuté un talus de béton soutenant une antenne, avant de se disloquer et de prendre feu, ne laissant en vie que deux hôtesses de l’air assises tout à l’arrière.
Selon un rapport de simulation réalisé par le Computational Structural Engineering Institute of Korea pour le Bureau d’enquête sur les accidents d’aviation et de chemin de fer (ARAIB), l’énergie de l’impact initial sur la piste « n’était pas suffisante pour entraîner des blessures mortelles » et l’avion aurait continué de glisser sur environ 770 mètres avant de s’immobiliser si le massif en béton n’avait pas été là. « Tous les passagers auraient vraisemblablement survécu si la structure n’avait pas existé ou si elle avait été conçue pour se rompre à l’impact », résume la députée Kim Eun‑hye, qui a rendu publiques les conclusions de la simulation.
Un mur en béton contraire aux standards de sécurité
Les directives internationales de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) imposent que, dans la zone de sécurité en bout de piste, les équipements comme les antennes d’aide à l’atterrissage soient montés sur des structures dites « frangibles », capables de céder facilement en cas de collision avec un avion. Or, à Muan, l’antenne était installé sur une butte en béton coulé, à moins de 200 mètres de l’extrémité de la piste, configuration qui ne répondait pas aux standards modernes et avait déjà été signalée comme dangereuse.
Le ministère sud-coréen des Transports a fini par reconnaître que cette conception constituait une « défaillance de sécurité » et que le respect des règles de frangibilité aurait probablement évité l’issue catastrophique du crash. « Il s’agit d’une erreur accumulée sur des années, depuis la construction du talus en 1999 jusqu’aux travaux de modernisation de 2020, lors desquels l’opportunité de le corriger a été manquée », accuse la députée Kim Eun‑hye, membre d’un comité parlementaire spécial sur l’accident.
Enquête sous pression
Pour l’association des familles de victimes, les simulations constituent une preuve que la tragédie est en grande partie « d’origine humaine » et non uniquement le résultat de la malchance. « Ce rapport est la démonstration que nos proches n’auraient pas dû mourir », a déclaré un représentant cité par Reuters, reprochant aux autorités d’avoir « retardé la publication » des analyses techniques.
Le Parlement sud‑coréen a voté en décembre la mise en place d’une commission d’enquête spéciale, transpartisane, afin d’examiner non seulement les causes du crash, mais aussi la construction et la gestion de la structure en béton à Muan, ainsi que d’éventuelles tentatives de minimiser son rôle dans le drame. Ce travail s’ajoute à l’enquête officielle de l’ARAIB, qui avait initialement mis l’accent sur une collision aviaires et sur la gestion des moteurs par l’équipage, au grand mécontentement des familles et du syndicat des pilotes.
Remise à plat de la sécurité aéroportuaire
Face à l’onde de choc provoquée par les révélations sur le mur en béton, les autorités sud‑coréennes ont annoncé un audit des obstacles en bout de piste sur l’ensemble des aéroports du pays, avec pour objectif de retirer ou de modifier les structures non conformes aux normes internationales. Le ministère sud-coréen des Transports a indiqué que l’aéroport international de Muan resterait fermé au trafic commercial au moins jusqu’en avril prochain, afin de permettre des travaux et des vérifications supplémentaires sur les infrastructures de navigation et les zones de sécurité.

@Jeju Air
11 janvier 2026 - 10 h 31 min
Comme on dit : si ma tante en avait on l appellerait tonton!!
Oui si il n y avait pas eu ce mur ils auraient pu avoir plus de chance de survie…
Si il y avait eu un système pour ralentir l avion ça aurait aussi amélioré les stats…
Si l’aéroport n était pas dans un équivalent de natura2000 avec des étangs protégeant les oiseaux…
Si il y avait eu une pente en béton et non un mur droit….
On peut disserter longtemps cela ne les ramènera pas!
Ont ils pour autant fait des inspections des autres aéroport?
Débloqué des budgets pour des moyens de protections des fins de piste dans leur pays?