Wizz Air UK, filiale britannique de la compagnie low-cost hongroise Wizz Air, a officiellement déposé une demande auprès du Département des Transports américain (DOT) pour obtenir l’autorisation d’exploiter des vols commerciaux entre le Royaume-Uni et les États-Unis.
Soumise le 23 janvier 2026, cette requête invoque l’accord Open Skies entre les deux pays et vise à obtenir des droits de trafic illimités pour des services charters dans un premier temps, avec la possibilité d’étendre à des vols réguliers. Cette initiative marque une étape stratégique pour la low-cost hongroise, traditionnellement axée sur les liaisons européennes courtes et moyennes distances, et pourrait introduire une concurrence accrue sur le marché transatlantique.
Selon le dossier déposé par le cabinet d’avocats Holland & Knight, dont le site Aviacionline a obtenu une copie, Wizz Air UK prévoit de débuter ces opérations « dès que possible », en se concentrant initialement sur des charters pour des tour-opérateurs avant d’envisager des horaires fixes. Cette demande fait suite à une tentative infructueuse en 2022 pour des services cargo, et reflète un changement de stratégie.
L’Airbus A321XLR, clé de cette expansion
Au cœur de ce projet se trouve l’Airbus A321XLR, un avion monocouloir à long rayon d’action conçu pour révolutionner les liaisons long-courriers. Cet appareil, dérivé de la famille A320neo, offre une autonomie allant jusqu’à 4 700 milles nautiques (environ 8 700 kilomètres), permettant des vols de plus de 11 heures sans escale. Grâce à un réservoir central arrière permanent et une structure renforcée, il réduit la consommation de carburant par siège de jusqu’à 30 % par rapport aux modèles précédents, rendant économiquement viables des routes à faible demande qui étaient auparavant réservées aux gros-porteurs.
Le tout nouvel A321XLR permet aux low-cost comme Wizz Air d’exploiter des lignes transatlantiques avec des coûts opérationnels bien inférieurs, potentiellement en offrant des tarifs aller simple en dessous de 200 livres sterling (environ 230 euros), estiment des analystes du secteur. Ce monocouloir, capable d’accueillir jusqu’à 239 passagers dans une configuration dense, ouvre ainsi la porte à une concurrence accrue sur des marchés traditionnellement dominés par les compagnies aériennes historiques. Wizz Air avait initialement commandé 47 A321XLR, mais a récemment revu ses plans en raison de retards de livraison et de contraintes opérationnelles. À ce jour, la commande a été réduite à 11 exemplaires, avec cinq appareils déjà en service ou en phase de livraison.
Le trafic transatlantique, un marché majeur
Cette incursion potentielle de Wizz Air intervient sur un marché transatlantique considéré comme le plus dense au monde en termes de trafic aérien, et l’un des plus rentables pour les compagnies aériennes. En 2025, cinq pays représentaient plus des trois quarts du marché, avec les transporteurs américains détenant 34 % de la capacité. Des routes comme Londres-New York ou Paris-New York génèrent des millions de sièges-kilomètres, soutenues par une demande touristique et d’affaires. Dominé par des alliances comme Star Alliance et Oneworld, ce corridor reste hautement compétitif, mais l’arrivée d’opérateurs low-cost pourrait faire baisser les prix des billets d’avion, au bénéfice des voyageurs.
Si sa demande est approuvée par Département des Transports américain, Wizz Air UK pourrait intensifier la pression sur les transporteurs historiques comme British Airways ou United Airlines. Les autorités américaines examineront le dossier dans les mois à venir, avec une décision attendue d’ici l’été 2026. En attendant, le secteur observe attentivement cette évolution, qui pourrait redessiner les dynamiques du transport aérien transatlantique.
Low cost transatlantique : un pari risqué
Wizz Air réussira-t-elle à exploiter avec succès des vols transatlantiques à bas prix grâce à l’A321XLR ? A ce jour, Norse Atlantic Airways demeure la seule autre low-cost à opérer des vols au départ du Royaume-Uni, avec des liaisons depuis Londres-Gatwick vers des destinations américaines comme New York ou Los Angeles, tandis que PLAY a cessé toutes ses opérations transatlantiques fin octobre 2025 en raison de difficultés financières, et que Norwegian Air a abandonné ce segment dès 2021 pour se recentrer sur l’Europe. Cependant, en France, en Espagne et en Allemagne, les low cost french bee, Level et Condor parviennent à pérenniser des lignes transatlantiques, en se concentrant principalement sur des dessertes de loisirs dans la Caraïbes et en Amérique du sud.

@Wizz Air
B787 a commenté :
26 janvier 2026 - 10 h 45 min
De l’ultra low-cost sur les USA avec Wizz air, faut en vouloir, pas de bizz classe avec sièges adéquats, pas sûr que cela attire beaucoup de monde. Les 321 XLR peuvent remplir qu’avec une configuration moins densifiée et offrant un minimum de service.
Par ailleurs Norse Airlines prendra t’elle le même chemin que Norwegian ? Affaire à suivre puisqu’elle change de modèle économique en faisant de l’ACMI tout en mettant au chômage technique une partie de son personnel
Serge13 a commenté :
26 janvier 2026 - 10 h 59 min
Ça risque d’être un brin compliqué. Sur NYC ça peut passer mais 11h là dedans…. On a du mal à imaginer ce genre de vol sur le transatlantique. De la même façon que nous avions du mal à imaginer Ryanair a un tel niveau aujourd’hui..