En 2025, Icelandair a réalisé le chiffre d’affaires le plus élevé de son histoire, à 1,7 milliard de dollars (1,57 milliard d’euros), porté par une activité passagers au plus haut et une ponctualité saluée au niveau européen. La compagnie islandaise affiche pourtant un résultat d’exploitation encore négatif, pénalisé par l’affaiblissement du dollar américain, la hausse des coûts salariaux et le renchérissement des émissions carbone.
Icelandair a clos l’exercice 2025 sur un chiffre d’affaires record de 1,7 milliard de dollars, en hausse de 11% sur un an, avec une accélération au quatrième trimestre où les revenus ont progressé de 17%. Le revenu unitaire (RASK) s’est amélioré de 2% sur l’ensemble de l’année et de 5% sur le seul dernier trimestre, signe d’une meilleure capacité à valoriser l’offre sur un marché transatlantique toujours très concurrentiel.
Malgré cette dynamique commerciale, le résultat d’exploitation (EBIT) est resté négatif, à –17,2 millions de dollars en 2025, soit une dégradation d’environ 3 millions par rapport à 2024, même si le quatrième trimestre a montré une amélioration de 2 millions. La perte nette s’est établie à 9,5 millions de dollars, contre 20,2 millions un an plus tôt, traduisant un net resserrement du déficit grâce à la montée en puissance du trafic et aux premiers effets des mesures de transformation.
Change, salaires et carbone : un environnement plus défavorable
La direction met en avant un « environnement d’exploitation significativement modifié » qui a pesé sur la rentabilité malgré les bons chiffres commerciaux. L’affaiblissement du dollar américain, monnaie clé pour le transport aérien et pour le marché nord‑américain, a généré un effet de change négatif évalué à 43,7 millions de dollars sur l’année, en réduisant les marges et en affectant la demande vers l’Islande depuis l’Amérique du Nord, premier bassin de clientèle d’Icelandair.
« Les développements géopolitiques ont conduit à une dépréciation du dollar américain, ce qui a eu un effet négatif sur nos marges bénéficiaires, a affecté la demande pour l’Islande depuis l’Amérique du Nord et a eu un impact négatif sur la génération de revenus sur le marché transatlantique », souligne le directeur général, Bogi Nils Bogason. Il rappelle également que « l’évolution contractuelle des salaires en Islande ces dernières années a largement dépassé celle observée dans nos pays voisins », ce qui constitue un défi pour une compagnie dont une grande partie des revenus est libellée en devises étrangères, alors que les coûts, notamment salariaux, sont majoritairement en couronne islandaise.
Cinq millions de passagers et une ponctualité parmi les meilleures d’Europe
Sur le plan opérationnel, 2025 marque une année charnière : pour la première fois de son histoire, Icelandair a transporté plus de 5 millions de passagers, avec un taux de remplissage au plus haut, autour de 84%. La croissance du trafic repose à la fois sur la demande point à point vers l’Islande et sur les flux de correspondance entre l’Europe et l’Amérique du Nord, cœur du modèle de hub de Keflavík.
La ponctualité s’impose comme un autre point fort : Icelandair affiche un On‑Time Performance (OTP) d’environ 83,9% sur l’année, ce qui la place parmi les compagnies les plus ponctuelles d’Europe selon plusieurs tableaux de bord de données, notamment ceux de Cirium. « Nous avons réalisé des performances exceptionnelles en termes de ponctualité, ce qui nous place parmi les compagnies aériennes les plus ponctuelles d’Europe et contribue à une bonne expérience client », insiste Bogi Nils Bogason.
Transformation interne, négociations sociales et rôle du hub de Keflavík
Pour redresser durablement sa rentabilité, Icelandair s’appuie sur un vaste programme de transformation lancé avant la crise et intensifié ces derniers trimestres. Les initiatives déjà mises en œuvre d’ici fin 2025 devraient générer un impact annuel de plus de 100 millions de dollars, principalement via des gains de productivité, une optimisation du réseau et une réduction des coûts unitaires, notamment grâce à une flotte plus homogène et plus récente. La compagnie a déjà annoncé la sortie de ses trois derniers Boeing 767 d’ici 2026 afin de se concentrer sur une flotte de monocouloirs (Boeing MAX et Airbus A321neo) plus efficients sur le plan opérationnel et environnemental.
« Nous relevons ces défis de front et continuerons à apporter les changements nécessaires pour améliorer notre performance à travers l’entreprise », explique le dirigeant. Un des « projets les plus importants » concerne les négociations de nouveaux accords collectifs avec les pilotes, le personnel navigant et les mécaniciens, destinées à accroître la flexibilité opérationnelle tout en maintenant des emplois attractifs dans l’aviation islandaise.
Bogi Nils Bogason appelle aussi le gouvernement islandais à « garantir la compétitivité de l’Islande en assurant un environnement opérationnel prévisible et en défendant les intérêts de l’Islande dans le cadre réglementaire de l’UE ». Il rappelle que le rôle de Keflavík comme hub de correspondances est « clé pour soutenir la croissance économique, le tourisme, les exportations et les investissements étrangers », dans un pays insulaire où les autres modes de transport sont limités, et souligne qu’Icelandair a généré une empreinte fiscale de 322 millions de dollars.
Une année 2026 placée sous le signe du retour aux bénéfices
Au‑delà des chiffres 2025, la compagnie se veut résolument tournée vers l’avenir. Elle annonce « une année passionnante » avec la poursuite de la croissance de son réseau et l’ouverture de nouvelles destinations, notamment en Europe centrale et orientale et sur certaines villes secondaires nord‑américaines, afin de densifier les flux via Keflavík. Icelandair compte aussi sur la montée en gamme de sa cabine Saga Premium, qui a généré des revenus record en 2025.
Elle bénéficiera également ; cette fois en année pleine, de la faillite de PLAY, lancée en 2021 dans le sillage de WOW air, qui a brusquement cessé ses opérations le 29 septembre 2025.

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