UPS a cloué au sol 24 Boeing 767 cargo pour une revue de maintenance jugée nécessaire à l’issue d’un contrôle interne, tout en assurant que ses plans de continuité doivent éviter toute perturbation majeure des livraisons. Cette décision intervient moins d’un mois après le retrait accéléré de toute la flotte de MD‑11F, renforçant encore le rôle central du 767 dans le réseau long‑courrier du transporteur express américain.
Selon plusieurs médias américains, UPS a confirmé avoir « identifié des travaux de maintenance à réaliser sur 24 appareils lors d’une revue de routine » et avoir « retiré de manière proactive ces avions du service pour effectuer ces travaux avant leur retour en exploitation ». Les appareils concernés sont des Boeing 767 cargo, pilier des opérations moyen et long‑courrier de la filiale UPS Airlines, basée à Louisville (Kentucky).
La compagnie n’a ni détaillé la nature exacte des interventions, ni communiqué de calendrier précis pour la remise en ligne des avions, se bornant à indiquer que les appareils reviendront en service une fois les exigences de maintenance satisfaites. À ce stade, aucun bulletin de navigabilité particulier visant le 767 n’a été rendu public par l’aviation civile américaine, ce qui accrédite l’hypothèse d’un problème identifié en interne plutôt que d’un défaut généralisé du type.
UPS insiste sur l’absence d’impact pour les clients
UPS affirme avoir activé des plans de contingence pour éviter des perturbations visibles du réseau de livraison de colis et de fret express. « Nous ne nous attendons pas à ce que ces travaux de maintenance affectent les livraisons », ont indiqué des porte‑parole de l’entreprise à plusieurs médias locaux, soulignant que le groupe dispose de marges de capacité et de leviers d’optimisation de son réseau aérien.
En pratique, UPS peut lisser sa production en ajustant les plannings de vols, en optimisant les coefficients de remplissage de ses autres gros-porteurs (Boeing 747‑8F et 777F) et en recourant, si nécessaire, à des affrètements ponctuels pour absorber les pics de demande. Dans un marché du fret aérien toujours soutenu par le commerce en ligne et les envois à forte valeur ajoutée, la moindre réduction de capacité met cependant sous tension les chaînes logistiques, notamment sur les grands axes transatlantiques et transpacifiques.
Une flotte en recomposition après le drame de Louisville
La mise à l’arrêt de ces 24 767 intervient quelques semaines seulement après une autre décision lourde de conséquences : le retrait accéléré de tous les MD‑11 cargo d’UPS. Le 4 novembre 2025, un MD‑11 d’UPS s’est écrasé au décollage près de l’aéroport de Louisville, faisant 15 morts, dont les trois membres d’équipage et 12 personnes au sol, après la perte du moteur gauche arraché de l’aile.
À la suite de cet accident, la Federal Aviation Administration (FAA) a décidé de clouer au sol l’ensemble des MD‑11 immatriculés aux États‑Unis, le temps de l’enquête technique. UPS a ensuite annoncé, lors de la présentation de ses résultats annuels, avoir « accéléré » sa stratégie de modernisation de flotte et « achevé le retrait » de ses MD‑11F au quatrième trimestre, en passant une charge exceptionnelle pour déprécier les appareils.
Le 767, désormais colonne vertébrale du réseau
Avec la disparition des MD‑11F, le Boeing 767 occupe une place encore plus centrale au sein du réseau aérien d’UPS, aux côtés des très gros-porteurs Boeing 747‑8F et des bimoteurs long‑courriers 777F. UPS exploite l’une des plus importantes flottes combinées de 747‑8F et de 767 cargo au monde, ce qui lui permet de couvrir aussi bien les flux intercontinentaux massifs que les liaisons régionales à forte densité.
Le groupe a d’ailleurs acquis plusieurs 747‑8F d’occasion auprès de Qatar Airways afin de renforcer ses capacités long‑courriers, tout en programmant le remplacement progressif des MD‑11 par des 767‑300F neufs plus sobres et plus fiables. Dans cette architecture, un retrait même temporaire de 24 767 – soit un volume significatif au regard de la flotte – réduit mécaniquement les marges de manœuvre opérationnelles, ce qui explique la volonté d’UPS d’afficher une gestion anticipée et maîtrisée de la situation.
L’épisode illustre la sensibilité opérationnelle des grandes flottes tout-cargo : quand une série d’appareils d’un même type doit être inspectée, l’impact se ressent immédiatement sur la capacité disponible et sur la robustesse du réseau. Dans le cas présent, UPS mise sur la flexibilité de sa flotte et sur la modularité de son réseau pour absorber le retrait de ces 24 767 sans rupture majeure du service. L’enjeu sera de remettre rapidement ces avions en ligne après la maintenance, tout en tirant les enseignements techniques de cette revue interne, dans un environnement où chaque incident technique est scruté de près par les régulateurs comme par les chargeurs.

GVA1112 a commenté :
18 février 2026 - 9 h 29 min
Grand renouveau au sein de flotte Cargo en perspective, pour des flottes qui ont peu changé depuis des années.
Les P2F auront certainement la cote et les B777XF, A350F seront des atouts intéressants.
Est ce que Boeing va prolonger la chaine de montage des B767 (maintenu pour les avions ravitailleurs de l’US Air Force) pour renouveler les B767F ?
A suivre.
Nico a commenté :
18 février 2026 - 10 h 07 min
On peut dire que les md11 ont ete usés jusqu’à la corde… UPS aussi dangereuse qu’une petite compagnie du fin fond de la Russie ?
Pierre a commenté :
18 février 2026 - 10 h 09 min
S’étonner des problemes en utilisant des vieux rossignols du siecle dernier !
Ils pouvaient pas encore utiliser des plus vieux modeles que des Md11……