EuroAirport Bâle-Mulhouse-Freiburg franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son terminal passagers en déployant progressivement l’enregistrement et la dépose bagages en libre‑service pour plusieurs compagnies. Une évolution qui intervient alors que la plate‑forme trinationale a battu en 2025 un nouveau record de fréquentation, avec 9,6  millions de voyageurs, renforçant la pression sur ses infrastructures.

Depuis la mi‑février, les passagers de certaines compagnies peuvent enregistrer leurs bagages de manière autonome grâce à des bornes dédiées, les « Self Bag Drop » (SBD). Ils se rendent d’abord à un kiosque d’enregistrement, où ils impriment si besoin leur carte d’embarquement et les étiquettes bagages, avant de déposer eux‑mêmes leurs valises à un point de dépose automatisé. L’objectif affiché est de rendre le parcours plus fluide, de réduire les files d’attente, en particulier aux heures de pointe, et d’offrir davantage d’autonomie aux voyageurs.

L’aéroport souligne qu’il s’agit d’un investissement ciblé dans l’amélioration de la « Passenger Experience », dans la lignée des grands hubs européens qui généralisent la digitalisation des étapes d’enregistrement et de sûreté. Les passagers sont invités à contribuer au bon fonctionnement du système en s’enregistrant en ligne en amont lorsque c’est possible, en retirant les anciennes étiquettes présentes sur leurs bagages et en suivant les consignes affichées sur place.

Réorganisation temporaire des halls d’enregistrement

Dans cette phase de transition, l’infrastructure d’enregistrement est partiellement déplacée. Le nouvel espace SBD est pour l’instant installé dans le hall 2, tandis que le hall 3 est fermé temporairement afin d’être entièrement modernisé et équipé de la même technologie. Au total, 24 kiosques d’enregistrement et 14 bornes de dépose bagages en libre‑service sont désormais disponibles dans les halls 2 et 4.

Selon l’EuroAirport, «d’ici la fin mai 2026, à temps pour la haute saison estivale, l’ensemble des quatre halls d’enregistrement sera de nouveau pleinement opérationnel ». Le hall 3 rouvrira alors avec des comptoirs repensés et des équipements automatisés, tandis que le hall 1 continuera, dans un premier temps, à fonctionner avec des guichets classiques afin d’assurer une transition progressive entre les modes de traitement traditionnels et numériques.

Un contexte de forte croissance du trafic

Cette modernisation intervient alors que l’aéroport bâlo‑mulhousien enchaîne les records de fréquentation. En 2025, 9,6 millions de passagers ont transité par l’EuroAirport, dépassant pour la première fois le niveau d’avant‑crise et établissant un nouveau plus‑haut historique, après les 8,9 millions de 2024. Le précédent record, établi en 2019, est ainsi nettement dépassé, ce qui traduit le dynamisme du trafic point à point et le rôle croissant de la plate‑forme comme porte d’entrée pour les régions frontalières française, suisse et allemande.

Cette hausse s’est même opérée avec un nombre de mouvements aériens inférieur à celui de 2019 : environ 94 600 mouvements contre 99 300, grâce à une hausse du nombre moyen de passagers par vol, passée à 144. La direction du site y voit un levier de réduction du bruit et des nuisances, les compagnies déployant des avions plus gros et plus récents, mieux remplis. Dans ce contexte de densification du trafic, la généralisation des outils en libre‑service vise à absorber les flux sans allonger les temps d’attente au sol.

Processus plus efficaces, rôle inchangé de Swissport

À moyen terme, EuroAirport anticipe des « améliorations sensibles des processus » grâce à cette nouvelle infrastructure. Une fois le dispositif pleinement déployé et maîtrisé, davantage de passagers et de bagages pourront être traités dans un laps de temps identique, au bénéfice des voyageurs comme des compagnies et des assistants en escale. En séparant les tâches routinières – impression de documents de voyage, étiquetage et dépose des bagages – des demandes plus complexes, les équipes au sol pourront se concentrer sur l’assistance et la résolution d’irrégularités.

La coordination globale du check‑in reste assurée par Swissport, prestataire historique de handling sur la plate‑forme. L’entreprise accompagne la transition vers ces nouveaux outils et demeure l’interlocuteur des compagnies aériennes pour organiser les plannings de comptoirs, l’assistance aux passagers à besoins spécifiques ou encore la gestion des bagages hors‑gabarit. L’extension des zones d’enregistrement en self‑service se fera graduellement, en étroite coopération avec les transporteurs et les assistants d’escale, de nouvelles intégrations étant déjà en préparation.

Une stratégie de digitalisation à long terme

L’introduction des Self Bag Drop s’inscrit dans une stratégie plus large de digitalisation des infrastructures passagers à l’EuroAirport. Outre le check‑in, l’aéroport investit dans la modernisation des contrôles de sûreté et des frontières, ainsi que dans le projet de rénovation et d’extension de son terminal (projet EMT) à l’horizon 2030‑2031. L’objectif est de rendre l’aéroport plus résilient face aux pics de trafic, tout en améliorant le confort à chaque étape du parcours, du trottoir jusqu’à la porte d’embarquement.

« Avec cet investissement, l’EuroAirport réaffirme sa volonté de développer en continu la plate‑forme afin d’améliorer durablement le confort des voyageurs », résume l’aéroport dans son communiqué. À l’heure où de nombreux aéroports européens expérimentent la biométrie, la reconnaissance faciale ou encore les files d’attente virtuelles, Bâle‑Mulhouse fait le choix d’un premier palier technologique centré sur l’automatisation du traitement des bagages, pivot opérationnel de la performance au sol.

Self bag drop à Bâle‑Mulhouse : l’EuroAirport passe à l’ère du check‑in en libre‑service 1 Air Journal

@EuroAirport