Un cadre européen basé à Bruxelles a perdu son bras de fer judiciaire contre Ryanair, après avoir été refusé à l’embarquement pour être arrivé deux minutes après la fermeture de l’enregistrement à l’aéroport de Bruxelles, sur un vol à destination de Dublin.
La justice irlandaise a confirmé que la compagnie était en droit d’appliquer strictement le délai limite de 40 minutes avant le départ, même si l’avion a finalement quitté Bruxelles avec plusieurs heures de retard en raison de la neige.
Un passager « seulement deux minutes en retard »
Le passager, Jonathan Murphy, un cadre d’une institution européenne résidant à Bruxelles, devait voyager vers Dublin le 20 novembre 2024. N’ayant pas effectué son enregistrement en ligne, il s’est présenté au comptoir Ryanair pour une procédure manuelle, « seulement deux minutes en retard » par rapport à l’heure de fermeture officielle du check‑in. Selon son récit devant la Circuit Civil Court à Dublin, il aurait trouvé le comptoir déjà fermé, les agents lui expliquant qu’il n’y avait plus assez de temps pour traiter un enregistrement manuel et émettre sa carte d’embarquement avant le délai réglementaire de 40 minutes avant l’heure prévue de départ. Il a dû passer la nuit à Bruxelles et payer environ 100 euros pour un nouveau billet le lendemain, avant de réclamer remboursement et compensation à la compagnie low cost.
La justice irlandaise entérine la rigueur du H‑40
En appel, Jonathan Murphy soutenait que Ryanair aurait dû faire preuve de flexibilité, surtout parce que son vol Bruxelles–Dublin avait finalement été retardé d’environ quatre heures à cause de chutes de neige. Un argument rejeté par la juge Dierdre Browne, qui a estimé que ce retard opérationnel ultérieur était sans incidence sur le respect de l’heure limite d’enregistrement fixée par la réglementation. La juge a confirmé la décision d’une première instance et jugé que la responsabilité de la perte du vol incombait au passager, non à la compagnie. « Il était en retard », a-t‑elle résumé en validant la position de Ryanair, qui insistait sur l’absence de marge de manœuvre une fois la clôture de l’enregistrement déclenchée.
Contraintes opérationnelles et sécurité avant le départ
À l’audience, l’avocat de Ryanair a rappelé que la compagnie est « strictement tenue », en vertu de la réglementation européenne, de fermer l’enregistrement 40 minutes avant le départ programmé. Selon lui, accepter un passager après ce seuil reviendrait à contrevenir aux procédures encadrant la liste passagers, les bagages et la préparation du vol, notamment la planification carburant et les contrôles de sécurité.
Pour les passagers, cette affaire illustre la rigidité croissante des délais d’enregistrement, en particulier chez les compagnies low cost qui s’appuient massivement sur l’enregistrement en ligne et l’automatisation. De nombreux transporteurs ferment les comptoirs et dépôts bagages entre 40 et 60 minutes avant l’heure de départ, afin de finaliser la liste passagers, charger les soutes et terminer les préparatifs avant le repoussage.

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