Les aéroports parisiens souhaitent repousser à l’automne la pleine mise en œuvre complète du nouveau système d’entrée‑sortie (EES) aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Ils redoutent d’importantes files d’attente si le dispositif biométrique est appliqué en totalité pendant le pic de l’été 2026.

Groupe ADP, gestionnaire de Paris‑Charles de Gaulle et Paris‑Orly, demande que la généralisation du système ne soit pas effective « avant la fin de l’été 2026 ». Le gestionnaire invoque le risque de congestion aux contrôles passeports, au moment où le trafic est à son plus haut niveau. Selon BFMTV, ADP estime qu’une mise en œuvre complète en plein pic estival serait « extrêmement risquée » pour la fluidité des parcours. Justine Coutard, directrice générale adjointe du groupe, rappelle que les tests menés jusqu’ici sont restés « circonscrits » et ne reflètent pas les volumes de l’été.

Un système biométrique lourd à mettre en place
Le système EES doit remplacer le tamponnage manuel des passeports par un enregistrement biométrique obligatoire pour les voyageurs non européens franchissant les frontières de Schengen. Il collecte notamment les données faciales et les empreintes afin de calculer automatiquement la durée de séjour autorisée.

Pour les aéroports, cela implique l’installation de bornes d’enregistrement numérique, l’adaptation des sas automatisés et la réorganisation complète des files de contrôle. Des simulations menées dans plusieurs hubs européens montrent une augmentation des temps de traitement « jusqu’à 70% » lors des premières phases.

La crainte de files d’attente « de plusieurs heures »
Les organisations d’aéroports et de compagnies aériennes alertent depuis plusieurs mois sur le risque de chaos si l’EES est déployé sans flexibilité en pleine haute saison estivale. ACI Europe, IATA et Airlines for Europe évoquent des files d’attente pouvant atteindre « quatre à six heures » dans certains aéroports.

Dans une lettre adressée à la Commission européenne, ces acteurs dénoncent déjà des « temps d’attente excessifs » pouvant aller « jusqu’à deux heures » dans les aéroports où est déjà déployé l’ESS. Ils demandent que les États puissent « suspendre partiellement ou totalement l’EES jusqu’à fin octobre 2026 » en cas de surcharge.

Bruxelles a déjà accepté de décaler la date de mise en œuvre complète du système, d’avril à septembre 2026, afin de laisser plus de temps aux États, dont la France, pour se préparer. La Commission européenne a aussi indiqué que Paris pourrait « limiter temporairement » les contrôles biométriques durant les périodes de forte affluence.

Pour ADP, un lancement réellement plein et entier « après l’été » permettrait de finaliser les installations et de former les équipes sans paralyser la saison touristique. L’exploitant des aéroports parisiens insiste sur la nécessité d’aligner le calendrier technique sur « les réalités opérationnelles », afin de préserver l’image de l’Union européenne comme destination « efficace, accueillante et attractive ».

Contrôles biométriques ESS aux frontières : les aéroports parisiens demandent un sursis 2 Air Journal

@A.Voisin/AJ