Une passagère américaine est poursuivie pour avoir abandonné son chien à l’aéroport de Las Vegas, après s’être vu refuser l’embarquement avec l’animal, afin de pouvoir prendre son vol malgré tout.
Les faits se sont déroulés le 2 février 2026 à l’aéroport international Las Vegas-Harry Reid. La femme devait embarquer sur un vol JetBlue et voyageait avec un jeune golden doodle, un croisé golden retriever / caniche d’environ deux ans. Mais elle ne pouvait embarquer son chien en tant qu’animal d’assistance faute d’avoir rempli les documents en ligne exigés.
Refusée donc à l’embarquement, la passagère aurait alors attaché la laisse de l’animal à une structure métallique servant de gabarit pour les bagages cabine, au comptoir d’enregistrement de JetBlue, avant de quitter la zone. Des images de vidéosurveillance la montrent s’éloignant, laissant le chien seul au comptoir, puis se dirigeant vers le poste de contrôle de sûreté et sa porte d’embarquement. Le personnel de comptoir a alerté la police de l’aéroport, qui a retrouvé la voyageuse à la porte d’embarquement.
Interrogée, elle a affirmé que JetBlue ne l’avait pas laissée voler avec son chien et a soutenu que l’animal portait un dispositif de géolocalisation, suggérant qu’il pourrait « retrouver son chemin » jusqu’à elle. Selon le rapport de police, elle est devenue « hostile » et a « résisté » lorsque les agents ont tenté de la raccompagner à travers le contrôle de sécurité. Elle a finalement été arrêtée et inculpée pour abandon d’animal et rébellion contre agents.
Le chien, rapidement récupéré par les services de l’aéroport, a été confié à la protection animale, puis à l’association Retriever Rescue of Las Vegas. Le golden doodle, rebaptisé « JetBlue », est désormais en famille d’accueil et doit prochainement être proposé à l’adoption. Une association locale indique avoir été « inondée » de demandes pour adopter l’animal, l’affaire étant très médiatisé aux Etats-Unis.
Selon les documents judiciaires cités par la presse américaine, la voyageuse identifiée comme Germiran Bryson fait face à plusieurs chefs d’accusation de niveau délit mineur. Elle est poursuivie pour « abandon d’animal », « obstruction à un agent public par de fausses déclarations », « résistance à l’arrestation » et « mauvais traitements à animal » (animal abuse). Il s’agit donc de délits, et non d’un crime, mais la combinaison de plusieurs chefs peut alourdir la peine potentielle (jusqu’à 6 mois de prison, jusqu’à 120 heures de travail d’intérêt général et jusqu’à 1 000 dollars d’amende).
Un précédent : le chien noyé dans les toilettes d’un aéroport
L’affaire de Las Vegas s’inscrit dans une série de faits divers impliquant des animaux abandonnés ou maltraités dans les aéroports. En mars 2025, à l’aéroport d’Orlando (Floride), une voyageuse américaine avait été accusée d’avoir noyé son chien dans les toilettes d’un terminal après s’être vue refuser l’embarquement, avant de monter quand même à bord de son vol international.
En 2025, à Bruxelles, une passagère qui ne pouvait embarquer avec son chien Pako, un American Bully brachycéphale refusé par la compagnie pour raisons de sécurité, a décidé de prendre tout de même l’avion et a fait envoyer l’animal seul en taxi vers un refuge. « Au lieu de renoncer à ses vacances ou de chercher une solution responsable, elle a pris l’avion seule et a appelé un taxi pour nous envoyer son chien », a déploré le responsable du refuge Veeweyde, parlant d’un chien « abandonné sur les bras » du chauffeur.
Les associations de protection animale alertent sur une hausse des abandons ou des mises en danger d’animaux de compagnie dans les aéroports, souvent à cause d’un simple refus d’embarquement ou d’un dossier incomplet. Elles réclament des sanctions plus sévères contre les propriétaires négligents et une meilleure information sur les règles de transport, afin d’éviter que la course à l’avion ne se traduise, une fois encore, par des drames pour les animaux.
Pour rappel, les règles de transport des animaux varient selon les compagnies aériennes et les pays. En cas de document manquant, de race interdite en vol ou de non-respect des conditions, l’embarquement peut être refusé.
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