Un incendie survenu lundi après‑midi dans l’ancien terminal international de l’aéroport Murtala Muhammed de Lagos a fait six blessés et entraîné la fermeture temporaire de l’espace aérien au‑dessus de la principale plate‑forme nigériane. Le feu, qui a notamment touché des installations techniques et perturbé les opérations de la tour de contrôle, a conduit à des déroutements et à des retours à l’origine, dont celui d’un vol Air France en provenance de Paris.

Un feu parti d’une salle serveurs en plein après‑midi

Selon l’Autorité fédérale des aéroports du Nigeria (FAAN), le sinistre a été signalé en milieu d’après‑midi dans le Terminal 1 de l’aéroport Murtala Muhammed, l’ancien terminal international attenant aux nouvelles installations. Les premiers éléments font état d’un départ de feu dans une « salle des serveurs » ou salle informatique située dans la zone des départs, avant que les fumées ne se propagent dans le bâtiment. La FAAN précise que l’incendie a été détecté peu après 15 h, heure locale, déclenchant l’activation immédiate des protocoles d’urgence et la mobilisation des services de sauvetage et de lutte contre l’incendie de l’aéroport, appuyés par les pompiers de l’État de Lagos et plusieurs entreprises travaillant sur le site. De spectaculaires panaches de fumée ont été visibles au‑dessus des installations, tandis que les équipes s’attachaient à contenir le feu et à évacuer les zones exposées.

Six blessés, 14 personnes secourues dans la tour de contrôle

Le bilan humain fait état de six blessés, trois hommes et trois femmes, tous en état « stable » selon les autorités nigérianes. L’un d’eux a été transféré vers l’hôpital de la FAAN pour une évaluation complémentaire, là encore sans pronostic vital engagé. L’incendie et surtout la propagation des fumées ont par ailleurs piégé plusieurs personnels techniques dans la tour de contrôle attenante, structure névralgique pour la gestion des mouvements d’aéronefs. Un total de 14 personnes ont dû être évacuées par une grue depuis les étages supérieurs, une opération de sauvetage confirmée par la FAAN qui souligne que tous ont pu être extraits « sans blessures mortelles ». « La mise en œuvre rapide de nos procédures et la coopération entre les différentes agences ont permis de limiter les conséquences pour les passagers et le personnel », a indiqué la directrice générale de la FAAN, Olubunmi Kuku, tout en rappelant que l’enquête se poursuivait pour déterminer l’origine exacte du sinistre.

Espace aérien fermé et vol Air France contraint au demi‑tour

En raison de l’incendie, de la présence de fumées à proximité de la tour et des équipements critiques, l’espace aérien au‑dessus de l’aéroport de Lagos a été temporairement fermé, entraînant une suspension des opérations pendant plusieurs heures. Plusieurs vols ont été déroutés vers d’autres aéroports de la région ou retardés au départ, tandis que certains appareils en route vers Lagos ont été contraints de revenir à leur point d’origine. Parmi eux figure un vol Air France reliant Paris‑Charles‑de‑Gaulle à Lagos, qui a dû interrompre sa route à la suite de la fermeture de l’espace aérien et de l’indisponibilité temporaire des moyens de contrôle.

Sur place, les services d’incendie de l’État de Lagos ont confirmé la maîtrise du feu dans la zone de départs, tout en maintenant des équipes sur place pour surveiller d’éventuelles reprises. « Le feu, parti de la salle des serveurs, a été circonscrit grâce à une intervention conjointe de plusieurs agences et reste sous contrôle », a assuré la direction des pompiers, qui évoque un important dispositif déployé autour du terminal touché.

Reprise progressive des opérations avec une tour de contrôle temporaire

Une fois le feu maîtrisé et les fumées dissipées, la priorité des autorités a été de rétablir la continuité du service aérien sur Lagos, premier aéroport du pays et l’un des principaux points d’entrée du continent africain. La FAAN indique qu’une tour de contrôle temporaire, ou tour de secours à distance, a été mise en place par le Nigerian Airspace Management Agency (NAMA) afin de permettre la reprise des décollages et atterrissages dans des conditions jugées acceptables en matière de sécurité.

« Nous avons installé une tour de contrôle à distance. Nos vols décollent et atterrissent à nouveau normalement, et je tiens à rassurer tous ceux qui ont un vol à prendre : malgré quelques retards, nos vols sont désormais à l’heure », a déclaré Olubunmi Kuku, citée par plusieurs médias locaux. Cette solution d’urgence, fréquente dans l’industrie aéronautique lorsque des salles de contrôle principales sont indisponibles, doit rester en place le temps de l’inspection et de la remise en état des installations endommagées. Les autorités ont également ordonné l’évacuation complète de certains étages du bâtiment affecté, en particulier le sixième niveau, afin de réduire l’exposition du personnel et sécuriser les infrastructures critiques en attendant les conclusions des experts.

L’incendie intervient alors que le Terminal 1 de Lagos est engagé dans un vaste programme de rénovation et de modernisation. Ce chantier doit permettre de mettre à niveau un bâtiment ancien, souvent critiqué pour la vétusté de ses installations, dans un contexte de forte croissance de la demande aérienne en Afrique de l’Ouest. Les premiers éléments laissent envisager une origine électrique, possiblement liée aux équipements informatiques hébergés dans la salle serveurs, même si les autorités se gardent pour l’heure de toute conclusion définitive. « La priorité reste la sécurité des passagers et du personnel, ainsi que la restauration complète des opérations », a insisté la direction de la FAAN, qui promet des « mesures correctives » une fois l’enquête achevée.

Incendie à l’aéroport de Lagos : l’espace aérien fermé temporairement, un vol Air France forcé de faire demi‑tour 1 Air Journal

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