En quelques heures, le ciel du Moyen-Orient s’est presque entièrement vidé. Suite aux frappes lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran hier matin, et aux tirs de missiles iraniens en riposte vers Israël et plusieurs pays du Golfe, de nombreux États de la région ont fermé ou fortement restreint leur espace aérien. Résultat : une cascade d’annulations de vols touchant des milliers de passagers à travers le monde.

La situation reste très évolutive. Hier, des explosions ont été signalées à Dubaï, Doha et dans plusieurs capitales du Golfe. Un missile iranien a frappé l’aéroport Zayed d’Abou Dhabi, tuant une personne et blessant sept autres. En fin de journée, un drone iranien a touché l’aéroport international de Dubaï, blessant quatre employés aéroportuaires.

Espaces aériens fermés ou restreints
Selon les informations concordantes des autorités et des compagnies aériennes, les espaces aériens suivants sont fermés aux vols civils :
-Israël
-Iran
-Irak
-Qatar
-Koweït
-Bahreïn
-Syrie
Les Émirats arabes unis ont fermé leur espace aérien partiellement et temporairement par mesure de précaution. L’espace aérien libanais reste ouvert pour l’instant, mais de nombreuses compagnies évitent la zone.

Aéroports à l’arrêt ou paralysés
Les principaux hubs internationaux sont touchés :
-Tel-Aviv (Ben Gourion) : fermé aux vols civils
-Doha : tous les départs et arrivées suspendus
-Dubaï et Abu Dhabi : opérations fortement réduites ou suspendues
-Beyrouth, Amman, Téhéran, Erbil, Bagdad : très nombreux vols annulés

Les compagnies aériennes qui ont annulé ou suspendu leurs vols
De nombreuses compagnies ont réagi rapidement, invoquant la sécurité des passagers et des équipages.

Compagnies européennes :
-Air France : annule tous ses vols du 28 février vers/de Tel-Aviv et Beyrouth ; extension aux vols vers Dubaï et Riyad ce samedi, et vers Tel-Aviv dimanche.
-Groupe Lufthansa (Lufthansa, Brussels Airlines, Swiss, Austrian Airlines, Eurowings, ITA Airways) : suppression des vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Amman, Erbil et Téhéran jusqu’au 7 mars ; vers Dubaï et Abu Dhabi jusqu’à dimanche.
-Turkish Airlines : suspend ses vols vers dix pays du Moyen-Orient. Annulations jusqu’au 2 mars vers Liban, Syrie, Irak, Iran et Jordanie ; vols du 28 février annulés vers Qatar, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis et Oman.
-British Airways : annule tous ses vols samedi vers Amman, Abu Dhabi, Dubaï et Doha ; vols vers Tel-Aviv et Bahreïn suspendus jusqu’au 3 mars.
-Aegean Airlines (Grèce) : annule les vols vers Tel-Aviv, Erbil, Bagdad, Beyrouth, Dubaï et Abu Dhabi au moins jusqu’au 3 mars.
-KLM, LOT, Finnair et d’autres transporteurs européens : annulations ciblées vers Tel-Aviv et la région.

Compagnies du Golfe et régionales :
-Qatar Airways : suspension temporaire de tous les vols de et vers Doha.
-Emirates : tous les vols de et vers Dubaï suspendus ou fortement perturbés.
-Etihad Airways : vols vers/de Abu Dhabi suspendus ou modifiés.
-Air Algérie : annule tous ses vols du 28 février vers Amman, Dubaï et Doha.
-Royal Air Maroc : plusieurs vols annulés, d’autres potentiellement impactés.
-Middle East Airlines (MEA, Liban) : annule les vols vers Irak, Koweït et Qatar.
-EgyptAir : suspend ses vols vers 13 destinations dans le Golfe.

Autres transporteurs internationaux :
-Air India, IndiGo, Srilankan, Cathay Pacific, Singapore Airlines,  Philippines Airlines, Garuda : suspendent tous les vols vers le Moyen-Orient.
-Air Canada, United Airlines et Delta: annulent les vols vers Dubaï et Tel Aviv.

Selon le fournisseur de données aériennes Cirium, près de 50% des vols vers le Qatar et Israël ont été annulés hier en début de journée, et environ 28% vers le Koweït. Plus de 500 vols internationaux ont été supprimés et 9 600 retardés.

Conséquences pour les passagers
Les compagnies aériennes invitent les voyageurs à vérifier le statut de leur vol sur leur site ou application et à contacter leur service client pour un remboursement ou un report. La plupart proposent des solutions flexibles « en raison de circonstances exceptionnelles ».

Les compagnies aériennes surveillent en continu l’espace aérien et les consignes des autorités. De nouvelles annulations ou réouvertures pourraient intervenir dans les prochaines heures.

Dans un contexte de tensions extrêmes, le ciel du Moyen-Orient est aujourd’hui l’un des plus vides au monde. Un retour progressif à la normale n’est pas attendu avant plusieurs jours.

Le Moyen-Orient coupé du ciel : espaces aériens fermés, aéroports à l'arrêt et annulations massives de vols 1 Air Journal

@Hamad International Airport