L’année 2026 s’ouvre sur une hausse modérée mais robuste du trafic passagers mondial, porté par l’international tandis que les marchés domestiques marquent le pas sous l’effet du décalage du Nouvel An lunaire. Les coefficients d’occupation atteignent pourtant des niveaux record pour un mois de janvier, confirmant une industrie sous tension de capacité.
En janvier 2026, la demande mondiale de transport aérien de passagers, mesurée en passagers-kilomètres payants (RPK), a progressé de 3,8% par rapport à janvier 2025. La capacité globale, en sièges-kilomètres offerts (ASK), a augmenté de 3,5% sur un an, portant le coefficient de remplissage moyen à 82,0%, soit un record pour un mois de janvier (+0,2 point). Cette dynamique confirme le prolongement de la reprise post‑pandémie, mais à un rythme moins soutenu que les 5,8% enregistrés en décembre 2025. L’IATA souligne que cette décélération s’explique en partie par des effets de calendrier liés au Nouvel An lunaire.
International solide, domestique en quasi‑stagnation
La croissance est tirée par les flux internationaux, en hausse de 5,9% sur un an, avec une capacité en progression de 5,8% et un coefficient de remplissage record de 82,5% pour un mois de janvier (+0,1 point). À l’inverse, les marchés domestiques ne progressent que de 0,1%, tandis que la capacité intérieure recule de 0,4% ; le taux de remplissage domestique atteint néanmoins 81,2%, également un plus haut historique pour un mois de janvier (+0,4 point).
Ce contraste reflète notamment le déplacement du Nouvel An lunaire de janvier 2025 à février 2026, ce qui ampute artificiellement la comparaison de janvier 2026 sur les grands marchés intérieurs asiatiques. Selon l’analyse économique de l’IATA, la « véritable » vigueur de la demande ne se reflétera pleinement que sur les données de février, période où les volumes autour du Nouvel An lunaire sont attendus plus de 10% au‑dessus d’une journée « normale ».
L’ombre du Nouvel An lunaire sur les statistiques
L’IATA rappelle que le Nouvel An lunaire génère traditionnellement un pic de trafic, les familles se retrouvant pour la fête. « Le décalage du Nouvel An lunaire explique en partie l’expansion un peu plus faible, à 3,8%, observée en janvier, mais les fondamentaux restent en place pour une forte croissance de la demande en 2026 », souligne Willie Walsh, directeur général de l’association.
L’organisme anticipe, sur la base des programmes de vols, une hausse de 5,2% des sièges mondiaux d’ici mars 2026, ce qui constituerait la plus forte expansion de capacité depuis avril 2024. Walsh avertit toutefois que « les événements survenus pendant le week‑end introduisent une part d’incertitude sur l’évolution du trafic et des coûts du carburant », appelant les États à respecter « leur obligation de protéger les civils et de préserver l’aviation civile de tout dommage ».
Au niveau mondial, l’Europe, l’Asie‑Pacifique et l’Amérique du Nord concentrent plus de 80% des RPK internationaux, mais ce sont les transporteurs d’Amérique latine et d’Afrique qui signent les plus fortes hausses en janvier. Les coefficients de remplissage confirment un environnement de forte tension sur les capacités, particulièrement en Amérique latine.
Marchés internationaux
Sur les seuls marchés internationaux, les compagnies d’Afrique et d’Amérique latine se distinguent également avec des croissances à deux chiffres.
- Asie‑Pacifique : +4,4% de demande internationale, +5,2% de capacité, coefficient de remplissage à 85,9% (‑0,7 point).
- Europe : +6,3% de demande, +5,7% de capacité, remplissage à 79,4% (+0,5 point).
- Amérique du Nord : +3,4% de demande, +2,6% de capacité, remplissage à 82,3% (+0,6 point).
- Moyen‑Orient : +7,2% de demande, +7,8% de capacité, remplissage à 83,2% (‑0,4 point).
- Amérique latine : +11,4% de demande, +8,9% de capacité, remplissage à 86,5% (+2,0 points), le plus élevé de toutes les régions.
- Afrique : +11,7% de demande, +10,1% de capacité, remplissage à 77,4% (+1,1 point).
Cette configuration confirme la vigueur des flux Sud‑Sud et des liaisons intercontinentales reliant l’Amérique latine, l’Afrique et le Moyen‑Orient, dans un contexte de montée en puissance de certains hubs régionaux.
Marchés domestiques : le Brésil tire son épingle du jeu
Au total, les marchés intérieurs représentent 37,2% des RPK de l’industrie. En janvier, la demande domestique ne progresse que de 0,1%, mais le recul de la capacité (‑0,4%) permet une amélioration de 0,4 point du taux de remplissage, à 81,2%, record pour un mois de janvier.
Le Nouvel An lunaire pèse particulièrement sur les chiffres de la Chine, de l’Australie et des États‑Unis, où IATA relève des reculs de trafic. À l’inverse, le marché intérieur brésilien reste un point fort avec une croissance de 10,9% des RPK sur un an, pour une capacité en hausse de 8,3% et un coefficient de remplissage de 84,9% (+2 points).
L’Inde confirme sa trajectoire de marché domestique en très forte croissance, avec un taux de remplissage de 87,2%, l’un des plus élevés au monde. Le repli de la demande intérieure aux États‑Unis et en Chine doit, lui, être interprété avec prudence au regard de l’effet calendaire et de bases de comparaison élevées.
Tarifs, concurrence et pression réglementaire
Au‑delà des chiffres de janvier, Willie Walsh insiste sur les tendances structurelles pour 2026. « Les tarifs moyens devraient reculer en termes réels au cours de 2026, dans le prolongement d’une tendance ancienne à un transport aérien toujours plus abordable », estime‑t‑il.
Cette baisse attendue intervient « malgré des pressions de coûts persistantes, entre hausse des redevances d’infrastructure, lourdes contraintes réglementaires et montée des coûts liés à la transition énergétique ». Dans ce contexte, l’IATA souligne que 2025 a enregistré le rythme le plus faible de création de nouvelles compagnies aériennes depuis 1999.
Selon les prévisions de l’association, le nombre de passagers transportés pourrait atteindre 5,2 milliards en 2026, avec des coefficients de remplissage annuels proches de niveaux historiques, tandis que les bénéfices nets du secteur resteraient sous pression face au coût du capital et à l’investissement nécessaire pour décarboner la flotte. « Pour protéger et renforcer les bénéfices que la connectivité apporte aux consommateurs, ces questions de coûts et de réglementation doivent être traitées », a plaidé Walsh.

nickel a commenté :
3 mars 2026 - 13 h 50 min
Alors qu’ADP se fonde sur une croissance annuelle du trafic de 1 à 1,5% à Paris, en moyenne, pour planifier l’expansion de ses infrasctructures… Cherchez l’erreur…