L’année 2026 symbolisera probablement un pivot important pour la République populaire de Chine dans le domaine touristique. Alors que les États-Unis pâtissent actuellement d’une des pires images médiatiques qu’ils n’aient jamais eues de leur histoire récente, entre rhétorique belliciste et hostilité affichée aux étrangers (illustrée par la suspension de visas permanents pour environ 75 pays), leur grand rival chinois cherche au contraire à bâtir un « soft power » géopolitique, fondé à l’inverse sur une image d’ouverture et d’accueil vis-à-vis du reste du monde.
L’offensive visa-free, pilier d’ouverture
En novembre dernier, les autorités chinoises ont ainsi annoncé une mesure majeure concernant les visiteurs étrangers : le succès de la politique d’exemption de visa de 30 jours (initialement 15 jours pour certains en 2024), mise en place progressivement depuis 2023-2024 pour les ressortissants de plusieurs pays européens (dont la France, la Suisse et la Belgique), a conduit à son extension et à son élargissement. Sont désormais concernés environ 50 pays (dont la majorité des États de l’Union européenne, mais aussi le Japon, la Corée du Sud, le Brésil, l’Argentine, l’Arabie saoudite, et plus récemment le Canada et le Royaume-Uni depuis février 2026), avec une validité prolongée jusqu’au 31 décembre 2026 pour la plupart.
Une image à reconstruire après le Covid
C’est un véritable tournant pour « l’Empire du Milieu », dirigé d’une main de fer par le Parti communiste chinois et longtemps perçu comme renfermé, voire presque hostile au reste du monde, et dont l’image s’était fortement dégradée par sa gestion très controversée de la pandémie de Covid-19. Totalement fermée aux étrangers (tandis que les habitants ne pouvaient eux-mêmes quitter le territoire) pendant plus de deux ans, la Chine avait enregistré un nombre très faible d’arrivées internationales lors de la reprise post-Covid en 2023. Mais depuis 2024, le succès de la politique de visa-free, conjugué aux efforts du gouvernement chinois pour faciliter le quotidien des visiteurs (notamment en matière de paiements numériques, longtemps compliqués pour les étrangers), a fortement redynamisé le secteur touristique.
Un pays encore exigeant pour les voyageurs
Si les Français ne figurent pas encore parmi les nationalités les plus présentes en Chine, malgré l’exemption de visa dont ils bénéficient depuis deux ans, la destination suscite un intérêt croissant chez les jeunes générations. Plus largement, l’attrait culturel des jeunes Occidentaux pour l’Asie, illustré par le succès mondial des industries culturelles sud-coréenne et japonaise, se traduit par un dynamisme touristique exceptionnel dans la région depuis la fin de la pandémie. La Chine semble, elle aussi, se forger progressivement une attractivité culturelle, notamment grâce aux réseaux sociaux.
Toutefois, voyager en Chine, malgré les simplifications récentes, demeure ainsi une expérience plutôt réservée aux voyageurs déjà aguerris. Dans les régions les moins touristiques, l’anglais est peu voire pas du tout pratiqué. À cela s’ajoute la particularité de l’écosystème numérique chinois, qui bloque Google Maps et la quasi-totalité des réseaux sociaux occidentaux tels qu’Instagram. C’est pourquoi nous vous recommandons, si vous envisagez un circuit en dehors des zones urbaines, de passer par un professionnel du voyage pour organiser votre séjour dans les meilleures conditions.
Aussi, les voyagistes spécialistes de la destination Chine étoffent leur offre pour répondre à la demande croissante de voyages organisés ou de parcours en liberté. Loin des circuits groupés traditionnels, plusieurs agences proposent désormais des itinéraires sur mesure à travers l’Empire du Milieu, mêlant grandes métropoles, sites classés et régions rurales encore méconnues. Parmi eux, Voyageurs du Monde se distingue avec des séjours haut de gamme, itinérants et personnalisés, conçus selon les envies précises de chaque voyageur. Avec une assistance 24h/24 et des conseillers experts, l’agence permet d’explorer les multiples facettes de la Chine — de la Grande Muraille aux rizières du Yunnan, des hutongs de Pékin aux minorités ethniques du Sichuan ou de la Route de la Soie — en toute liberté et fluidité. De même, des voyagistes comme China Roads ou Marco Vasco mettent en avant des séjours thématiques et des road trips en train ou en voiture privée, adaptés aux envies de découverte en immersion.
Le rôle clé des influenceurs voyage
De plus en plus d’influenceurs dépeignent leurs séjours à travers une Chine fascinante, à la fois ultra-moderne par ses infrastructures (en particulier son réseau ferroviaire permettant de traverser le pays avec une efficacité remarquable), accueillante pour les visiteurs et encore très abordable économiquement. À Shanghai, pourtant la ville la plus chère du pays, il est possible de se loger dans une auberge moderne et confortable pour 15 euros la nuit, de payer 50 centimes un ticket de métro ou de déjeuner dans un restaurant de quartier pour 3 à 4 euros. Un billet de train pour une ville située à environ trois heures de trajet coûte quant à lui entre 20 et 30 euros.
Ces créateurs de contenu mettent également en avant les sites exceptionnels que compte la Chine, dont les vidéos cumulent des millions de vues : les monts Tianzi du parc de Zhangjiajie, mondialement connus pour avoir inspiré la planète Pandora du film Avatar, la rivière Li, l’une des plus spectaculaires au monde, ou encore le mont Tianmen, surnommé « la Porte du Ciel ». Les villes futuristes attirent tout autant l’attention, à commencer par Chongqing, mégapole tentaculaire construite sur plusieurs niveaux, où des trains traversent les immeubles et où les néons nocturnes évoquent l’esthétique de Blade Runner. Plus largement, la région du Sichuan séduit à la fois par sa nature exceptionnelle, ses villes dynamiques et sa gastronomie réputée, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Une offre aérienne en pleine expansion
Chongqing est d’ailleurs reliée à Paris-CDG par Hainan Airlines deux fois par semaine. Elle fait partie des huit villes chinoises desservies en vol direct depuis la capitale française, auxquelles s’ajoute Hong Kong au statut particulier. L’offre aérienne s’est encore renforcée avec l’ouverture en 2024 d’une liaison directe entre Marseille et Shanghai, opérée trois fois par semaine par Shanghai Airlines, faisant de la cité phocéenne la deuxième ville française connectée à la Chine. Xi’an, Chengdu, Chongqing, Xiamen : ce ne sont donc plus seulement Pékin et Shanghai qui sont accessibles depuis la France. Les opportunités de transport aérien pour découvrir ces régions encore méconnues mais au centre du soft power chinois n’ont jamais été aussi nombreuses.
Des chiffres de fréquentation en forte hausse
En 2025, les arrivées de ressortissants étrangers ont atteint un record de plus de 82 millions (+26,4% par rapport à 2024), dont plus de 30 millions en visa-free (+49,5%). L’année 2026 devrait donc, selon toute vraisemblance, confirmer cette dynamique et consolider la reprise, dépassant largement les niveaux pré-pandémie (le record de 2019 était autour de 31 millions de touristes internationaux). Cette progression ne reposera cependant pas sur les touristes américains : ceux-ci ne bénéficient pas de l’exemption de visa de 30 jours unilatérale, et les tensions diplomatiques récurrentes entre Washington et Pékin ne favorisent pas les échanges entre les deux pays actuellement.
Le tourisme, un outil géopolitique assumé
C’est dans ce contexte de chute du nombre de visiteurs américains, autrefois parmi les plus nombreux en Chine, que cette dernière cherche à attirer des visiteurs d’autres régions du monde (Europe, Moyen-Orient, Amérique du Sud), afin de développer des liens culturels susceptibles de renforcer ses relations diplomatiques. Au fond, c’est moins pour son impact économique (le tourisme pèse relativement peu dans la croissance chinoise et ne constitue pas un levier prioritaire pour le Parti communiste) que pour des raisons géopolitiques que la Chine s’investit dans cette politique d’ouverture. À l’heure de la mondialisation, le tourisme apparaît plus que jamais comme un instrument central du soft power chinois.

@Beijing Daxing Airport
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