147 chevaux de saut d’obstacles, parmi les meilleurs au monde, ont été évacués cette semaine de Doha vers Liège à bord de deux avions cargos Boeing 777F de Qatar Airways, via Riyad, en raison de la fermeture de l’espace aérien qatari sur fond de fortes tensions régionales.
Coincés au Qatar après la suspension des compétitions à l’Al Shaqab Equestrian Complex et le report de l’étape dohaise du Longines Global Champions Tour (LGCT), les 147 chevaux de saut d’obstacles ont été rassemblés en urgence pour quitter le pays. Faute de vols depuis Doha, ils ont d’abord été acheminés par la route sur environ 350 km jusqu’à Riyad, en Arabie saoudite, avant d’embarquer à bord de deux Boeing 777F de Qatar Airways Cargo à destination de l’aéroport de Liège, en Belgique.
Selon les organisateurs de la Doha Equestrian Tour, la décision de rapatrier les chevaux a été prise dans un contexte marqué par une brusque fermeture de l’espace aérien qatari, consécutive à des frappes impliquant l’Iran, les États‑Unis et Israël, qui ont entraîné une vague de restrictions dans tout le ciel moyen‑oriental. Qatar Airways a annoncé la suspension temporaire de l’ensemble de ses vols au départ et à destination de Doha, affectant aussi bien le trafic passagers que cargo.
Une opération cargo calibrée au cordeau
Depuis l’aéroport international King Khalid de Riyad, deux rotations distinctes ont été organisées vers Liège : la première transportait 74 chevaux, la seconde 73, accompagnés de grooms et de vétérinaires chargés de surveiller leur état de santé. Chaque vol a duré environ six heures, le 777F offrant la capacité nécessaire pour charger à la fois les chevaux, le personnel et le matériel associé (selles, équipements vétérinaires, nourriture, etc.).
Les animaux ont voyagé dans des « jet stalls » – boxes individuels ou par petits groupes, capitonnés et spécialement conçus pour le transport aérien – installés dans la soute principale du cargo. Chaque module peut accueillir jusqu’à trois chevaux debout, avec suffisamment d’espace pour limiter le stress et stabiliser les appuis pendant les phases de roulage, décollage et atterrissage. Qatar Airways Cargo, déjà rompue au fret vivant, a assuré un environnement climatisé et une surveillance continue, avec alimentation et abreuvement réguliers.
Un savoir‑faire aérien très spécialisé
Le transport aérien de chevaux de haut niveau obéit à des protocoles stricts, alignés sur la réglementation IATA Live Animals et les standards de la Fédération équestre internationale (FEI). Outre les « jet stalls », la planification inclut la limitation des escales, l’optimisation des créneaux horaires pour éviter les pics de chaleur, et la présence systématique de vétérinaires à bord.
Dans le cas de Doha, l’ensemble de l’opération – depuis les autorisations jusqu’au départ des vols – aurait été mené en à peine 36 heures, selon la Doha Equestrian Tour, qui salue une coordination étroite avec les autorités nationales et ses partenaires opérationnels. « Nous exprimons notre profonde gratitude à tous les partenaires officiels et autorités concernées qui ont contribué au transport sûr et réussi des chevaux », a déclaré un responsable de l’organisation, citant notamment le ministère de l’Intérieur qatari, la Civil Aviation Authority, Qatar Airways et le Comité olympique du Qatar.
Janne Friederike Meyer‑Zimmermann rassurée
Parmi les chevaux évacués figuraient ceux de la cavalière allemande Janne Friederike Meyer‑Zimmermann, habituée des CSI5* de Doha. Sur ses réseaux sociaux, la championne a tenu à remercier les organisateurs pour la gestion de cette sortie de crise : « Le formidable Sebastian Hasenberg et nos chevaux sont en route en toute sécurité pour rentrer à la maison. Merci à la Doha Tour ! », a‑t‑elle écrit, une fois sa cavalerie arrivée en Belgique.
Les chevaux allemands, comme leurs homologues issus d’autres nations, ont poursuivi leur route vers leurs écuries européennes après leur arrivée à Liège, plate‑forme cargo majeure pour le fret vivant en Europe. L’aéroport wallon, qui accueille régulièrement des rotations dédiées aux chevaux de course et de sport, dispose d’infrastructures spécialisées pour le déchargement, la quarantaine éventuelle et le transit routier.

Freddoo a commenté :
16 mars 2026 - 17 h 18 min
Belle prouesse , bravo !
Pas si Cool a commenté :
16 mars 2026 - 17 h 59 min
Puisqu’ils savent évacuer des chevaux de grandes valeurs, ils devraient savoir faire de même pour des passagers lambda….
Je ne suis pas sur qu’ils prennent les mêmes risques pour les bipèdes..