Korean Air vient de renoncer à transporter des coqs destinés aux combats, sous la pression d’ONG et après des années de controverses. Cette décision concerne surtout les vols entre les États‑Unis et les Philippines, deux pays où le commerce autour des coqs de combat est à la fois très lucratif et très controversé.
La compagnie aérienne sud-coréenne a annoncé avoir « suspendu le transport de coqs de tout âge sur les liaisons entre les États‑Unis et les Philippines ». Elle justifie cette mesure par son « engagement à assurer le transport légal et sûr des animaux vivants, conformément aux lois et réglementations en vigueur ».
Des ONG, comme Animal Wellness Action, se félicitent de ce revirement et estiment que Korean Air était « la plus grande compagnie aérienne au monde impliquée dans le transport illégal d’oiseaux de combat ». Elles affirment que des éleveurs américains envoient chaque année « des dizaines de milliers » de coqs aux Philippines, via fret aérien notamment.
Poids financier et enjeu culturel aux Philippines
Aux Philippines, les combats de coqs constituent une véritable industrie, autorisée et largement implantée dans le pays. Les autorités estiment que l’activité génère « des dizaines de millions de dollars par semaine », une manne qui alimente aussi le crime organisé. Le phénomène s’est encore amplifié avec les paris en ligne, appelés « e‑sabong », qui ont explosé pendant la récente pandémie de Covid.
Pour beaucoup de Philippins, les combats de coqs font partie de la culture populaire, même si les ONG de protection animale les jugent extrêmement cruels. Les gallodromes, ou arènes, sont omniprésents et attirent des milliers de spectateurs chaque week‑end.
Jana Sevilla, porte‑parole de PETA aux Philippines, voit dans la décision de Korean Air un signal clair : « Nous espérons que d’autres compagnies aériennes suivront cet exemple », dit‑elle, en rappelant que les Philippines comptent parmi les rares pays où les combats de coqs restent légaux.
Le Mexique, où les combats sont encore autorisés
Aux États‑Unis, les combats de coqs sont interdits, mais les coqs élevés pour les arènes sont aussi envoyés vers le Mexique, où certains États autorisent encore cette pratique. L’économie qui tourne autour du combat de coqs reste locale, mais elle mobilise des centaines d’éleveurs, de propriétaires d’arènes et de parieurs.
En Mexique, les débats font rage autour de la cruauté des combats, à l’instar de ceux qui ciblent la corrida. Les promoteurs soulignent la dimension traditionnelle de la pratique, tandis que les opposants insistent sur la souffrance infligée aux animaux et sur les risques de corruption et de blanchiment.

@Incheon Airport
Aucun commentaire !