Dans un contexte de trafic aérien revenu tout près de son niveau d’avant-pandémie, Genève Aéroport a enregistré un bénéfice net de 52,9 millions de francs suisses (environ 56,5 millions d’euros) en 2025, a annoncé la régie mardi 24 mars.

La moitié de ce résultat a été transférée au canton de Genève, propriétaire de la plateforme. Ce niveau reste comparable à celui de 2024 (55,2 millions), malgré une légère stagnation du trafic et un contexte économique prudent. « Ce résultat est satisfaisant, compte tenu d’une croissance modérée du trafic, de coûts maîtrisés et d’investissements accrus », souligne la direction de Genève Aéroport dans son rapport annuel.

Trafic stable, rentabilité élevée

L’aéroport a accueilli 17,85 millions de passagers en 2025, soit une hausse marginale de 0,3% par rapport à 2024 et un niveau inférieur de seulement 0,4% à celui de 2019, dernière année « normale » avant la crise sanitaire. Dans le même temps, le chiffre d’affaires global a progressé de 1% pour atteindre 539 millions de francs, en hausse de près de 9% par rapport à 2019. Les revenus aéronautiques, tirés notamment par les redevances liées aux passagers et aux compagnies, représentent 65,2% du total, contre 34,8% pour les activités non aéronautiques (commerces, parkings, locations). L’EBITDA (résultat opérationnel avant amortissements) s’établit à 39,2%, un niveau de marge élevé et stable.

Davantage de passagers, moins de mouvements

Le phénomène amorcé après la pandémie se confirme : plus de passagers pour moins de vols. Le nombre de mouvements (atterrissages et décollages) est descendu à 177 288 en 2025, soit une baisse de 1% par rapport à l’année précédente. Cette tendance s’explique par l’utilisation accrue d’appareils de plus grande capacité et des taux de remplissage plus élevés.

Genève Aéroport continue aussi d’encourager les compagnies à moderniser leur flotte grâce à un système d’incitations financières. La proportion de vols opérés par des avions de classe 5 – les plus silencieux et économes – est passée de 31,9% à 34% en un an.

Forte baisse des vols tardifs après 22 h

Entré en vigueur le 1er janvier 2025 après une phase d’essai, le système de quotas de bruit nocturne a produit des effets spectaculaires : le nombre de décollages après 22 h a chuté de 24,6% en 2025, après une baisse de plus de 36% déjà observée en 2024. En deux ans, les décollages tardifs ont ainsi reculé de plus de la moitié. « Cette mesure concertée avec les compagnies aériennes améliore sensiblement la qualité de vie des riverains », précise Genève Aéroport.

Une dette en recul et des investissements soutenus

Grâce à la bonne santé financière enregistrée depuis 2021, l’établissement public autonome poursuit la réduction de sa dette nette, tombée à 444,5 millions de francs fin 2025, contre 773 millions quatre ans plus tôt. L’objectif d’un ratio d’endettement de 2x l’EBITDA devrait être atteint d’ici 2028. Cette trajectoire permettra de financer sereinement les grands projets d’infrastructure du plan CAP 2040, dont la modernisation du terminal principal et le futur pôle multimodal. Les investissements ont atteint 110 millions de francs en 2025, en hausse malgré le report du chantier du hub ferroviaire et de la rénovation terminale.

Accélération de la transition énergétique

Côté environnement, Genève Aéroport revendique une baisse de 52% de sa consommation de chauffage fossile par rapport à 2019, et de 32% rien qu’entre 2024 et 2025. Près de 45% des véhicules utilisés sur le site sont désormais électriques, l’objectif étant d’atteindre 90% d’ici 2030. L’aéroport continue par ailleurs de renforcer son efficacité énergétique, malgré la montée en puissance du terminal Est et du nouveau système de tri des bagages.

Un réseau étendu sur 147 destinations

Le réseau reste dense avec 147 destinations desservies, contre 146 l’année précédente. China Eastern a inauguré en 2025 une ligne directe vers Shanghai, opérée en Airbus A350-900, renforçant ainsi les flux de passagers et de fret vers la Chine.

Les principales compagnies desservant Genève demeurent easyJet (46% du trafic), suivie de SWISS (12,4%), British Airways (4,4%), Air France (3,2%) et Iberia (2,9%). Les destinations les plus fréquentées sont toujours Londres, Porto, Lisbonne, Paris et Amsterdam. Dubaï conserve son statut de première destination non européenne.

Moins de vols, plus de passagers : Genève Aéroport améliore sa rentabilité en 2025 1 Air Journal

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