Le gouvernement d’Oman a finalisé l’acquisition de SalamAir, première compagnie low‑cost du sultanat, dans le cadre d’une refonte globale de son secteur aérien.
Tout en affirmant qu’aucune fusion n’est envisagée avec Oman Air, les autorités signalent une intégration renforcée entre les deux transporteurs, avec réduction des chevauchements de réseaux et partage de ressources. Cette manœuvre s’inscrit dans le vaste plan de restructuration de la compagnie nationale, confrontée à des pertes structurelles depuis le début des années 2010.
L’acquisition de SalamAir par l’État
Le gouvernement du Sultanat d’Oman a annoncé l’achèvement de son rachat de SalamAir, compagnie créée en 2017 pour répondre à la demande de vols à bas coût vers l’Asie du Sud‑Est, l’Asie centrale et l’Inde, région où elle a bâti une part de marché significative. Dans un communiqué officiel, l’État explique que cette opération vise à « construire un secteur aérien national intégré et durable », en rationalisant les capacités et les coûts tout en soutenant la connectivité et le tourisme. Selon le ministre omanais des Transports, des Communications et des Technologies de l’information, Said bin Hamoud Al Maawali, il s’agit d’une acquisition gouvernementale, non d’une fusion opérationnelle entre Oman Air et SalamAir. « Il n’y aura pas de fusion entre Oman Air et SalamAir », a‑t‑il insisté, soulignant que le modèle discuté relève d’un « achat par le gouvernement, et non par Oman Air ».
Clarifier la « non‑fusion », mais avec plus d’intégration
Malgré l’assurance de non‑fusion, l’enjeu est bien celui d’une plus grande synergie entre les deux compagnies. Le gouvernement précise que SalamAir et Oman Air « continueront à opérer de manière indépendante, avec des marques distinctes et des identités opérationnelles propres ». Chaque transporteur conservera sa propre flotte, mais le texte évoque des opportunités de partage de ressources, notamment en maintenance, opérations et échanges de « meilleures pratiques » afin de réduire les coûts et renforcer la compétitivité.
Le ministère insiste par ailleurs sur la volonté de « réduire les chevauchements » entre les réseaux de destination, en évitant les trajets concurrents sur les mêmes axes, tout en élargissant les connexions et la fréquence des liaisons. Les programmes de fidélisation resteront séparés, et aucune réduction de personnel n’est prévue à court terme, même si les évolutions futures devraient privilégier le développement de talents nationaux.
Le contexte d’Oman Air
Ces annonces s’inscrivent dans la logique du plan de restructuration mis en place en 2023 pour Oman Air, qui avait vu ses pertes s’accumuler après avoir pris le relais de l’implication du sultanat au sein de Gulf Air, dont Oman est sorti en 2007 pour se concentrer sur sa compagnie nationale. La mise en œuvre d’un processus de restructuration approfondi dans le but de rétablir sa santé financière s’était accompagnée d’une réduction de sa flotte long-courrier, avec le retrait de ses dix A330, soit environ 22 % de sa flotte totale. Au cours des douze derniers mois, Oman Air a malgré tout réceptionné sept appareils Boeing, 787 et 737 confondus, portant sa flotte totale à 33 avions.
Cette montée en puissance a permis d’augmenter les capacités, d’ouvrir de nouvelles routes et de densifier plusieurs fréquences au sein de son réseau en expansion au Moyen-Orient, sur le sous-continent indien, en Europe, en Asie et en Afrique. La compagnie a également annoncé la livraison de six nouveaux gros‑porteurs à partir d’ici le milieu de l’année 2028, qui viendront renforcer la capacité sur les lignes intercontinentales et consolider la connectivité du Sultanat avec les grands marchés mondiaux.
SalamAir, une low‑cost en pleine construction
Lancée en 2017, SalamAir a progressivement constitué une flotte d’environ 15 avions de la famille Airbus A320neo (A320neo et A321neo) et une dizaine encore à venir, avec un projet de développement vers des avions régionaux Embraer E‑195‑E2. Cette stratégie de montée en puissance géographique – avec une forte exposition vers l’Inde, le Pakistan et l’Asie centrale – l’a rendue particulièrement attractive pour les autorités, désireuses de disposer d’un outil complémentaire à Oman Air sur les marchés à forte demande.
Le PDG de SalamAir, Adrian Hamilton‑Manns, a salué l’acquisition par le gouvernement comme « un très bon développement » pour la compagnie, estimant qu’elle garantit « une croissance soutenue pour SalamAir et Oman Air, tout en protégeant l’équilibre du marché aérien omanais ». À moyen terme, l’État omanais promet une « révision » des structures de tarification et des réseaux de SalamAir et Oman Air, afin d’optimiser l’offre aux touristes et aux voyageurs d’affaires.
Dans le contexte concurrentiel du Golfe, où Qatar Airways, Emirates et Etihad continuent d’augmenter leurs capacités, cette intégration sous contrôle d’État pourrait permettre à Oman de conserver un maillage régional et international crédible, tout en maîtrisant les coûts.

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