Les passagers au départ de Singapour ne pourront bientôt plus emporter qu’un maximum de deux batteries externes dans leur bagage cabine, en application de nouvelles normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et de règles renforcées par l’Autorité de l’aviation civile de Singapour (CAAS).
Cette mesure, qui entrera en vigueur le 15 avril 2026 à Changi, illustre le durcissement mondial des exigences de sécurité face aux risques d’incendie liés aux batteries au lithium à bord des avions.
Un plafond fixé à deux batteries par passager
À compter du 15 avril 2026 à 00h01 (heure de Singapour), chaque passager partant de Singapour ne pourra transporter que deux power banks au maximum en cabine. Tout appareil supplémentaire devra être abandonné avant l’embarquement, ont précisé les autorités singapouriennes. Ce plafond s’applique à l’ensemble des vols au départ de Changi, qu’ils soient opérés par Singapore Airlines, sa filiale low‑cost Scoot ou toute autre compagnie utilisant la plateforme.
Les batteries externes devront obligatoirement être placées dans les bagages à main et rester interdites en soute, conformément aux pratiques déjà largement établies pour les batteries au lithium. La CAAS rappelle par ailleurs que les bornes (ou « terminaux ») de ces batteries devront être protégées pour éviter tout court‑circuit, par exemple à l’aide de capuchons, d’étuis individuels ou de ruban isolant.
Capacité en Wh : ce qui reste autorisé
Les nouveaux seuils ne modifient pas fondamentalement les règles de capacité, mais en resserrent l’usage. Les power banks de 100 Wh ou moins restent autorisées en cabine, dans la limite de deux unités par personne. Entre 100 Wh et 160 Wh, elles ne pourront être emportées qu’avec l’accord préalable de la compagnie aérienne, comme le prévoyaient déjà les instructions techniques sur les marchandises dangereuses. Au‑delà de 160 Wh, les batteries externes sont purement et simplement interdites pour les passagers.
Cette limite quantitative marque en revanche un tournant : alors que de nombreux transporteurs permettaient auparavant d’emporter un nombre beaucoup plus important de petites batteries (parfois jusqu’à une vingtaine d’unités), l’OACI a choisi d’harmoniser et de simplifier le cadre avec un plafond mondial de deux power banks par passager. « Les nouveaux dispositifs spécifiés seront désormais limités à deux par passager, et les passagers ne pourront plus les recharger en vol », a résumé l’OACI dans son communiqué annonçant ces mesures.
Un risque incendie au cœur des décisions
Ces restrictions découlent d’un addendum aux Instructions techniques de l’OACI sur le transport des marchandises dangereuses, adopté fin mars 2026 et entré en vigueur immédiatement. L’organisation onusienne explique que les batteries externes, qui reposent sur des accumulateurs lithium‑ion, peuvent surchauffer, subir un emballement thermique ou un court‑circuit, avec à la clé un risque d’incendie difficile à maîtriser dans l’environnement confiné d’un avion.
« Les nouveaux spécifications concernant les power banks alimentées par batteries au lithium amélioreront la sécurité et la tranquillité d’esprit des passagers et des compagnies aériennes », souligne l’OACI, en insistant sur la nécessité de traiter ces appareils comme une catégorie distincte des autres batteries de rechange. Selon l’Autorité de l’aviation civile de Singapour, la décision internationale « vise à réduire les risques d’incendie tout en continuant de répondre aux besoins des voyageurs », en particulier dans un contexte où la dépendance des passagers à leurs appareils électroniques n’a cessé de croître.
Fin de la recharge en vol des power banks
Au‑delà du nombre d’unités, les nouvelles règles bannissent également toute utilisation active des batteries externes pendant le vol. Les passagers ne pourront plus recharger leurs power banks à bord ni s’en servir pour alimenter leurs téléphones, tablettes ou ordinateurs portables une fois la porte de l’avion fermée. La CAAS indique que les équipages seront chargés de faire respecter cette interdiction, qui figure désormais dans les consignes de sécurité et la politique de transport des marchandises dangereuses.
Singapore Airlines et Scoot avaient d’ailleurs déjà pris les devants : leurs passagers n’étaient plus autorisés à utiliser ou à recharger des power banks en vol depuis 2025, dans le cadre d’un renforcement progressif de la politique de sécurité. Les compagnies continueront en revanche à disposer d’équipements alimentés par des batteries pour leurs propres besoins opérationnels, les restrictions visant principalement les appareils des passagers.
Information des voyageurs et application à Changi
Pour limiter les mauvaises surprises au moment du contrôle de sûreté, l’Autorité de l’aviation civile de Singapour prévoit une vaste campagne d’information à l’aéroport de Changi. Des affiches et messages dédiés seront installés aux principaux points de contact avec les passagers, des comptoirs d’enregistrement aux postes d’inspection filtrage, en passant par les portes d’embarquement. Les transporteurs opérant à Singapour ont également été priés de relayer la nouvelle règle en amont, par courriel, notifications mobiles et messages lors de l’enregistrement en ligne.
Les agents de sûreté seront formés pour appliquer ces restrictions de manière « fluide et ordonnée », selon la CAAS, mais ils auront l’obligation de faire retirer tous les power banks excédentaires avant qu’un passager ne soit autorisé à monter à bord. Les voyageurs arrivant sans être informés risquent donc, à défaut de pouvoir réexpédier ou stocker leurs batteries, de devoir abandonner sur place des appareils parfois coûteux.

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