Pour le premier semestre de son exercice décalé 2025‑2026, clos fin mars, easyJet prévoit une perte avant impôts « comprise entre 540 et 560 millions de livres », contre 394 millions un an plus tôt. Cette période est traditionnellement déficitaire pour la low‑cost britannique, mais l’ampleur du rouge s’annonce plus importante que prévu.
EasyJet souligne que la demande est restée solide, mais que les résultats financiers se sont dégradés sous l’effet combiné de la géopolitique et de la concurrence. « EasyJet a constaté une demande toujours soutenue au premier semestre, mais nos résultats financiers se sont dégradés, pénalisés par le conflit au Moyen‑Orient et par l’environnement concurrentiel sur certains marchés », résume son directeur général Kenton Jarvis.
Le kérosène renchérit la facture
Au cœur de ces difficultés figure la hausse du coût du carburant, dopée par le conflit au Moyen‑Orient, et en particulier par la guerre en Iran qui a fait bondir les prix du kérosène. EasyJet chiffre à environ 25 millions de livres (29 millions d’euros) les dépenses supplémentaires de carburant pour le seul mois de mars, liées à des achats non couverts aux prix spot.
« Les coûts de carburant en mars ont été affectés par l’escalade du conflit au Moyen‑Orient », indique la low cost, qui évoque aussi une incertitude accrue sur l’évolution future des prix de l’énergie. Cette inflation du kérosène se traduit par une hausse d’environ 5% du coût par siège‑kilomètre offert (ASK) sur la période.
Réservations plus tardives et visibilité réduite
Au‑delà des coûts d’exploitation, la guerre pèse également sur le comportement des clients. EasyJet constate un raccourcissement de la courbe de réservation : les voyageurs attendent davantage avant de réserver, ce qui complique la planification.
Elle note que le conflit « a entraîné, à court terme, une incertitude concernant les coûts du carburant et la demande de la clientèle », avec des réservations estivales légèrement inférieures à celles de l’an dernier à ce stade. « Les clients réservent notamment plus tard, ce qui se traduit par une visibilité prévisionnelle inférieure à la normale », reconnaît encore la low cost britannique.
Un été jugé prometteur malgré tout
Malgré tout, easyJet veut afficher sa confiance pour la haute saison. Elle souligne avoir réalisé « les meilleures performances de son histoire pour la période de Pâques » et assure que « la montée en puissance opérationnelle vers le pic estival se poursuit comme prévu ».
La low cost met en avant une position financière jugée solide, avec une trésorerie nette positive et près de 4,7 milliards de livres de liquidités disponibles, qui doivent lui permettre d’absorber la volatilité actuelle. « EasyJet est bien placée pour faire face aux défis géopolitiques actuels », insiste Kenton Jarvis, en dépit d’un titre chahuté en Bourse après l’annonce, les investisseurs sanctionnant la perspective d’une perte plus lourde que prévu.

@easyJet
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