L’aéroport d’Amsterdam-Schiphol va accorder aux compagnies aériennes une remise d’un peu plus de 10% sur ses redevances de jour pendant près d’un an, afin d’amortir le choc du renchérissement du kérosène lié à la guerre en Iran, tout en assumant l’impact sur ses propres comptes. Cette mesure, inédite à cette échelle en Europe, s’inscrit dans un contexte de flambée des coûts du carburant aérien qui menace la connectivité des Pays-Bas et les marges des compagnies.
À compter du 27 avril 2026 et jusqu’au 31 mars 2027, Amsterdam‑Schiphol appliquera une remise temporaire d’un peu plus de 10% sur ses redevances aéroportuaires, limitée aux vols de jour. L’aéroport, quatrième hub européen par le trafic, précise que les vols de nuit sont exclus du dispositif, dans la continuité de sa politique de réduction des nuisances sonores pour les riverains. Dans un communiqué, l’aéroport explique que cette décision répond à une envolée « inattendue et brutale » des coûts des compagnies « en raison des prix élevés du kérosène ». La guerre menée en Iran par les États‑Unis et Israël a tendu l’approvisionnement mondial en carburant aviation, provoquant une hausse marquée des prix du jet fuel et mettant sous pression les modèles économiques de nombreuses compagnies aériennes.
« Maintenir les liaisons essentielles » malgré la guerre
« L’aéroport prend cette mesure parce que les coûts des compagnies aériennes ont augmenté de manière inattendue et fortement en raison des prix élevés du kérosène », indique Schiphol, en soulignant qu’« il est particulièrement important, dans la situation géopolitique actuelle, de maintenir la connexion des Pays‑Bas avec le reste du monde et de veiller à ce que les vols essentiels puissent continuer à opérer ». Selon la plateforme, « un secteur aérien fort contribue à la résilience et à l’indépendance des Pays‑Bas – par exemple pour assurer l’approvisionnement en biens et en denrées alimentaires, ainsi que pour le rapatriement – et à l’économie du pays ».
La direction assume un « effet négatif temporaire » de la remise sur les résultats financiers de l’aéroport, tout en assurant que cette mesure n’affectera pas le plan d’investissements prévu sur les dix prochaines années. « Schiphol reste financièrement robuste et recherche en permanence le bon équilibre entre coûts d’exploitation, redevances, emprunts et investissements », ajoute le gestionnaire dans son communiqué.
Une remise ciblée sur les vols de jour
La réduction annoncée est présentée comme une mesure « temporaire et ciblée » appliquée uniquement aux vols opérés de jour, du 27 avril 2026 au 31 mars 2027. Les vols nocturnes restent exclus, l’aéroport réaffirmant sa volonté de « continuer à décourager les vols de nuit » au nom de la protection de l’environnement local et du sommeil des riverains.
Ce choix est cohérent avec la feuille de route présentée ces dernières années par Schiphol pour devenir « plus silencieux, plus propre et meilleur », qui prévoit notamment une quasi‑fermeture de nuit à partir de l’hiver 2025‑2026, avec interdiction des décollages entre 00 h 00 et 6 h 00 et des atterrissages entre 00 h 00 et 5 h 00. Dans cette logique, l’aéroport cherche à orienter l’activité vers des créneaux diurnes, jugés plus acceptables socialement, tout en utilisant l’outil tarifaire pour soulager les compagnies.
L’onde de choc du carburant sur le transport aérien
La décision de Schiphol intervient alors que la flambée du carburant commence à peser lourdement sur le transport aérien mondial. Les prix du jet fuel se sont envolés et les approvisionnements se sont tendus au fil du conflit, forçant les compagnies à augmenter leurs tarifs passagers ou à réduire leur programme de vols pour préserver leurs finances, sans perspective claire de retour à la normale au Moyen‑Orient.
Aux Pays‑Bas, KLM a déjà annulé plus de 150 vols européens, jugeant certains services « non viables financièrement » dans le contexte actuel de prix du carburant élevés. Partout dans le monde, les grands groupes aériens révisent leurs réseaux, réduisent leurs capacités sur certaines routes et arbitrent entre maintien de la connectivité et protection de leurs marges.

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