Le gouvernement portugais a retenu Air France-KLM et Lufthansa Group pour la phase décisive de la privatisation de TAP Air Portugal, en les invitant à déposer des offres contraignantes pour une participation pouvant aller jusqu’à 49,9% du capital. Lisbonne espère finaliser cette ouverture du capital d’ici la fin de l’été 2026, tout en conservant la majorité publique et le contrôle stratégique de la compagnie nationale.

Cette nouvelle étape intervient après une première phase d’offres non contraignantes, déposées début avril par Air France-KLM et Lufthansa Group. Le groupe IAG, maison mère de British Airways et Iberia, qui avait manifesté de l’intérêt, a finalement renoncé à se porter candidat.

Un calendrier désormais serré
Le cadre de la privatisation a été fixé par décret à l’été 2025, avec l’objectif de conclure l’opération en 2026. La procédure vise une cession minoritaire à un partenaire stratégique, dans un schéma où l’État conserve plus de 50% du capital.

Selon le ministre portugais des Infrastructures Miguel Pinto Luz, une décision finale pourrait intervenir « entre fin août et début septembre » 2026, après analyse des offres contraignantes et des engagements proposés par les candidats. Le choix du futur partenaire restera soumis aux autorisations des autorités de concurrence européennes et, le cas échéant, à l’examen de la Commission européenne sur le plan d’aides d’État.

Lisbonne met en avant un processus « sélectif » et « concurrentiel » destiné à maximiser la valeur de TAP tout en préservant les intérêts stratégiques du pays. Les autorités promettent également une consultation avec les représentants des salariés, appelés à participer à hauteur de 5% du capital.

Les enjeux stratégiques pour le Portugal
Le gouvernement portugais veut s’assurer que la privatisation consolide le rôle de TAP Air Portugal à sa base de Lisbonne, hub intercontinental vers le Brésil, l’Afrique et l’Amérique du Nord. Le maintien du siège à Lisbonne, de la marque TAP et des principaux axes long-courriers fait partie des conditions posées au futur actionnaire.

L’État portugais cherche aussi à valoriser l’investissement massif réalisé pendant la crise du Covid-19, estimé à environ 3,2 milliards d’euros. L’objectif est de stabiliser durablement la compagnie aérienne portugaise, redevenue bénéficiaire mais toujours exposée à la hausse des coûts et à une forte concurrence sur le marché européen.

Au-delà de TAP, c’est l’attractivité du hub de Lisbonne qui se joue, dans un contexte de saturation de l’aéroport actuel et de débats récurrents sur la construction d’une nouvelle infrastructure. Le choix du partenaire pourrait peser sur les futures décisions en matière de capacité, de connectivité et de développement touristique.

Air France-KLM et Lufthansa Group, deux stratégies européennes
Air France-KLM affiche depuis plusieurs mois un intérêt « constant, fort et durable » pour TAP, qu’il présente comme complémentaire de son réseau, notamment sur le Brésil et l’Atlantique Sud. Le groupe franco-néerlandais met en avant les synergies possibles en termes de correspondances à Paris, Amsterdam et Lisbonne, ainsi qu’une intégration renforcée au sein de l’alliance SkyTeam.

Lufthansa Group, de son côté, voit dans TAP un prolongement de sa stratégie de croissance par acquisitions, après Austrian Airlines, Swiss, Brussels Airlines et, plus récemment, ITA Airways. Le groupe allemand insiste sur la possibilité d’installer TAP au cœur de son réseau multi-hubs, aux côtés de Francfort, Munich, Zurich, Vienne, Bruxelles et Rome.

Les deux candidats promettent, chacun, d’investir dans la flotte et d’améliorer la rentabilité de TAP, tout en développant les liaisons intercontinentales depuis Lisbonne. Mais leurs projets restent pour l’instant confidentiels, les groupes se bornant à confirmer le dépôt d’offres et leur volonté d’entrer au capital à hauteur de jusqu’à 49,9%.

Privatisation de TAP Air Portugal : Air France-KLM et Lufthansa Group invités à déposer leurs offres contraignantes 1 Air Journal

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