Emirates remet progressivement en ligne une grande partie de son réseau entre le 1er et le 15 mai 2026, en rouvrant 16 destinations et et avec une montée en puissance spectaculaire de l’Airbus A380 sur l’Europe, l’Amérique et l’Asie-Pacifique. Mais quatre routes sensibles au Moyen-Orient restent suspendues jusqu’à nouvel ordre.

La compagnie de Dubaï atteint environ 77% de son programme initialement prévu, mais maintient la suspension de ses vols vers l’Irak, l’Iran et une partie de son opération vers les Maldives et le Sri Lanka, sur fond de tensions régionales persistantes.

16 destinations de nouveau desservies

Selon les données de planification compilées par le site spécialisé AeroRoutes, Emirates a déposé un programme « intérimaire » pour la période du 1er au 15 mai 2026, avec la reprise de 16 destinations sur son réseau mondial. Sont de nouveau reliées à Dubaï : Adelaide (ADL), Alger (ALG), Antananarivo (TNR), Bahreïn (BAH), Beyrouth (BEY), Bogota (BOG), Brisbane (BNE), Houston (IAH), Koweït (KWI), Los Angeles (LAX), Miami (MIA), Mascate (MCT), Orlando (MCO), Osaka Kansai (KIX), Phnom Penh (PNH) et Saint‑Pétersbourg (LED).

Sur la base d’une comparaison entre les horaires du 1er février et ceux du 26 avril 2026, Emirates opère désormais environ 77% de son programme initial, un niveau qui traduit une phase de remontée en puissance après plusieurs semaines de réductions liées à la situation sécuritaire au Moyen‑Orient et aux contraintes de survol de certaines zones. La compagnie souligne que ces ajustements restent provisoires et « fortement susceptibles d’évoluer » au fil des jours, au gré des développements géopolitiques et de la disponibilité de la flotte.

Quatre axes demeurent néanmoins suspendus : Bagdad (BGW), Bassora (BSR), Téhéran‑Imam Khomeini (IKA), ainsi que le tronçon Malé (MLE) – Colombo (CMB), même si Colombo reste desservie en tant que destination isolée. Ces annulations prolongent des suspensions initialement mises en place en 2025 « à la suite de tensions régionales accrues » autour de l’Iran et de l’Irak, comme l’avait alors indiqué Emirates dans un avis aux voyageurs.

Focus Europe : A380 en force et fréquences en hausse

En Europe, Emirates concentre sa stratégie de relance sur la montée en capacité, en réintroduisant l’A380 sur plusieurs axes et en augmentant les fréquences hebdomadaires.

  • Paris‑Charles de Gaulle (CDG) passe de 17 à 21 vols hebdomadaires, soit trois vols quotidiens, tous opérés en 777‑300ER et/ou A380 selon les rotations.
  • Londres‑Heathrow (LHR) passe de cinq à six vols quotidiens tous en A380, faisant de l’aéroport londonien l’un des plus gros marchés de très gros-porteurs d’Emirates.
  • Manchester (MAN) grimpe de 17 à 21 fréquences hebdomadaires, l’A380 étant désormais proposé sur deux rotations quotidiennes au lieu d’une.
  • Newcastle (NCL) bénéficie d’un service quotidien en A350‑900, contre cinq vols hebdomadaires auparavant, en remplacement du 777‑300ER.

Sur le continent, la tendance est similaire :

  • Madrid (MAD) passe de 11 à 14 vols hebdomadaires, avec le retour de l’A380 sur les vols EK141/142.
  • Rome‑Fiumicino (FCO) grimpe de 10 à 14 fréquences hebdomadaires.
  • Francfort (FRA) voit le retour de l’A380 sur les vols EK045/046, en complément du 777‑300ER déjà en place.
  • Munich (MUC) passe à deux vols quotidiens en 777‑300ER.
  • Milan‑Malpensa (MXP) bascule sur un service sans escale en A380, à la place du 777‑300ER, renforçant la présence du très gros‑porteur sur le marché italien.
  • Barcelone (BCN) devient quotidienne en 777‑300ER, contre trois fréquences hebdomadaires auparavant.
  • Bologne (BLQ) et Venise (VCE) voient également leurs fréquences augmenter sur la période.
  • Vienne (VIE) passe d’un programme de 10 vols hebdomadaires en 777‑300ER à un vol quotidien en A380.

Ces mouvements s’inscrivent dans la stratégie annoncée par le président d’Emirates, Tim Clark, qui prévoit de porter la flotte active d’A380 à environ 110 appareils d’ici fin 2026, tout en maintenant le type en service « au moins jusqu’en 2041 » afin de répondre à une demande toujours soutenue sur les marchés premium. « Chaque siège de première et de classe affaires a parfois été vendu jusqu’à trois fois lors de l’été », a‑t‑il récemment résumé, pour justifier le maintien de l’A380 au cœur du modèle Emirates.

Amériques : retour progressif et montée en gamme

Sur le continent américain, la compagnie de Dubaï privilégie à la fois le retour des fréquences et l’augmentation de la capacité par vol.

  • New York‑JFK passe de 10 à 14 vols hebdomadaires, opérés en A380 et 777‑300ER, confirmant le statut de la mégalopole comme l’un des tout premiers marchés long‑courriers d’Emirates.
  • Washington‑Dulles (IAD) passe de trois rotations hebdomadaires à un vol quotidien en 777‑300ER.
  • Boston (BOS) augmente de trois à quatre vols hebdomadaires en 777‑300ER, en remplacement d’une desserte jusque‑là assurée en A350‑900.
  • Dallas/Fort Worth (DFW) remplace le 777‑200LR par un 777‑300ER sur son vol quotidien.
  • Houston (IAH), Los Angeles (LAX) et Orlando (MCO) reprennent chacune avec trois vols hebdomadaires à compter du 2 mai 2026.
  • Miami (MIA) revient avec quatre vols hebdomadaires en 777‑300ER, prolongés vers Bogota (BOG), marquant la reprise de la liaison triangulaire vers la Colombie.

Cette montée en puissance vers l’Amérique du Nord s’ajoute aux renforts déjà annoncés sur Orlando à partir du 7 mai, où Emirates prévoit une sixième rotation hebdomadaire sur Dubaï–Orlando. Pour Emirates, qui exploite depuis longtemps son A380 comme vitrine sur les marchés nord‑américains à forte densité, cette phase intérimaire de mai 2026 apparaît comme un retour accéléré à la normale après des semaines de perturbations dues aux déviations de routes et aux temps de vol rallongés pour contourner les zones de conflit.

Asie‑Pacifique et sous‑continent indien : renforts ciblés

En Asie‑Pacifique, Emirates mise là aussi sur l’A380 et l’augmentation des fréquences pour consolider sa position face à la concurrence des compagnies locales et des grands hubs régionaux.

  • Melbourne (MEL) passe à deux vols quotidiens en A380.
  • Auckland (AKL) augmente de trois à quatre vols hebdomadaires en A380.
  • Sydney (SYD) voit le retour d’un service « terminator » en A380, c’est‑à‑dire un vol sans prolongation au‑delà, dédié au marché australien.
  • Taipei‑Taoyuan (TPE) est upgradé de 777‑300ER à A380.
  • Tokyo‑Haneda (HND) passe d’une desserte de quatre à cinq fréquences hebdomadaires à un vol quotidien en 777‑300ER, signe de la normalisation progressive de la demande vers le Japon.

Sur le sous‑continent indien, Emirates consolide ses positions sur les trois grandes métropoles :

  • Mumbai (BOM) conserve cinq vols quotidiens, assurés par un mix de 777‑300ER, A350‑900 et A380.
  • Delhi (DEL) est desservie quatre fois par jour en 777‑300ER.
  • Bangalore (BLR) reste à trois vols quotidiens, combinant 777‑300ER et A380.

Au Moyen‑Orient élargi, Dammam (DMM) double sa desserte à deux vols quotidiens en A350‑900, contre un quotidien en 777‑300ER auparavant, ce qui illustre la montée en puissance progressive de la nouvelle flotte A350 au sein du réseau régional.

Afrique : montée en capacité et A380 de retour à Maurice

Sur le continent africain, Emirates renforce plusieurs marchés à forte dimension touristique ou affinitaire.

  • Maurice (MRU) passe d’un vol quotidien en 777‑300ER à deux vols quotidiens en A380, marquant le retour du très gros‑porteur sur cette destination loisir très prisée des marchés européens et moyen‑orientaux.
  • Le Cap (CPT) bénéficie de 10 vols hebdomadaires en 777‑300ER, offrant une flexibilité accrue sur la haute saison sud‑africaine.
  • La liaison Lusaka (LUN) – Harare (HRE) est portée à un service quotidien, contre cinq fréquences hebdomadaires jusqu’ici.

Parallèlement, certaines routes voient leurs appareils remplacés sans modification de fréquence, dans une logique d’optimisation fine de la flotte : Glasgow (GLA) abandonne l’A350‑900 au profit du 777‑300ER, tandis que Seattle (SEA) remplace le 777‑200LR par un 777‑300ER sur quatre vols hebdomadaires. Sur la liaison Larnaca (LCA) – Malte (MLA), Emirates opte à l’inverse pour un passage du 777‑300ER à l’A350‑900, confirmant l’intégration progressive du nouvel appareil long‑courrier dans les opérations européennes.

Un réseau encore contraint par la géopolitique

Si Emirates affiche une ambition claire de revenir à un programme « 100% opérations passagers » à moyen terme, ses ajustements successifs depuis mars 2026 montrent combien la planification reste tributaire des tensions régionales. Le transporteur a déjà dû repousser à plusieurs reprises la date à laquelle il comptait retrouver la totalité de son réseau.

Emirates relance 16 destinations, mais laisse 4 routes-clés au sol 1 Air Journal

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