À partir du 7 mai, les bus desservant Brussels Airport n’arriveront plus devant le terminal mais à une nouvelle gare routière temporaire, située une centaine de mètres plus loin. Ce déplacement, neutre pour les horaires, doit libérer de l’espace pour la construction d’un hub intermodal de nouvelle génération à l’horizon 2030, au cœur de la stratégie de mobilité de l’aéroport belge.

Une nouvelle gare routière à 100 mètres du terminal

Brussels Airport déplacera sa gare routière principale d’environ 100 mètres à compter du jeudi 7 mai, tout en la maintenant au niveau 0 de l’aérogare. Cinq quais concentreront désormais l’ensemble des lignes de bus vers et depuis l’aéroport, qu’il s’agisse des services régionaux de De Lijn, de la ligne 12 de la STIB ou encore des autocars intercity Flibco, FlixBus, Airport Express et autres navettes privées. Un nouvel accès sera aménagé dans le terminal, relié à la gare routière par une passerelle couverte, afin de garantir un cheminement abrité entre bus et hall de départ ou d’arrivée. L’exploitant précise que ce déménagement, qui s’inscrit dans une phase de travaux appelée à durer quatre ans, n’aura « aucune incidence sur les horaires des bus ».

600 trajets quotidiens et un rôle clé pour le bus

Avec quelque 600 bus circulant chaque jour vers et depuis l’aéroport, Brussels Airport compte davantage de mouvements de bus que de mouvements d’avions sur une journée type. Environ 1,3 million de passagers et de collaborateurs recourent chaque année à ces lignes de bus pour rejoindre la plateforme ou en repartir, ce qui fait du réseau routier un pilier de l’accessibilité de l’aéroport.

L’opérateur met en avant la nécessité de maintenir cette capacité pendant toute la durée des chantiers du futur hub intermodal. « Cette nouvelle gare routière permettra de maintenir l’offre même pendant les travaux du nouveau hub intermodal, qui réunira tous les modes de transports en commun, avec plus d’espace et des liaisons plus fluides », souligne Brussels Airport Company.

Les casiers bagages destinés aux voyageurs souhaitant se rendre en ville avant ou après leur vol, aujourd’hui situés à côté de la gare routière, déménageront eux aussi vers la nouvelle infrastructure, afin de conserver ce service pratique pour les passagers en correspondance avec les transports publics.

Hub 3.0 : un projet à 500 millions d’euros pour un aéroport plus intermodal

La relocalisation de la gare routière s’inscrit dans le vaste projet « Hub 3.0 », programme de modernisation et d’extension de Brussels Airport évalué à 500 millions d’euros, présenté comme le plus important investissement depuis trente ans pour la première plateforme aéroportuaire belge. Ce plan prévoit une transformation progressive de l’aérogare d’ici 2032, avec un hub intermodal opérationnel.

L’objectif est de renforcer le rôle de l’aéroport comme « plaque tournante de la mobilité où tous les moyens de transport se rejoignent : avions, trains, bus, cyclistes, piétons, voitures, taxis et navettes ». Le futur hub intermodal doit améliorer l’interconnectivité entre train, bus et tram, grâce notamment à une nouvelle liaison entre le terminal et la gare ferroviaire souterraine, située sur la liaison dite « Diabolo ».

Selon Brussels Airport, le projet prévoit d’ici 2030 « l’amélioration de la connexion avec la gare de trains souterraine, le réaménagement de la gare routière centrale et de la zone des taxis, et l’installation d’une nouvelle plateforme pour les bus intercités et le terminus du tram de l’aéroport ». À terme, le futur pôle intégrera sous un même toit bus, trains, tram et autocars longue distance, pour un investissement annoncé de l’ordre de 100 millions d’euros pour la seule composante intermodale.

Objectif : moins de voitures et une meilleure accessibilité en transport public

Au-delà de la seule réorganisation des bus, Brussels Airport inscrit ce déménagement dans une stratégie plus large de réduction de la part de la voiture individuelle dans l’accès à la plateforme. L’aéroport vise un « changement multimodal : moins de voitures, plus d’options » et ambitionne de ramener à 65% d’ici 2027 la proportion de passagers et de personnel recourant à la voiture, avec un objectif intermédiaire de 50% à l’horizon 2025 pour certains publics.

Cette stratégie de mobilité durable s’articule avec l’arrivée programmée du tram de l’aéroport, dont l’entrée en service est attendue autour de 2030, et dont les travaux ont été lancés au printemps 2026 par le consortium emmené par BESIX. La future ligne reliera Bruxelles-Nord à l’aéroport en environ 30 minutes, avec 12 kilomètres de double voie, neuf arrêts et 13 kilomètres de pistes cyclables séparées le long du corridor, ce qui doit contribuer à détourner jusqu’à 10% des trajets terrestres des passagers vers les transports publics dès la première année complète d’exploitation.

Pour l’exploitant, ce repositionnement est aussi une réponse à la croissance attendue du trafic passagers, estimé à 32 millions de voyageurs d’ici 2032, contre environ 24 millions en 2024. « En facilitant les connexions entre les différents modes de transport (train, bus, tram, vélo, voiture), Hub 3.0 renforcera la mobilité pour toutes celles et ceux qui vivent à proximité de l’aéroport », insiste Brussels Airport, qui présente ce chantier comme une transformation au bénéfice des passagers, des employés et des riverains.

Une étape pour les opérateurs de bus et les usagers

Pour les opérateurs de transport public, De Lijn et la STIB en tête, la concentration de leurs lignes sur une gare routière temporaire unique offre l’avantage d’une organisation claire pour l’usager, même si le cheminement piéton s’allonge légèrement. La présence des services intercity comme Flibco, FlixBus ou Airport Express au sein de ce même pôle renforce le caractère de « gare routière complète » de la nouvelle installation, en préfiguration de la future plateforme de bus intercités annoncée dans Hub 3.0.

Brussels Airport déplace sa gare routière pour bâtir son hub intermodal  1 Air Journal

©Brussels Airport