La République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à retrouver le long-courrier avec le lancement, à l’été 2026, d’une liaison directe Kinshasa–Bruxelles opérée par Air Congo en partenariat avec Ethiopian Airlines, marquant le retour du pays sur la carte aérienne intercontinentale.
Un nouveau Kinshasa–Bruxelles pour 2026
Selon un projet en cours de finalisation, Air Congo ambitionne d’ouvrir en juillet 2026 une ligne directe entre l’aéroport de N’Djili à Kinshasa et Bruxelles, capitale belge et principal point de chute de la diaspora congolaise en Europe francophone, hors France.
Cette route, aujourd’hui assurée en vols directs par Brussels Airlines, complétée par des offres en correspondance via Addis-Abeba pour Ethiopian Airlines et via Paris pour Air France, redeviendrait ainsi un axe majeur pour le pavillon congolais, dans un marché historiquement dense entre la RDC et la Belgique.
Les autorités congolaises présentent ce projet comme un jalon clé de la « reconquête » du ciel international par la RDC après des années de présence limitée sur le long-courrier, dans un contexte où plusieurs transporteurs congolais ont été confrontés à des difficultés financières, de flotte et de conformité réglementaire.
Air Congo, nouveau pavillon national adossé à Ethiopian
Air Congo est la nouvelle compagnie nationale de la RDC, lancée officiellement le 1er décembre 2024, avec Ethiopian Airlines comme partenaire stratégique et actionnaire minoritaire à hauteur de 49%, l’État congolais conservant 51% du capital et le contrôle majoritaire. La jeune compagnie a démarré ses opérations avec deux Boeing 737-800 loués à Ethiopian Airlines, d’abord sur un réseau intérieur reliant notamment Kinshasa à Lubumbashi, Goma, Kisangani et d’autres grandes villes du pays.
« Le lancement d’Air Congo est une étape significative dans notre plan stratégique visant à collaborer avec les gouvernements africains et à renforcer le transport aérien sur le continent », déclarait Mesfin Tasew, directeur général du groupe Ethiopian Airlines, lors de l’annonce du partenariat en décembre 2024. Selon lui, ce projet doit « offrir une meilleure connectivité à la RDC et à l’Afrique centrale, faciliter l’investissement, le commerce et le tourisme et contribuer à la croissance socio-économique de la région ».
Une montée en puissance d’abord régionale
Avant de viser Bruxelles, Air Congo déploie une stratégie graduelle centrée sur le domestique et le régional, conformément au schéma classique des nouveaux pavillons africains adossés à un grand partenaire. Dès fin 2024 et 2025, la compagnie s’est concentrée sur le marché intérieur, puis a annoncé sa première vague de destinations régionales avec, à partir de mars 2026, des vols vers Entebbe, Johannesburg, Cotonou, Douala et Dar es-Salaam, complétant un maillage en Afrique centrale, orientale et australe.
Selon des sources locales, les premiers vols internationaux, lancés le 22 mars 2026 vers Johannesburg (via Lubumbashi) et Entebbe, ont marqué l’entrée d’Air Congo sur la scène africaine, suivie le 28 mars par des inaugurations vers Cotonou et Douala. Cette montée en puissance régionale vise à préparer un futur rôle de hub à Kinshasa, où le transporteur ambitionne de concentrer des flux en provenance des provinces congolaises et des pays voisins avant de les acheminer vers l’Europe ou le Moyen-Orient.
Renforcement du domestique avec des ATR 72-600
La perspective de la liaison Kinshasa–Bruxelles s’appuie sur un renforcement préalable du réseau intérieur, fondement indispensable pour alimenter tout long-courrier. Air Congo prévoit ainsi l’arrivée de deux ATR 72-600 supplémentaires, destinés à ouvrir ou densifier des dessertes domestiques vers des villes comme Beni, Bunia, Isiro, Gbadolite, Muanda et Kalemie, avec l’objectif affiché de « fournir une connectivité aérienne qui soutienne le développement économique et social » du pays, selon son directeur général. Ce choix d’appareils turbopropulsés de 70 sièges environ répond aux contraintes d’infrastructures des aéroports secondaires congolais et à la nécessité de proposer des fréquences élevées plutôt que de grosses capacités ponctuelles.
Ethiopian, colonne vertébrale du projet
Le futur vol Kinshasa–Bruxelles s’inscrit dans un modèle désormais bien rodé pour Ethiopian Airlines, déjà impliquée dans plusieurs coentreprises ou compagnies partenaires en Afrique, de Zambian Airways à Malawi Airlines. Dans le cas d’Air Congo, Ethiopian apporte non seulement des avions et de l’assistance technique, mais aussi la gestion opérationnelle et une expertise reconnue en matière de sécurité, de maintenance et de standards internationaux.
Le partenariat prévoit également la formation de personnels congolais – pilotes, hôtesses et stewards, agents commerciaux, techniciens – avec un transfert de compétences explicitement présenté comme un objectif du projet. « Nous remercions le gouvernement de la RDC, tous les partenaires et mes collègues pour leur engagement et leur collaboration qui ont permis de concrétiser ce partenariat », insistait Mesfin Tasew, qui voit dans Air Congo un outil de projection du « New Spirit of Africa », le slogan commercial d’Ethiopian.

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