Un vol KLM reliant Málaga à Amsterdam a été retardé de plusieurs heures samedi soir après la découverte, à bord, d’un réseau wi-fi au nom menaçant évoquant la présence d’une bombe, déclenchant une procédure de sûreté complète et une évacuation de l’appareil, finalement sans découverte d’explosif.
Samedi 9 mai au soir, le vol KLM KL1548, opéré en Boeing 737‑800 entre Málaga (AGP) et Amsterdam‑Schiphol (AMS), s’apprête à décoller vers 20h30 lorsque des passagers remarquent, sur leurs appareils, un point d’accès wi-fi au nom explicite: « Allahu Akbar: there is a bomb on board ». Le message, relayé par plusieurs médias néerlandais dont De Telegraaf, peut être traduit par « Allahu Akbar : il y a une bombe à bord » et est immédiatement signalé à l’équipage. D’après des témoignages relayés par la presse néerlandaise, le réseau est apparu alors que l’avion roulait déjà vers la piste. L’information est rapidement remontée au cockpit, entraînant l’interruption du roulage et le retour de l’appareil vers une zone sécurisée de l’aéroport de Málaga.
Evacuation complète et fouille de l’appareil
Conformément aux procédures de sûreté, la tour de contrôle et les autorités espagnoles sont prévenues et l’alerte à la bombe est traitée comme potentiellement crédible. La Garde civile monte à bord avec des équipes cynophiles, alors que tous les passagers et membres d’équipage sont évacués et dirigés vers une zone séparée du terminal. « Cela a été une grosse intervention. Tout le monde a dû sortir de l’avion. La police a fouillé les bagages et tout l’appareil avec des chiens renifleurs. Finalement, tout s’est avéré être une fausse alerte », témoigne un passager cité dans la presse.
Les soutes, la cabine et les bagages enregistrés sont minutieusement inspectés, l’appareil restant immobilisé au sol pendant plusieurs heures. Aucun engin suspect n’est découvert et, à l’issue des contrôles, les autorités espagnoles autorisent le Boeing 737‑800 à reprendre son programme sous le numéro de vol initial.
KLM invoque la priorité absolue à la sûreté
La compagnie néerlandaise KLM a rapidement confirmé l’incident et la nature du message wi-fi à l’origine de la procédure. « Nous prenons toujours ce type de déclarations extrêmement au sérieux et avons mis en œuvre les mesures de sécurité appropriées, en étroite coopération avec les autorités locales », a indiqué KLM, rappelant que la sécurité des passagers et des équipages reste sa priorité absolue. La compagnie souligne avoir agi en étroite coordination avec les services de sûreté espagnols, conformément aux exigences réglementaires européennes et nationales.
Après la levée de l’alerte, l’avion repart finalement vers Amsterdam avec un retard d’environ trois à quatre heures, l’atterrissage à Schiphol intervenant vers 3h du matin plutôt que peu après minuit comme prévu. D’après des témoignages publiés dans la presse, certains passagers ont préféré renoncer au vol et passer la nuit à l’hôtel, tandis que d’autres ont choisi de poursuivre leur voyage après les explications fournies par l’équipage. « Ils ont rassuré les gens. Le personnel a donné des mises à jour régulières et s’est bien occupé de nous », raconte un voyageur cité par les médias.
Un auteur toujours inconnu, un délit pénal
À ce stade, l’origine du point d’accès wi-fi reste indéterminée. Plusieurs médias néerlandais évoquent la possibilité qu’un passager ait configuré un hotspot personnel avec cette appellation provocatrice, sans qu’aucune confirmation officielle ne permette d’identifier l’auteur. KLM indique qu’« il n’a pas été possible de confirmer d’où provenait le signal », et aucune arrestation n’a été annoncée par les autorités espagnoles.
Aux Pays‑Bas, comme dans de nombreux pays européens, les fausses menaces de bombe constituent une infraction pénale passible de peines de prison et de lourdes amendes. Selon la presse néerlandaise, ce type de canular peut théoriquement être sanctionné de jusqu’à quatre ans d’emprisonnement et plus de 25 000 euros d’amende, sans compter les coûts opérationnels et les perturbations subies par la compagnie, l’aéroport et les autres passagers. Au‑delà de la dimension pénale, l’auteur s’expose aussi à une interdiction de vol sur le réseau de la compagnie concernée.

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