Le groupe Singapore Airlines (SIA) publie des résultats annuels contrastés pour l’exercice 2025/26: un résultat d’exploitation en forte progression, porté par une demande soutenue et des rendements en hausse, mais un bénéfice net en recul en raison d’effets comptables et de la contribution négative d’Air India.
Dans un contexte géopolitique tendu, la compagnie poursuit toutefois le développement de son réseau et de sa flotte.
Résultats: rentabilité opérationnelle en forte hausse
Singapore Airlines signe une performance opérationnelle solide, avec un résultat d’exploitation en hausse de 39% à 2,375 milliards de dollars pour l’exercice clos au 31 mars 2026. Le chiffre d’affaires atteint un niveau record de 20,5 milliards de dollars (+5%).
Cette progression s’appuie sur une demande toujours dynamique dans le transport aérien, confirmant la tendance observée au niveau mondial en 2025, notamment en Asie-Pacifique (IATA). Le groupe a transporté un nombre record de 42,4 millions de passagers (+7,7%), avec un coefficient de remplissage élevé de 87,7%.
Le rendement passager progresse légèrement à 10,4 cents par PKT, tandis que la capacité (+3,4%) reste inférieure à la croissance du trafic (+4,7%), soutenant les marges. En revanche, le bénéfice net recule de 57,4% à 1,184 milliard de dollars. « Cette baisse s’explique principalement par l’absence de la plus-value exceptionnelle liée à la fusion Air India-Vistara enregistrée l’an dernier, ainsi que par la quote-part des pertes d’Air India », souligne Singapore Airlines dans un communiqué.
Fret et coûts: signaux contrastés
Le fret reste sous pression, avec un chiffre d’affaires en recul de 2,1% à 2,17 milliards de dollars, pénalisé par la baisse des rendements (-3,6%), malgré des volumes en légère hausse.
Côté coûts, la facture carburant diminue de 6,7% grâce à des prix moyens plus bas et à des gains de couverture, compensant en partie la hausse des dépenses hors carburant (+5,4%), liée à l’inflation et à l’augmentation de capacité. Mais cette tendance pourrait s’inverser rapidement: la flambée récente des prix du kérosène liée aux tensions au Moyen-Orient ne se reflète encore que partiellement dans les comptes.
Flotte moderne, expansion du réseau, innovation
Au 31 mars 2026, la flotte du groupe atteint 218 appareils (âge moyen: 7 ans et 9 mois), dont 155 avions chez Singapore Airlines (dont 7 cargos) et 63 appareils chez Scoot. Le groupe poursuit son renouvellement avec des Boeing 787-9, 787-10 et 737-8 récemment livrés, et une commande additionnelle de 11 Airbus A320neo annoncée par Scoot en mai 2026.
Le réseau passagers couvre désormais 134 destinations dans 35 pays, avec une complémentarité marquée entre SIA et Scoot, cette dernière desservant 57 destinations exclusives. Plusieurs développements récents illustrent la stratégie d’expansion, incluant de Nouvelles lignes Scoot vers Chiang Rai, Palembang, Medan et Tokyo Hanedn, le renforcement des capacités vers l’Europe, notamment Londres (jusqu’à 6 vols quotidiens avec Heathrow et Gatwick) et Manchester ; l’ouverture prévue de Madrid (via Barcelone) en octobre 2026 ou l lancement de Hangzhou en Chine et montée en puissance en Australie (Sydney Western Airport). Certaines liaisons restent suspendues, notamment Dubaï et Djeddah, en raison du contexte géopolitique.
Le groupe renforce sa stratégie de partenariats, en particulier avec Air India, dont il détient 25,1%. Les accords de partage de codes couvrent désormais 82 destinations. Des coopérations sont également approfondies avec Malaysia Airlines, Vietnam Airlines, ANA et Garuda Indonesia, dans un contexte de consolidation progressive du marché asiatique.
Singapore Airlines investit dans ses produits, avec de nouvelles cabines long-courriers attendues fin 2026 et une modernisation du système de divertissement KrisWorld. Le groupe prévoit aussi l’introduction progressive du Wi-Fi Starlink à partir de 2027.
Perspectives: entre opportunités et incertitudes
Le groupe aborde l’exercice 2026/27 avec prudence. « L’intensification des tensions géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient, constitue un obstacle majeur pour le secteur aérien. L’impact le plus immédiat concerne les prix du kérosène, qui ont plus que doublé depuis le début du conflit, ce qui exerce une pression considérable sur les coûts des compagnies aériennes. Les factures de carburant du Groupe étant généralement calculées avec un certain décalage, cet impact ne se reflète que partiellement dans les résultats de mars 2026. L’impact total devrait se faire sentir au cours de l’exercice 2026/27. Bien que SIA et Scoot aient augmenté leurs tarifs aériens sur l’ensemble de leur réseau, ces ajustements ne compensent pas entièrement la hausse du prix du kérosène, qui constitue le poste de dépenses le plus important du Groupe. En fonction de la durée et de l’évolution de la situation au Moyen-Orient, il pourrait y avoir des répercussions plus larges sur les chaînes d’approvisionnement et les conditions macroéconomiques, affectant ainsi les tendances de la demande », précise Singapore Airlines.
Le doublement récent des prix du carburant constitue un risque majeur, même si le groupe mise sur la flexibilité de son réseau global, la complémentarité SIA/Scoot et la solidité de son bilan ratio d’endettement réduit à 0,62. Dans un secteur encore marqué par une forte volatilité, Singapore Airlines entend capitaliser sur la reprise durable du trafic tout en s’adaptant à un environnement opérationnel instable.

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