Dans un entretien accordé au quotidien italien Corriere della Sera, le PDG de Wizz Air, József Váradi, anticipe « une saison hivernale qui ne sera pas très différente de l’impact du Covid », avec moins de vols et des tarifs tirés vers le haut. Il présente 2026‑2027 comme « encore une période de transition » pour la low cost hongroise, avant un retour à meilleure fortune annoncé « vers la fin de 2027 ».
Marché aérien : un hiver « presque comme le Covid »
Le dirigeant décrit 2026 comme « une année divisée en deux phases », avec un été porté par une demande « forte, intacte » et un hiver qui s’annonce nettement plus difficile. Il s’attend à ce que « les compagnies aériennes les plus fragiles réduisent leur offre » et que les prix augmentent sous l’effet de la pression persistante du coût du carburant.
Sans parler d’un scénario identique à la pandémie Covid, József Váradi estime que la flambée du kérosène va « aspirer la liquidité du secteur ». Selon lui, trois facteurs détermineront l’avenir des compagnies aériennes européennes : « la liquidité disponible », « le degré de couverture contre le risque de marché » et « le type de flotte utilisée, plus ou moins gourmande en carburant ».
Position financière et structure de coûts
József Váradi assure que Wizz Air est « très solide sur chacun de ces fronts », en revendiquant plus de 2 milliards d’euros de liquidités, une bonne couverture carburant à court terme et « la flotte la plus jeune et la moins consommatrice de carburant de toutes les compagnies en Europe », en l’occurrence une flotte de monocouloirs de la famille Airbus A320neo. Dans ce contexte, la low cost hongroise se place « dans une position très favorable pour tirer parti du marché : lorsque les autres se retirent, nous pouvons avancer et prendre les parts laissées ».
Il reconnaît néanmoins que les douze derniers mois ont presque effacé les bénéfices réalisés, en raison de coûts énergétiques « quasiment doublés » et des perturbations opérationnelles, faute d’avions disponibles. « Wizz Air est malheureusement encore inefficiente en raison de l’immobilisation de plusieurs avions liée aux problèmes des moteurs Pratt & Whitney », explique‑t‑il, en rappelant également l’impact des guerres en Ukraine et au Moyen‑Orient.
Couverture carburant et choc énergétique
Pour l’actuelle saison estivale, József Váradi précise que Wizz Air est « couverte à 84% » sur le carburant, un taux qui tombe à 73% pour les six mois suivants, à la prochaine saison hivernale. « Nous ne payons la différence que sur les 16% restants de notre consommation totale », détaille‑t‑il, tout en confirmant qu’« après l’été » la low cost devra absorber les coûts des 27% non couverts.
Le patron de Wizz Air ne croit pas à un rapide reflux des prix : « Je ne pense pas qu’avant la fin de cette année le prix du kérosène revienne aux niveaux d’avant la guerre en Iran », prévient‑il. Il évoque « les dommages aux infrastructures » dans le Golfe, « les chaînes d’approvisionnement alternatives » et « les coûts de gestion de ces chaînes » pour justifier un carburant cher à moyen terme voire à long terme, imposant au secteur de « se préparer à des prix élevés sur la durée ».
Stratégie de croissance, Italie au centre
Malgré ce contexte, Wizz Air revendique une croissance bien supérieure à celle du marché européen. En 2026, alors que la capacité globale en Europe n’augmente que de 5 % par rapport à l’an dernier, Wizz Air affiche +33 % de sièges offerts, avec un accent particulier en Italie. « Nous sommes très satisfaits de nos performances en Italie : la demande pour Wizz Air est énorme et nous enregistrons une croissance significative », affirme le dirigeant, en soulignant que sa compagnie progresse « de près de 40% » cette année dans la péninsule italienne.
À ceux qui l’interrogent sur un éventuel excès de capacité, il répond que « la demande existe, et c’est pour cela que nous investissons ». Il concède cependant que « toutes les initiatives n’ont pas été couronnées de succès », citant notamment les expériences dans le Golfe avec la filiale Wizz Air Abu Dhabi qui a arrêté son activité en juillet 2025. Mais il insiste : « La plupart [des décisions] étaient justes. Et aujourd’hui, notre taille a doublé par rapport à l’avant‑pandémie. »
Sur le plan opérationnel, Wizz Air est encore « en phase de transition ». Les immobilisations liées aux moteurs P&W se traduisent par une flotte amputée et une efficacité dégradée. Cependant, József Váradi annonce un horizon de sortie : « Vers la fin de 2027, l’ensemble de la flotte sera en service. »

©Wizz Airla filiale
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