Le Japon enregistre un afflux record de visiteurs étrangers, et les Français comptent parmi les marchés européens les plus dynamiques en 2026. Entre janvier et avril 2026, quelque 150 700 ressortissants français ont visité l’archipel, un niveau jamais atteint, avec une hausse de 10,3% par rapport à la même période de l’année dernière.
En 2025, le Japon a accueilli 42,7 millions de visiteurs étrangers, dépassant pour la première fois la barre des 40 millions d’entrées sur une année, un nouveau record après les 36,9 millions de touristes de 2024. Dans ce contexte de fréquentation soutenue, la question de la répartition des flux devient centrale. La capitale Tokyo, la ville impériale Kyoto et la métropole méridionale Osaka concentrent une grande partie des visites, au risque de saturer transports, hébergements et sites emblématiques. Comme l’a souligné Yasushi Kaneko, ministre japonais des Transports et du Tourisme, « la concentration des visiteurs étrangers dans certaines régions est très sérieuse. » Pour les voyageurs qui souhaitent contourner cette pression et découvrir un Japon plus diffus, la croisière s’impose de plus en plus comme une alternative pour sortir de la « Golden Route » tout en gardant un accès aux grandes villes.
La croisière pour sortir des sentiers battus
La croisière permet de parcourir l’archipel par la mer, en reliant ports régionaux et villes secondaires souvent négligées par les circuits classiques. Cette approche maritime de l’archipel nippon « a attiré de nombreux visiteurs étrangers au Japon et a contribué à la revitalisation des régions », a indiqué le Ministère japonais du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme dans sa politique de promotion des croisières. En s’éloignant des axes les plus fréquentés, ces itinéraires maritimes offrent un autre visage du Japon, plus maritime, plus provincial, et parfois plus conforme au quotidien des habitants. Ils permettent aussi de limiter les changements d’hôtels et les trajets terrestres, un atout à l’heure où les flux touristiques augmentent et où certaines destinations mettent en place quotas et nouvelles taxes.
Plusieurs professionnels du voyage au Japon se sont positionnés sur ce segment. L’agence Voyages d’exception propose ainsi des croisières au Japon, souvent combinés avec la Corée du Sud, qui mettent l’accent sur la découverte de villes portuaires et de régions moins fréquentées, comme Kyushu ou certaines îles du sud. Les itinéraires maritimes misent sur une approche « au fil de l’eau » qui relie les grands ports de l’archipel et certaines escales en Corée du Sud. À bord de navires de croisière internationaux, les passagers peuvent ainsi relier Tokyo, Osaka ou Kyoto via Yokohama ou Kobe, tout en faisant halte dans des ports moins fréquentés, notamment dans le sud du pays. L’accompagnement francophone et les conférences organisées à bord (animées par exemple par Pascal Boniface de l’IRIS ou l’artiste et calligraphe japonaise Yukako Matsui) offrent une lecture historique et culturelle des escales, ce qui répond à la demande d’un public en quête de clés de compréhension plutôt que d’un simple « tour de carte postale ».
D’autres croisiéristes, à l’image de Ponant, des Maisons du Voyage ou de grandes compagnies internationales comme Royal Caribbean et MSC Croisières, programment également des routes côtières qui privilégient Kobe, Hiroshima, Kanazawa, Kagoshima ou encore les îles méridionales, loin du flux continu qui se concentre sur la « Golden Route » entre Tokyo, Kyoto et Osaka.
Sans se substituer aux circuits terrestres classiques, ces croisières permettent de contourner une partie des contraintes nouvelles imposées aux visiteurs, qu’il s’agisse de quotas d’accès, de taxes d’hébergement en hausse ou d’une réglementation plus stricte sur certains sites emblématiques. Elles offrent une logistique simplifiée, avec un hébergement unique à bord sans changement d’hôtel à chaque étape, des trajets de nuit et des journées complètes consacrées aux visites, ce qui séduit une clientèle qui souhaite à la fois limiter les transferts et explorer un Japon au-delà de Tokyo et Kyoto.
Kyushu, le cœur discret de l’archipel
Parmi les régions qui tirent parti de cette approche par la mer, Kyushu occupe une place à part. Située à l’extrémité sud des quatre grandes îles japonaises, elle reste encore relativement moins fréquentée que Honshu, tout en offrant une densité exceptionnelle de sites historiques, naturels et culturels. Nagasaki, porte d’entrée historique des Européens au Japon, figure ainsi régulièrement au programme des croisières, avec son quartier colonial et son mémorial de la bombe atomique, devenu un passage majeur pour les voyageurs sensibles aux enjeux de mémoire.
Plus au sud, Kagoshima, autre escale présente dans plusieurs itinéraires, permet d’approcher le volcan Sakurajima et les paysages spectaculaires de la baie qui la borde. Fukuoka, souvent programmée par différents armateurs, offre un autre visage de Kyushu : celui d’une métropole dynamique, tournée depuis longtemps vers les échanges avec la Corée et la Chine, avec un front de mer animé, des marchés et des échoppes de street-food qui donnent à voir un Japon urbain mais à taille humaine. Depuis ces ports, les croisiéristes – Voyages d’exception comme d’autres opérateurs – peuvent proposer des excursions vers des stations thermales réputées ou des paysages volcaniques intérieurs, dans la continuité de l’univers des onsen mis en avant par la région.
La mer comme fil conducteur
Aborder Kyushu, et plus largement le Japon, par la mer, c’est renouer avec une histoire longtemps structurée par les côtes, les ports et les communautés littorales. Pendant des siècles, les influences étrangères, les échanges commerciaux et parfois les invasions sont passés par ces baies et ces criques, dont certaines sont aujourd’hui encore des escales de croisière. Vu depuis le pont d’un navire, les reliefs volcaniques, les villages de pêcheurs et les grandes villes portuaires se lisent différemment que depuis les rails d’un Shinkansen ou les autoroutes urbaines.
Cette dimension maritime irrigue aussi l’imaginaire japonais, des estampes d’Hokusai aux œuvres contemporaines où la mer sert de décor à des scènes de contemplation. Pour les voyageurs, elle se traduit par des escales où l’on peut, en une même journée, passer d’un lieu de mémoire à une rue commerçante animée, puis à un bain thermal, la croisière faisant office de fil conducteur entre des univers très contrastés.
Croisières et découverte de Kyushu
Les programmes incluant Kyushu, qu’ils soient opérés par Voyages d’exception ou par d’autres compagnies, s’articulent souvent autour de quelques escales clés : Fukuoka, Nagasaki, Kagoshima, parfois complétées par d’autres ports régionaux selon les itinéraires. À chaque escale, les passagers disposent de temps libre ou de visites organisées, qu’il s’agisse de découvrir un quartier historique, un sanctuaire, un marché aux poissons ou un parcours d’onsen à proximité.
Cette manière de voyager permet de concilier la découverte d’un Japon plus authentique au sud de l’archipel et la visite des grandes métropoles de Honshu, souvent incluses en début ou en fin d’itinéraire, via des ports comme Tokyo, Yokohama, Kobe ou Osaka. Pour un nombre croissant de Français, elle apporte une réponse à deux attentes simultanées : explorer le Japon au-delà des cartes postales standardisées, tout en s’éloignant autant que possible des zones où le surtourisme se fait déjà sentir.

@Port Hakata
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