Un Airbus A321 d’Air India opérant un vol domestique entre New Delhi et Amritsar a brièvement pénétré ou frôlé l’espace aérien pakistanais après un incident technique affectant le système de navigation, avant de revenir se poser à Delhi puis de rejoindre sa destination avec plusieurs heures de retard.
L’épisode, survenu en début de semaine au-dessus d’une zone particulièrement sensible, fait l’objet d’investigations de routine des autorités indiennes, tandis que le rôle d’Air Traffic Control (ATC) pakistanais est salué pour avoir rapidement signalé la dérive de trajectoire.
Un vol Delhi–Amritsar qui dérive vers la frontière
Selon plusieurs médias indiens, l’incident concerne un Airbus A321 d’Air India assurant un vol entre l’aéroport international Indira-Gandhi de New Delhi et l’aéroport Sri Guru Ram Dass Jee d’Amritsar, dans le Pendjab. Le vol devait effectuer un court trajet d’environ 45 minutes vers le nord-ouest.
Peu après le départ, l’appareil a rencontré un « problème technique » sur son système de navigation, provoquant une dérive de la route prévue vers l’ouest, en direction de la frontière internationale avec le Pakistan. L’avion, alors en montée vers son niveau de croisière, s’est écarté du couloir de navigation habituel de la liaison Delhi–Amritsar, jusqu’à pénétrer ou s’approcher à moins d’un mille nautique de l’espace aérien pakistanais, selon des sources aéroportuaires citées par la presse.
Rôle clé du contrôle aérien pakistanais
Côté opérations, plusieurs médias mentionnent que ce sont les contrôleurs aériens pakistanais qui identifient les premiers la dérive de l’appareil. D’après l’agence de presse UNI, « l’avion a brièvement pénétré l’espace aérien pakistanais après un incident sur le système de navigation, avant de revenir en toute sécurité dans l’espace aérien indien, alerté par le contrôle aérien pakistanais », citant des sources officielles.
Le Times of India évoque, de son côté, un A321 « volant dans un rayon d’un mile environ de la frontière internationale », tout en indiquant que les manœuvres du vol ont été « coordonnées avec le contrôle aérien de Lahore ».
Congestion à Amritsar, retour à Delhi et inspection technique
Une fois la trajectoire corrigée, le vol poursuit sa route vers Amritsar, où il se présente en approche vers 22 h 30. Mais l’espace terminal de l’aéroport est alors particulièrement chargé, et l’avion ne dispose pas immédiatement d’un créneau d’atterrissage. Face à la congestion et à d’autres contraintes opérationnelles, les contrôleurs aériens et le centre de contrôle décident de renvoyer le vol vers Delhi, plutôt que de prolonger l’attente en circuit d’attente au-dessus du Pendjab.
L’Airbus A321 revient donc à son point de départ et se pose de nouveau à Indira Gandhi International pour une inspection technique, notamment du système de navigation incriminé. Il s’agit d’une mesure classique dans ce type d’événement : toute anomalie affectant les instruments de navigation – FMS, IRS, récepteurs GNSS ou interfaces de pilote automatique – impose un contrôle approfondi au sol avant reprise commerciale.
Reprise du vol et arrivée avec plusieurs heures de retard
Après l’inspection et les vérifications techniques, l’appareil est jugé apte à reprendre du service, les services opérations d’Air India obtenant les autorisations nécessaires pour relancer la rotation vers Amritsar. Le vol repart de Delhi pour la deuxième fois et rejoint finalement le Pendjab sans nouvel incident, mais avec près de quatre heures de retard sur l’heure initialement prévue d’arrivée.
Le Times of India indique qu’une enquête a été ouverte pour « déterminer la cause précise de la déviation de route », tout en relativisant le caractère exceptionnel de ce type de situation en rappelant que des avions de compagnies pakistanaises peuvent eux aussi, à l’occasion, pénétrer l’espace aérien indien ou s’en approcher, sous coordination ATC. La question centrale pour les enquêteurs sera d’établir si l’événement relève d’un incident purement technique, d’une mauvaise saisie de plan de vol ou d’une combinaison de facteurs incluant facteurs humains et environnementaux.
Un contexte de tension latente autour de l’espace aérien
Depuis le printemps 2024, l’espace aérien entre l’Inde et le Pakistan est placé sous un régime de fortes restrictions, avec une interdiction de survol réciproque qui concerne directement les compagnies indiennes. À la suite d’une série d’incidents et d’attaques dans la région du Cachemire, Islamabad a d’abord fermé son espace aérien aux avions immatriculés ou exploités par des transporteurs indiens, interdisant explicitement « à tout vol opéré par des lignes aériennes indiennes d’emprunter l’espace aérien pakistanais ».
New Delhi a répliqué en fermant en miroir son ciel aux compagnies pakistanaises, mesure prolongée à plusieurs reprises, au point que les autorités des deux pays ont décidé de maintenir cette interdiction mutuelle de survol au moins jusqu’à l’été 2026, selon des NOTAM et communiqués repris par plusieurs médias spécialisés. Concrètement, les compagnies indiennes comme Air India, IndiGo ou Vistara doivent contourner le Pakistan via l’Iran ou le Golfe pour leurs liaisons moyen- et long‑courrier vers l’Europe et le Moyen‑Orient, avec à la clef des temps de vol allongés, une consommation de carburant accrue et une sensibilité politique maximale à toute incursion, même involontaire, dans l’espace aérien pakistanais, comme celle attribuée au vol Delhi–Amritsar d’Air India.

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