Nantes Atlantique met en scène sa fauconnerie unique en France à travers une œuvre vidéo d’Anne‑Charlotte Finel, tout en rappelant le rôle essentiel de ses buses de Harris dans la sécurité aérienne et la préservation de la biodiversité. L’aéroport nantais, seul aéroport civil français à disposer de sa propre fauconnerie, s’inscrit ainsi au cœur du Voyage à Nantes 2026, entre culture, patrimoine et gestion du risque animalier.

Une œuvre vidéo née au cœur de l’aéroport

Atlantique est présentée du 4 juillet au 6 septembre 2026 dans les cryptes de la cathédrale Saint‑Pierre‑et‑Saint‑Paul, où elle constitue l’une des pièces centrales du parcours estival « Le Voyage à Nantes » consacré cette année à l’élément Terre. L’œuvre a été tournée entre janvier et février 2026 sur le terrain de Nantes Atlantique, dans les premières heures du jour et à la tombée de la nuit, au plus près des équipes de fauconnerie de la plateforme.

Accompagnée de Margaux Fievet, Anne‑Charlotte Finel a suivi les fauconniers lors de leurs rondes d’effarouchement sur les pistes et dans les espaces naturels qui bordent l’aéroport. Par une approche contemplative, la vidéo révèle un paysage habituellement hors champ pour les passagers : un territoire où cohabitent pistes, balisage lumineux, prairies, zones humides et silhouettes de rapaces en vol.

Nantes Atlantique, seule fauconnerie aéroportuaire civile en France

Au‑delà de l’aspect artistique, le projet met en avant une spécificité opérationnelle : Nantes Atlantique est « en France, […] le seul aéroport civil à posséder sa propre fauconnerie ». Trois buses de Harris, bientôt quatre, y vivent à demeure et sont entraînées quotidiennement sur l’aéroport, rejointes depuis 2025 par un faucon sacre pour couvrir des profils de vol plus hauts et des attaques en piqué.

La fauconnerie complète les moyens classiques du Service de Prévention du Risque Animalier (SPR) – fusées détonantes, pistolets effaroucheurs, haut‑parleurs diffusant cris d’alarme – en privilégiant une méthode naturelle de gestion du péril aviaire. Selon la Direction générale de l’aviation civile, « la fauconnerie : recours à un oiseau de proie dressé […] dont la présence en vol va effaroucher les oiseaux présents » fait partie des outils recommandés pour réduire le risque de collision entre faune sauvage et aéronefs.

Buses de Harris et sécurité aérienne

Les buses de Harris de Nantes Atlantique sont mobilisées principalement lors des périodes les plus sensibles pour les mouvements d’avions, tôt le matin et en fin de journée, quand de nombreux oiseaux se déplacent pour se nourrir. Installées au poing des fauconniers dans un véhicule, elles guettent les abords des pistes ; dès qu’un oiseau vole à proximité des trajectoires de décollage ou d’atterrissage, la buse est lâchée, chasse le volatile, puis revient se poser sur le gant de son accompagnateur.

Chaque saison, l’équipe d’effaroucheurs comptabilise environ 1 500 interventions, combinant sorties avec buses, tirs de fusées, signaux sonores et surveillance du terrain pour limiter les risques de bird‑strike sur les appareils commerciaux. Ces opérations sont intégrées aux procédures de sécurité de la plateforme, aux côtés des équipements de secours, de la lutte contre l’incendie et de la gestion des mouvements d’aéronefs, et contribuent à maintenir la conformité de l’aéroport avec les exigences réglementaires en matière de gestion du risque animalier.

Un environnement naturel de 155 hectares autour des pistes

Le dispositif de fauconnerie s’inscrit dans un environnement singulier : l’emprise de l’aéroport couvre environ 250 hectares, dont 155 hectares d’espaces naturels préservés selon VINCI Airports. Prairies, zones boisées et bassins de rétention accueillent une biodiversité importante, que le gestionnaire entend protéger tout en maîtrisant les menaces aviaires pour les opérations aériennes.

Dans sa politique AIRPACT, VINCI Airports souligne qu’il souhaite « aller au‑delà des exigences réglementaires » en matière de biodiversité, en combinant diagnostics écologiques, partenariats avec des associations locales et utilisation de méthodes alternatives telles que la fauconnerie pour gérer le péril animalier. Nantes Atlantique, où coexistent ruchers, fauconnerie et gestion différenciée des espaces verts (fauches tardives, préservation de la flore pour les pollinisateurs), illustre cette approche qui cherche l’équilibre entre sécurité des vols et respect des écosystèmes, met en avant l’aéroport nantais.

Le regard sensible d’Anne‑Charlotte Finel sur la fauconnerie

En choisissant l’aéroport comme terrain d’exploration, Anne‑Charlotte Finel prolonge une œuvre centrée sur les interactions entre le vivant et les infrastructures contemporaines, qu’il s’agisse de zones portuaires, de friches industrielles ou ici d’un environnement aéroportuaire actif. Atlantique s’intéresse autant aux gestes des fauconniers, à la relation de confiance avec les rapaces, qu’aux contrastes visuels entre le balisage de piste, la lumière rasante et les silhouettes des buses.

L’artiste donne à voir une activité qui reste, pour les passagers, largement invisible derrière la vitre des terminaux : la surveillance méthodique du ciel et du sol, la préparation des oiseaux, la répétition des rondes autour des pistes. À travers ce « regard sensible sur les buses de Harris et le métier de fauconnier », l’œuvre permet de percevoir autrement une composante méconnue de la sécurité aérienne, à la croisée de la biologie, de l’éthologie et de la gestion opérationnelle d’un aéroport régional.

Une démarche aéronautique et environnementale appelée à se diffuser

Si Nantes Atlantique est aujourd’hui le seul aéroport civil français à exploiter sa propre fauconnerie, plusieurs autres plateformes font appel ponctuellement à des fauconniers indépendants pour des campagnes d’effarouchement, et VINCI Airports indique déployer des méthodes analogues dans certains aéroports de son réseau, notamment au Portugal. Cette diffusion de la fauconnerie comme outil de gestion du risque animalier répond à la fois aux contraintes opérationnelles (augmentation des mouvements, diversification des espèces présentes) et à la recherche de solutions moins invasives que les seuls moyens pyrotechniques ou sonores.

Nantes Atlantique, seul aéroport civil français doté d’une fauconnerie, dévoile les coulisses d’un effarouchement alternatif 1 Air Journal

©Anne -Charlotte Finel-Nantes Atlantique / DR