Confrontée à la flambée du kérosène, à une dette lourde et à la nécessité de renforcer sa trésorerie, la compagnie lettonne airBaltic poursuit l’ajustement de son programme de vols. La compagnie lettone suspend plusieurs liaisons au départ de la Lituanie pour l’hiver et réduit certaines fréquences, dans une logique plus large de redéploiement de capacité sur les marchés les plus rémunérateurs.

AirBaltic suspend trois liaisons au départ de Lituanie

AirBaltic va suspendre, pour la saison hiver, les liaisons Vilnius–Berlin, Vilnius–Dubaï et Palanga–Tenerife. La compagnie prévoit également de diminuer ses fréquences entre Vilnius et Tallinn, afin d’adapter son offre à la demande hivernale attendue. Les réservations déjà effectuées restent valides et les passagers concernés doivent se voir proposer une solution de remplacement ou un remboursement, selon les modalités applicables.

La formule de la compagnie est prudente : son réseau serait « régulièrement réévalué » au regard de la demande, de la saisonnalité, des considérations commerciales et de la conjoncture générale du marché. En pratique, cette revue vise à rapprocher la capacité — c’est-à-dire le nombre de sièges proposés — de la recette réellement susceptible d’être générée par chaque ligne.

Il convient toutefois de nuancer l’idée d’un désengagement massif de la compagnie en Lituanie. Après ces ajustements, airBaltic conserve 20 liaisons directes depuis Vilnius et deux depuis Palanga. La desserte de Kaunas avait déjà disparu au printemps, avec la suspension de la courte ligne Kaunas–Riga.

Le précédent Kaunas–Riga, victime du prix du kérosène

Le 7 mai, airBaltic avait arrêté sa liaison entre Riga et Kaunas, inaugurée seulement à la fin mars. La route, conçue pour alimenter le hub de Riga et ses correspondances, n’aura donc survécu que quelques semaines. Mantas Vrubliauskas, vice-président chargé de la gestion du réseau, avait alors justifié cette décision par l’envolée du coût du carburant : « Les coûts de carburant ont augmenté à un tel niveau que nous avons décidé de suspendre la route plutôt que d’augmenter les tarifs à un niveau qui aurait rendu les billets inabordables pour nos passagers. C’était une décision difficile, mais nécessaire. »

La liaison saisonnière Vilnius–Cracovie, initialement programmée à deux vols hebdomadaires entre fin mai et fin août, avait elle aussi été retirée du programme. Les fichiers horaires ont également fait apparaître, au printemps, des réductions ciblées sur plusieurs axes au départ de Riga, notamment vers Alicante, Chișinău ou Oulu.

À Riga aussi, un programme passé au crible

La Lituanie n’est donc pas un cas isolé. Dès avril, airBaltic avait confirmé l’ajustement d’environ 5% de son programme prévu au départ de Riga en mai. La compagnie avait privilégié des suppressions ciblées pour préserver l’intégrité du reste de son réseau et maintenir, autant que possible, des prix accessibles.

Cette méthode révèle la transformation de la logique de réseau. Il ne s’agit plus seulement de supprimer ponctuellement un vol mal rempli : le transporteur arbitre désormais entre les dessertes qui alimentent efficacement son hub de Riga, celles qui disposent d’une clientèle point-à-point suffisamment solide et celles dont les coûts ne sont plus couverts par les recettes.

Dette et besoin de capitaux

Cette rationalisation intervient alors qu’airBaltic reste fragilisée sur le plan financier. La compagnie a enregistré une perte nette de 70,1 millions d’euros au premier trimestre 2026, contre 29,3 millions un an auparavant, dans un contexte marqué par la hausse des coûts de maintenance, des charges de personnel, des redevances et du kérosène.

La compagnie, dont la flotte est entièrement constituée d’Airbus A220-300, cherche parallèlement un investisseur stratégique. Son conseil d’administration a reconnu que le capital négatif accumulé et l’endettement obligataire à taux élevé n’étaient pas soutenables à long terme. L’enjeu est désormais de restaurer une structure financière viable sans compromettre le rôle d’airBaltic dans la connectivité des pays baltes.

Kérosène, dette, rentabilité : airBaltic réduit la voilure en Europe 1 Air Journal

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