Les acteurs du transport aérien et du tourisme demandent à la Commission européenne de prolonger jusqu’en 2027 les mesures de flexibilité du système européen d’entrée-sortie (EES) aux frontières de l’espace Schengen. Ils redoutent un retour de longues files d’attente aux aéroports, dans les ports et aux terminaux ferroviaires depuis l’expiration, le 6 septembre, du mécanisme qui permettait de réduire temporairement les contrôles biométriques en cas de saturation.

Cette demande intervient après un été marqué par des engorgements à certains points de passage. L’EES impose aux voyageurs de pays tiers effectuant un court séjour dans l’espace Schengen l’enregistrement électronique des entrées et sorties, avec collecte d’empreintes digitales et d’une image faciale.

Une « soupape » arrivée à échéance
Le système EES devait être pleinement opérationnel le 10 avril 2026, après un déploiement progressif engagé en octobre 2025. Afin de limiter les perturbations lors des pointes de trafic, les États membres de l’espace Schengen pouvaient temporairement suspendre tout ou partie de la collecte biométrique sur un poste-frontière saturé, tout en enregistrant les mouvements des voyageurs. Neuf États membres, dont l’Italie, le Portugal et la Grèce, avaient déjà demandé à Bruxelles de prolonger le mécanisme de souplesse avant son expiration.

Cette dérogation, souvent décrite comme une « soupape de sécurité », a pris fin le 6 septembre. Depuis le 7 septembre, les autorités frontalières ne disposent plus, en principe, de cette latitude générale pour interrompre les contrôles biométriques lorsque les files deviennent trop importantes. La Commission européenne a confirmé qu’elle n’avait pas annoncé de prolongation globale. Son porte-parole pour les affaires intérieures a toutefois indiqué que Bruxelles restait « en contact étroit et constructif » avec les quelques États membres rencontrant encore des difficultés sur certains points de passage.

Compagnies aériennes et aéroports mobilisés
L’Association du transport aérien international (IATA), Airports Council International Europe (ACI Europe), l’Association of British Travel Agents (ABTA), Ryanair et plusieurs poids lourds du secteur du voyage se mobilisent aujourd’hui pour réclamer une prolongation de la faculté d’adapter les contrôles en cas de congestion. L’objectif est de conserver un dispositif temporaire permettant aux États et aux gestionnaires aéroportuaires de faire face aux pointes de trafic de passagers, le temps de corriger les difficultés opérationnelles et de renforcer les effectifs aux frontières. Thomas Reynaert, vice-président senior de l’IATA pour les affaires extérieures, estime que cette possibilité reste « absolument nécessaire » jusqu’à la résolution des problèmes restant à traiter.

De son côté, Ryanair demande une extension au moins jusqu’en avril 2027. Selon la low cost irlandaise, ce délai permettrait aux aéroports et aux services de contrôle aux frontières de réparer les bornes biométriques défaillantes, d’augmenter les effectifs et de stabiliser les procédures avant une application sans aménagement. « Les passagers ne devraient pas avoir à payer le prix de l’échec du déploiement de l’EES par l’Union européenne », a déclaré Neal McMahon, directeur des opérations de Ryanair, cité par Euronews.

Des risques pour les voyageurs
Les organisations professionnelles estiment que la suppression de cette flexibilité peut augmenter les temps d’attente, en particulier lors des arrivées de plusieurs vols internationaux sur une courte période. Les aéroports accueillant beaucoup de voyageurs britanniques ou provenant d’autres pays non membres de l’Union européenne sont particulièrement concernés.

Le Royaume-Uni ayant quitté l’Union européenne, les citoyens britanniques sont désormais traités comme des ressortissants de pays tiers lors de courts séjours dans l’espace Schengen. Ils doivent donc être enregistrés dans l’EES, au même titre que les autres voyageurs non européens concernés. Outre dans les aéroports, des difficultés sont redoutées dans les ports de la Manche et aux gares internationales où se concentrent un grand nombre de passagers britanniques.

Contrôles biométriques EES : après l’expiration des assouplissements, l’aérien craint le retour des files d’attente 1 Air Journal

@AJ/DR