La compagnie nationale lettone airBaltic veut lever jusqu’à 257 millions d’euros via une émission obligataire de très court terme, assortie d’un taux annuel de 25%. Cette coûteuse solution de trésorerie doit lui permettre de financer sa restructuration, marquée par une réduction sévère de sa flotte d’Airbus A220-300 et un recentrage sur Riga.
AirBaltic joue une partie décisive avec ses créanciers. La compagnie, détenue majoritairement par l’État letton et soutenue au capital par Lufthansa, a négocié un financement provisoire pouvant atteindre 257 millions d’euros. Mais les conditions sont particulièrement lourdes : les nouvelles obligations, dites super senior, seraient rémunérées à 25% par an et arriveraient à échéance dès le 26 février 2027. Initialement prévue le 11 septembre, l’assemblée virtuelle des porteurs d’obligations a toutefois été reportée au 15 septembre, sans explication détaillée de la part de la compagnie. Les détenteurs de la dette existante doivent autoriser cette opération, indispensable à l’accès aux fonds.
180 millions d’euros rapidement disponibles
Si les validations requises sont obtenues, airBaltic espère débloquer une première tranche de 180 millions d’euros rapidement. Les 77 millions restants seraient versés ultérieurement, sous réserve de conditions supplémentaires. Le financement est soutenu notamment par Polus Capital Management, basé à Londres, qui s’est engagé à souscrire au moins la moitié de la nouvelle émission, ainsi que par la société d’investissement israélienne Klirmark Capital. Ces liquidités doivent couvrir des besoins immédiats : refinancement d’engagements liés aux avions et aux moteurs, mais aussi dépenses opérationnelles telles que maintenance, réparations et redevances aéroportuaires.
Le taux affiché de 25% ne signifie pas nécessairement qu’airBaltic paierait une année complète d’intérêts : l’emprunt ne courrait, en l’état, que jusqu’à fin février 2027. Il illustre néanmoins le niveau de risque que les investisseurs associent désormais au transporteur balte.
Une dette prioritaire qui inquiète
Le point le plus sensible pour les créanciers historiques réside dans le rang de remboursement. Les nouvelles obligations seraient prioritaires sur une partie des garanties, comprenant huit avions et sept moteurs. Les détenteurs des obligations existantes de 380 millions d’euros arrivant à maturité en 2029 passeraient ainsi au troisième rang sur ces actifs.
L’approbation nécessite plus de 75% des votes exprimés. Après l’échec d’une première réunion en août faute de participants suffisants, la compagnie a réduit le quorum requis à plus de 25% des détenteurs. La nervosité est déjà visible sur le marché : le rendement des obligations 2029 a atteint jusqu’à 176% le 10 septembre, conséquence de la chute de leur prix et de l’inquiétude des investisseurs — et non du coupon réellement payé par airBaltic.
Moins d’A220 et un réseau recentré
Ce financement-relais s’inscrit dans une remise à plat du modèle de la compagnie. airBaltic prévoyait jadis de bâtir une flotte pouvant atteindre 100 Airbus A220-300 ; son plan révisé prévoit au contraire de ramener les effectifs de 54 appareils à environ 36 d’ici à la fin 2026, avant une remontée progressive vers une quarantaine d’avions en 2031.
La compagnie entend concentrer davantage ses opérations sur son hub de Riga, réduire sa capacité programmée — attendue en baisse d’environ 9% en 2027 — et limiter son exposition aux activités ACMI, c’est-à-dire la location d’avions avec équipage à d’autres transporteurs. Ce financement donnerait à airBaltic le temps et les ressources nécessaires pour mettre en œuvre la restructuration tout en poursuivant ses opérations normales », a déclaré le directeur général de la compagnie, Pauls Cālītis.
Mais cette bouffée d’oxygène ne règle pas le problème de fond. AirBaltic envisage ensuite jusqu’à 225 millions d’euros de dette à plus long terme et 100 millions d’euros de capitaux propres. La réduction de flotte, le redimensionnement du réseau et la recherche d’une recapitalisation durable constitueront donc les véritables tests de la viabilité de la compagnie lettone.

Très bientôt: a commenté :
11 septembre 2026 - 15 h 17 min
Très bientôt une flopée d’A220-300 d’occasion va débouler sur le marché !
rv2Lyon a commenté :
11 septembre 2026 - 15 h 49 min
Pas évident de voir une entreprise étranglée financièrement et dont le personnel est tout sauf motivé depuis des années. Cela sera ressent auprès des passagers qui ne voient pas le service qu’ils attendent d’une compagnie aérienne.