NATS, prestataire chargé du contrôle aérien au Royaume-Uni, a publié un premier rapport sur l’incident qui a fortement perturbé les opérations dans les aéroports britanniques les 8 et 9 septembre 2026.
Selon le rapport préliminaire, l’anomalie est apparue lors du traitement automatique d’une demande de code d’identification attribué à un avion. Une activité considérée comme prioritaire a interrompu cette opération pendant un très court instant. Lors de la reprise du processus, le bug du logiciel, jusqu’alors non identifié, a entraîné une corruption des données de sortie. « Il s’agissait d’un problème logiciel dans une partie spécifique de notre système de données de vol, que nous avons retracé jusqu’à une petite sous-section du code », a indiqué Martin Rolfe, directeur général de NATS (National Air Traffic Services).
Plus de 330 000 voyageurs affectés
La panne a débuté le 8 septembre au centre de contrôle de Swanwick, dans le sud de l’Angleterre. NATS a identifié le problème dans son système de traitement des plans de vol et a appliqué une solution technique dans l’après-midi. Mais les conséquences opérationnelles se sont poursuivies le lendemain, les compagnies aériennes devant repositionner leurs avions et leurs équipages.
NATS précise que la sécurité n’a pas été compromise pendant la panne du système. Le prestataire a toutefois dû réduire fortement les capacités de traitement du trafic, ce qui a entraîné des annulations en cascade et des retards prolongés. Selon le fournisseurs de données aériennes Cirium, environ 1 750 vols ont été annulés le 8 septembre. Au moins 291 autres annulations se sont ajoutées le 9 septembre. Le total dépasse ainsi les 2 000 vols sur deux jours.
L’association Airlines UK, qui représente les compagnies aériennes britanniques, estime que plus de 330 000 passagers ont été touchés. Parmi eux, environ 155 000 ont vu leur vol annulé et près de 180 000 ont subi des retards. Londres-Heathrow a été le principal aéroport concerné. Le hub londonien concentrait la majorité des liaisons annulées, selon les données de Cirium. Londres-Gatwick, Liverpool, Birmingham et Édimbourg ont également subi des perturbations, tandis que l’aéroport de Dublin a annulé plusieurs dizaines de vols.
Les compagnies aériennes réclament des comptes
La crise a ravivé les critiques des compagnies à l’égard de NATS. Les transporteurs ont dû réorganiser leurs programmes, repositionner des avions et des équipages, proposer des réacheminements et prendre en charge des voyageurs bloqués. Reuters évoque des coûts se chiffrant en millions de livres pour les compagnies.
Certaines compagnies aériennes ont appelé au départ de Martin Rolfe, qui a toutefois rejeté ces demandes. Le directeur général de NATS a présenté ses excuses et assuré que des mesures d’atténuation avaient été mises en œuvre dans l’attente d’un correctif définitif. « Le problème a été identifié et des mesures d’atténuation sont en place, le temps qu’une solution permanente sûre soit testée puis déployée », a-t-il assuré.
NATS a également écarté l’hypothèse d’une erreur humaine commise par des opérateurs civils ou militaires. Le gestionnaire du contrôle aérien britannique assure que l’incident n’était pas lié à une cyberattaque.
Une enquête indépendante ordonnée
La ministre britannique des Transports, Heidi Alexander, a jugé les perturbations « totalement inacceptables ». Elle a demandé à l’autorité de l’aviation civile britannique (Civil Aviation Authority ou CAA) de conduire une enquête indépendante sur les conclusions de NATS, mais aussi sur les investissements nécessaires pour renforcer la fiabilité du système. « Nous devons comprendre d’urgence pourquoi ce problème n’a pas été découvert et corrigé avant de provoquer le chaos », a insisté la ministre.
La CAA doit remettre un point d’étape dans un délai de six mois. L’examen devra notamment déterminer si les mécanismes de prévention, de détection et de continuité d’activité de NATS sont suffisants face à ce type de panne.

©NATS
Cet épisode s’ajoute à plusieurs incidents récents dans le contrôle aérien britannique. NATS affirme toutefois que la panne du 8 septembre n’est pas liée à la grande défaillance de 2023, qui avait affecté plus de 700 000 passagers, ni à l’incident radar survenu en juillet 2025.
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