Brussels South Charleroi Airport (BSCA) prévoit l’annulation de 42 vols, arrivées et départs confondus, ce mercredi 23 septembre. La grève nocturne des contrôleurs aériens de Skeyes, engagée depuis le 16 septembre, désorganise fortement la plateforme belge, dont Ryanair constitue de très loin le premier opérateur.
Douze vols devraient être supprimés au cours de la matinée et trente autres en soirée, a indiqué l’aéroport bruxellois dédié aux low cost. Quatorze liaisons supplémentaires pourraient être retardées ou reprogrammées. Les passagers sont invités à consulter le statut de leur vol auprès de leur compagnie avant de se rendre à l’aéroport.
Une grève nocturne jusqu’au 10 octobre
Le mouvement touche les contrôleurs aériens basés à Charleroi, employés par Skeyes, le prestataire belge des services de navigation aérienne. Les arrêts de travail ont lieu chaque nuit entre 22 heures et 8 heures et sont, à ce stade, annoncés jusqu’au 10 octobre inclus. Si l’aéroport ferme habituellement au trafic commercial durant la nuit, l’absence des équipes de contrôle perturbe la préparation du programme du lendemain. Les compagnies doivent notamment avancer, supprimer ou décaler certaines rotations afin de permettre aux appareils basés à Charleroi de regagner la plateforme avant 22 heures et d’y être disponibles au premier départ. Ce mécanisme explique les nombreuses annulations programmées en fin de journée, mais aussi au petit matin.
Depuis le début du conflit, plus de 200 vols ont déjà été annulés, selon BSCA. À la date du 23 septembre, les perturbations cumulées pourraient même atteindre 322 vols supprimés si les prévisions annoncées sont confirmées.
Ryanair en première ligne
Ryanair est mécaniquement la compagnie la plus exposée : Charleroi est l’une de ses principales bases en Europe continentale et concentre une large part des mouvements commerciaux de l’aéroport. Parmi les destinations concernées par le programme de mercredi figurent notamment Venise, Catane, Marseille, Budapest, Alicante, Tirana, Bologne, Bratislava, Pula, Salerne, Figari, Thessalonique, Édimbourg, Dublin, Malte et Milan-Bergame. La liste exacte des vols annulés reste toutefois susceptible d’évoluer au gré des ajustements opérationnels des transporteurs.
Les voyageurs dont le vol est annulé doivent se tourner vers leur compagnie pour les modalités de réacheminement ou de remboursement. Une grève de contrôleurs aériens peut relever de circonstances extraordinaires au regard du règlement européen sur les droits des passagers, ce qui n’exonère pas les compagnies de leur obligation d’assistance — restauration, hébergement si nécessaire et information des voyageurs.
Le différend porte sur les primes de nuit
Au cœur du bras de fer : les primes de travail de nuit. Les contrôleurs de Charleroi demandent un alignement sur le régime dont bénéficient leurs collègues de Liège. Cette revendication s’inscrit dans la perspective d’une future tour de contrôle numérique, ou « Digital Tower », depuis Namur, appelée à gérer à terme les trafics de Charleroi et de Liège.
Skeyes a soumis une proposition prévoyant, à partir du 1er octobre 2028, une rémunération structurelle additionnelle de 10 000 euros bruts par an et par contrôleur dans le cadre de cette nouvelle organisation. Quatre versements liés aux étapes de transition représenteraient également jusqu’à 10 000 euros bruts supplémentaires sur dix-huit mois. La direction a demandé l’arrêt du mouvement pour permettre la reprise des négociations, sans parvenir pour l’heure à débloquer la situation.

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