L’Autorité aéroportuaire israélienne (IAA) a demandé le retrait, avant le 31 décembre 2026, de 19 avions ravitailleurs de l’US Air Force basés à l’aéroport de Tel-Aviv-Ben-Gourion. En cause : la reprise du trafic commercial, qui réduit les marges de manœuvre de la principale plateforme aérienne israélienne et fait craindre retards, restrictions, voire annulations de vols.
Ben-Gourion veut récupérer ses capacités civiles
La cohabitation entre trafic commercial et présence militaire américaine atteint ses limites à l’aéroport Ben-Gourion. Dans une lettre adressée au ministère israélien de la Défense, le directeur général de l’Autorité aéroportuaire israélienne, Sharon Kedmi, a demandé que les 19 ravitailleurs de l’US Air Force encore stationnés sur la plateforme soient évacués d’ici à la fin de l’année, selon la chaîne israélienne N12.
L’IAA ne remet pas en cause l’utilité stratégique du déploiement américain, dans un contexte régional toujours tendu. Mais elle estime que l’utilisation durable d’aéroports civils par des appareils militaires lourds n’est plus tenable au regard de la remontée du trafic passagers. « Le maintien d’opérations militaires dans les aéroports civils, dans le format actuel, n’est plus possible », a fait valoir Sharon Kedmi dans la lettre rapportée par plusieurs médias israéliens. Les avions concernés sont des appareils de ravitaillement en vol — sans précision publique sur leur type exact — dont l’envergure, les besoins de manutention et l’immobilisation prolongée sur le tarmac pèsent directement sur la disponibilité des postes de stationnement.
Parkings, créneaux et retards
Le nœud du problème est opérationnel : Ben-Gourion doit réserver ses parkings avions, ses voies de circulation et ses créneaux de décollage et d’atterrissage aux compagnies aériennes. L’IAA anticipe en 2027 un retour du trafic à des niveaux comparables au record de 2019, ce qui exigerait, selon elle, la pleine disponibilité des infrastructures civiles. La plateforme est déjà soumise à une forte pression. Le président de l’IAA, Yiftah Ron-Tal, évoquait récemment jusqu’à 90 000 passagers par jour et assurait que l’espace aérien resterait ouvert au trafic commercial. Dans le même temps, Sharon Kedmi avertissait qu’un ravitailleur américain supplémentaire à Ben-Gourion pourrait obliger l’aéroport à réduire son programme de vols : « Si cela se produit, nous commencerons à annuler des vols », déclarait-il.
L’Autorité aéroportuaire affirme que la présence de ces appareils a déjà réduit le nombre de positions disponibles pour les avions de ligne et contribué à des retards importants. Le maintien des ravitailleurs au-delà de l’échéance fixée pourrait donc se traduire par des restrictions de programme commercial, sinon par des annulations.
Ramon également concerné
La demande israélienne ne se limite pas à Ben-Gourion. À l’aéroport Ramon, près d’Eilat, les opérations nocturnes régulières des ravitailleurs américains doivent prendre fin le 1er novembre. Les informations publiées localement évoquent une exploitation de Ramon limitée aux heures diurnes, notamment en raison de contraintes de personnel et de la charge supportée par les équipes aéroportuaires.
L’IAA souhaite aussi formaliser un accord avec la partie américaine sur les coûts liés à ces déploiements : sécurité, maintenance et exploitation des infrastructures. Cette dimension financière s’ajoute donc à l’enjeu de capacité, alors que l’utilisation de Ramon comme solution de délestage ne paraît pas pouvoir absorber durablement les besoins militaires américains.
Une équation sensible pour Washington et Tel-Aviv
La demande illustre le dilemme d’Israël : préserver l’appui militaire américain tout en maintenant la continuité du transport aérien civil, essentielle à la mobilité du pays et à son économie. À ce stade, aucune réponse publique des autorités américaines ou du ministère israélien de la Défense sur le devenir précis des 19 appareils n’a été rapportée. La date du 31 décembre 2026 fixe toutefois un nouveau calendrier : à défaut de redéploiement des avions ravitailleurs américains, Ben-Gourion pourrait devoir arbitrer entre les besoins militaires alliés et son programme de vols commerciaux.

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