Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, lundi 28 septembre, la compagnie espagnole Swiftair à 225 000 euros d’amende, la peine maximale, pour le crash du vol AH5017 en 2014. Les juges ont retenu des négligences dans la formation et l’entraînement de l’équipage du MD-83, qui avaient contribué à l’accident ayant coûté la vie aux 116 personnes à bord.

AH5017 : une condamnation douze ans après

Plus de douze ans après la disparition du vol Air Algérie AH5017 dans le nord du Mali, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré Swiftair coupable d’homicides involontaires. Selon le compte rendu du jugement rapporté par l’AFP, les « négligences » de la compagnie dans la formation et l’entraînement des pilotes ont « contribué de façon certaine à l’accident ». Le tribunal a prononcé une amende de 225 000 euros, conforme aux réquisitions du parquet. La défense avait demandé la relaxe.

Le 24 juillet 2014, le McDonnell Douglas MD-83 immatriculé EC-LTV assurait la liaison Ouagadougou–Alger pour Air Algérie. L’appareil était exploité par Swiftair et affrété avec son équipage. Environ 32 minutes après son décollage, il s’est écrasé près de Gossi. Les 110 passagers, dont 54 Français et 23 Burkinabés, ainsi que les six membres d’équipage espagnols ont péri. Le rapport d’enquête malien précise que l’avion appartenait à Balcargo S.L., tandis que Swiftair en était l’exploitant : une distinction utile alors que la compagnie est parfois présentée comme sa propriétaire.

Givrage des capteurs et décrochage

L’enquête de sécurité, conduite par le Mali avec l’assistance technique du Bureau d’enquêtes et d’analyses en France (BEA), a reconstitué une séquence où se mêlent défaillance des données moteur et absence de réaction adaptée. L’équipage n’avait pas activé les systèmes d’antigivrage. Des cristaux de glace ont vraisemblablement obstrué les capteurs de pression situés à l’entrée des moteurs, produisant des indications erronées. L’automanette a alors limité la poussée à un niveau insuffisant pour maintenir le vol à 31 000 pieds.

Tandis que la vitesse diminuait, le pilote automatique a progressivement augmenté l’assiette pour conserver l’altitude. Le MD-83 a fini par décrocher. Selon le rapport, l’équipage n’a pas réagi de manière adaptée à la perte de vitesse, aux avertissements de décrochage, puis à la nécessité d’en sortir. Les données de l’enregistreur des voix du poste de pilotage n’étaient pas exploitables ; la reconstitution repose notamment sur les paramètres de vol et les communications radio.

La formation des pilotes au cœur du procès

Le rapport final relevait qu’aucun des deux pilotes n’avait suivi chez Swiftair d’entraînement ou de contrôle portant sur l’approche du décrochage et sa récupération depuis son arrivée dans la compagnie. Une séance comprenant ces exercices était prévue en novembre 2014, après l’accident. Les enquêteurs mentionnaient aussi un précédent : le 8 juin 2014, un autre MD-83 de Swiftair avait perdu de la vitesse en croisière avec l’automanette engagée. Son équipage avait amorcé une descente et activé l’antigivrage des moteurs avant tout décrochage.

Ces constats éclairent la décision rendue à Paris, sans confondre les deux démarches. L’enquête de sécurité cherchait à établir les causes de l’accident et à prévenir sa répétition, non à attribuer des fautes pénales. Le procès, tenu en mars 2026, portait sur la responsabilité de Swiftair en tant qu’exploitant : derrière les gestes de l’équipage, le tribunal a retenu des manquements de la compagnie dans sa préparation. Le rapport malien a notamment recommandé de mieux informer et entraîner les équipages de MD-80 au décrochage en croisière et de revoir la protection contre le givrage des capteurs moteur.

Crash du vol Air Algérie AH5017 : Swiftair condamnée douze ans après la catastrophe 1 Air Journal

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Crash du vol Air Algérie AH5017 : Swiftair condamnée douze ans après la catastrophe 2 Air Journal

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