Air Corsica a temporairement retiré de l’exploitation cinq de ses sept ATR 72-600 après des signalements répétés d’odeurs inhabituelles, notamment dans les postes de pilotage. L’origine du phénomène reste inconnue. Pour maintenir la desserte de l’île, la compagnie recourt à des avions affrétés, tandis que les investigations doivent se poursuivre plusieurs semaines.
Cinq ATR 72-600 immobilisés
C’est désormais l’essentiel de la flotte de turbopropulseurs d’Air Corsica qui est indisponible. Dans son point du 23 septembre, la compagnie fait état de « signalements récurrents d’odeurs inhabituelles, notamment dans le poste de pilotage » et confirme le retrait préventif de cinq de ses sept ATR 72-600. Pierre Muracciole, président du directoire, a décrit à l’AFP des odeurs pouvant « ressembler à des effluves d’huile », potentiellement incommodantes pour les équipages.
Les recherches sont menées avec l’avionneur ATR, le motoriste Pratt & Whitney Canada et l’équipementier Liebherr. Elles doivent notamment se poursuivre dans les ateliers d’ATR à Toulouse. Air Corsica prévient qu’aucune date de remise en service ne sera annoncée avant la fin des vérifications et la validation des conditions techniques requises.
Pas de défaut généralisé identifié
ATR distingue cette immobilisation volontaire de la découverte d’un défaut de navigabilité. Selon une porte-parole citée par l’AFP le 28 septembre, la décision vise à laisser aux équipes le temps de comprendre le phénomène et de définir d’éventuelles mesures correctives. L’avionneur précise que son origine n’a pas été identifiée et qu’aucun élément ne permet, à ce stade, de conclure à un problème touchant l’ensemble des ATR. Aucune mesure applicable à toute la flotte du constructeur n’a été jugée nécessaire.
La situation n’en demeure pas moins lourde pour Air Corsica : cinq avions immobilisés représentent plus de 70% de sa flotte d’ATR. Ces appareils de 72 sièges sont affectés, selon la compagnie, à des liaisons courtes telles que Corse–Nice, Corse–Lyon ou Marseille–Calvi. Les cinq avions concernés appartiennent à la génération livrée entre novembre 2022 et août 2024.
Des avions affrétés pour assurer les vols
Pour préserver son programme, Air Corsica a organisé des affrètements et redéployé certains de ses Airbus. Son dispositif annoncé le 9 septembre comprenait un A319 d’Amelia, un ATR 72 de Chalair et, les 12 et 13 septembre, un A350 d’Air Caraïbes. Ce gros-porteur devait notamment libérer des A320 d’Air Corsica afin qu’ils remplacent des ATR indisponibles. Ces avions de renfort ne suppriment pas toute incertitude pour les voyageurs : horaires et appareils affectés restent à vérifier avant le départ.
L’opération a aussi un coût. Une source au sein d’Air Corsica a indiqué à l’AFP que les conclusions techniques aideraient à déterminer qui devra supporter la facture des affrètements. Pour l’heure, ni la cause des odeurs ni le calendrier d’un retour complet des ATR ne sont connus.

Aucun commentaire !