L’attaque manquée contre un avion-cargo ukrainien, le 4 août à Leipzig/Halle, prend une nouvelle dimension. Selon le Wall Street Journal, elle s’inscrirait dans une campagne de sabotage intensifiée sur ordre de Vladimir Poutine. Pour le transport aérien européen, l’affaire remet au premier plan la protection des appareils au sol et des chaînes logistiques.

Un cargo Antonov visé par plusieurs drones explosifs

Un appareil stationné, des drones chargés d’explosifs et une détonation qui ne se produit pas : à Leipzig/Halle, l’échec de l’attaque aurait évité un événement autrement plus grave. Dans une enquête publiée le 21 octobre, le Wall Street Journal rapporte qu’au moins trois drones ont été engagés contre cet aéroport de l’est de l’Allemagne, où se trouvait un cargo Antonov utilisé pour acheminer de l’aide militaire à l’Ukraine.

Selon les responsables allemands cités par le quotidien, un premier drone a heurté l’Antonov sans exploser, un deuxième est entré en collision avec un autre avion et un troisième a détoné près du périmètre aéroportuaire. Ce récit apporte des précisions importantes aux premières informations, centrées sur la découverte d’un drone piégé et un incident distinct impliquant un avion de DHL, dont le lien n’était alors pas établi.

Le journal attribue l’opération au renseignement militaire russe, le GRU, sur la foi de responsables allemands. Il rapporte également que les services américains considèrent l’attaque comme l’une des premières opérations d’une campagne renforcée contre les pays de l’Otan, personnellement ordonnée par Vladimir Poutine. Cette dernière affirmation repose sur des responsables européens informés des conclusions américaines, et non sur un rapport de renseignement rendu public. Moscou nie son implication. « Où sont les preuves ? », aurait réagi le président russe début septembre, selon le quotidien.

Leipzig/Halle, carrefour du fret aérien

Le choix de Leipzig/Halle n’est pas anodin. La plateforme accueille le plus grand hub de fret aérien du réseau mondial DHL Express. L’attaque rapportée contre un appareil transportant du matériel destiné à l’Ukraine place ainsi une infrastructure majeure de la logistique civile au contact des tensions liées à la guerre.

Les conséquences opérationnelles peuvent dépasser le seul avion visé. Lors de la découverte de l’engin, les deux pistes avaient été temporairement fermées, entraînant déroutements et retards. Les autorités avaient alors indiqué que les passagers et le personnel n’avaient pas été exposés à un danger immédiat.

Colis incendiaires : un précédent documenté depuis 2024

La menace ne se limite pas aux drones. En juillet 2024, quatre colis contenant des dispositifs incendiaires avaient été expédiés depuis la Lituanie vers le Royaume-Uni et la Pologne. L’un d’eux avait pris feu à Leipzig, peu avant son chargement dans un avion ; d’autres incendies s’étaient produits dans un entrepôt à Birmingham et dans un camion en Pologne. Aucun blessé n’avait été signalé.

Le 6 mars 2026, Eurojust a annoncé que l’enquête commune menée par cinq pays (l’Allemagne, la Lituanie, les Pays-Bas, la Pologne et le Royaume-Uni) avait permis d’identifier 22 suspects en Lituanie et en Pologne. Ces personnes sont soupçonnées d’avoir agi pour le compte du renseignement militaire russe.

À une autre échelle, l’International Institute for Strategic Studies a recensé 144 signalements de drones présumés dans des pays européens entre août 2024 et février 2026. Ce relevé, établi à partir de sources ouvertes, ne constitue ni un décompte d’attaques confirmées ni la preuve d’une responsabilité russe dans chaque événement.

Attaque contre un Antonov à Leipzig : les failles de la sûreté aéroportuaire en question 1 Air Journal

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