Le député sri-lankais Namal Rajapaksa, fils de l’ancien président Mahinda Rajapaksa, est visé par un acte d’accusation comprenant 24 chefs dans l’affaire des achats d’Airbus par SriLankan Airlines. Soupçonné d’avoir reçu 100 millions de roupies de pots-de-vin, il conteste toute irrégularité. Cette procédure relance un dossier lié au renouvellement de la flotte long-courrier de la compagnie nationale, engagé en 2013.
Affaire Airbus : une nouvelle audience le 19 novembre
Présenté le 28 octobre 2026 devant une formation de trois juges de la Haute Cour de Colombo, Namal Rajapaksa reste en détention provisoire. La juridiction a ordonné sa nouvelle comparution le 19 novembre, selon le média sri-lankais Daily Mirror. L’affaire porte sur des soupçons de corruption et de blanchiment d’argent.
Arrêté le 4 septembre après son audition par la Commission d’enquête sur les allégations de corruption, la CIABOC, le parlementaire nie les faits reprochés. L’acte d’accusation vise également Shamindra Rajapaksa, Priyanka Niyomalie et la société Biz Solutions. L’accusation prévoit de faire entendre 59 témoins, rapporte le média spécialisé ch-aviation.
Des transferts à Singapour au cœur de l’enquête
Les enquêteurs cherchent à retracer des flux financiers qui auraient accompagné le contrat aéronautique. Selon les éléments présentés par la CIABOC et rapportés par la presse locale, 800 000 dollars auraient été transférés d’un compte de Biz Solutions à Singapour vers Sabre Vision Holdings, une société liée à l’homme d’affaires sri-lankais Nimal Perera. Ce dernier aurait ensuite versé à Namal Rajapaksa, à plusieurs reprises en 2014 et 2015, un total de 100 millions de roupies en espèces. Ce circuit financier présumé constitue l’un des éléments centraux des poursuites.
SriLankan Airlines : les A350 jamais livrés
Au cœur du dossier figure le programme de renouvellement de flotte lancé en 2013 : six Airbus A330-300 et quatre A350-900 devaient être achetés, tandis que quatre autres A350 devaient être pris en location. Il importe de distinguer ces deux volets, souvent confondus dans les récits de l’affaire. Les A350 n’ont finalement jamais rejoint la flotte de SriLankan Airlines.
Le contentieux a ainsi largement dépassé la seule question pénale. En 2021, la compagnie a réclamé à Airbus un milliard de dollars au titre des dommages subis, notamment pour l’atteinte à sa réputation et les frais engagés. Elle demandait également l’annulation de ses engagements portant sur les quatre A350 achetés et la restitution de 19 millions de dollars d’acomptes. Ces montants correspondent à des demandes de la compagnie, et non à une indemnisation obtenue. 1
Un prolongement du scandale mondial Airbus
La procédure sri-lankaise s’inscrit dans le sillage des enquêtes internationales sur les pratiques commerciales du constructeur européen. Le 31 janvier 2020, Airbus avait accepté de payer plus de 3,9 milliards de dollars dans le cadre d’accords conclus avec les autorités françaises, britanniques et américaines, pour résoudre des affaires de corruption ainsi que des violations de la réglementation américaine sur les exportations de défense.
Le volet britannique concernait notamment des paiements liés au Sri Lanka, mais aussi à la Malaisie, à Taïwan, à l’Indonésie et au Ghana. Ces accords visant Airbus ne préjugent toutefois pas de la responsabilité pénale des personnes aujourd’hui poursuivies à Colombo.
Autre protagoniste du dossier, l’ancien directeur général de SriLankan Airlines, Kapila Chandrasena, a été retrouvé mort pendu à Colombo le 8 mai 2026. Il faisait lui aussi l’objet de poursuites liées à l’acquisition des avions. La police avait alors annoncé enquêter sur les circonstances de son décès.

Aucun commentaire !