Airbus a publié un bénéfice net de 3,59 milliards d’euros pour les neuf premiers mois de 2026, en progression de 36% sur un an. Le chiffre d’affaires augmente de 7%, à 50,6 milliards d’euros, porté notamment par la hausse des livraisons d’avions commerciaux. Malgré un troisième trimestre moins favorable et une consommation de trésorerie persistante, l’avionneur européen maintient ses objectifs annuels, dont environ 870 livraisons d’avions commerciaux cette année.

Des résultats soutenus par la hausse des livraisons
Airbus a livré 547 avions commerciaux entre janvier et septembre, contre 507 sur la même période de 2025. Ce total comprend 68 A220, 428 appareils de la famille A320, 13 A330 et 38 A350. Les revenus de cette activité progressent de 8%, à 36,7 milliards d’euros, grâce à l’augmentation des livraisons et des services. La faiblesse du dollar en atténue toutefois les effets. « Ces résultats sur neuf mois reflètent la montée en puissance de nos activités civiles et militaires, soutenue par une forte demande pour nos produits sur l’ensemble de notre portefeuille », déclare Guillaume Faury, directeur général d’Airbus.

À l’échelle du groupe, le résultat opérationnel ajusté, ou EBIT ajusté, atteint 4,50 milliards d’euros, en hausse de 8%. Cet indicateur vise à mesurer la performance sous-jacente en excluant certains éléments, notamment des effets de change, des charges de restructuration ou des opérations d’acquisition et de cession. Le résultat opérationnel publié progresse plus fortement, de 35%, à 4,55 milliards d’euros.

Indicateur Neuf premiers mois de 2026 Évolution sur un an
Chiffre d’affaires 50,65 milliards d’euros +7%
Résultat opérationnel ajusté 4,50 milliards d’euros +8%
Résultat opérationnel publié 4,55 milliards d’euros +35%
Bénéfice net 3,59 milliards d’euros +36%

Plus de 1 100 commandes nettes d’avions commerciaux
La demande reste soutenue. Airbus a enregistré 1 174 commandes brutes d’avions commerciaux sur neuf mois, contre 610 un an auparavant. Après annulations, les commandes nettes atteignent 1 105 appareils, contre 514 en 2025. Le carnet s’établit à 9 310 avions à la fin septembre.

Le groupe conserve ses objectifs de montée en cadence. Pour la famille A320, il vise une production de 70 à 75 appareils par mois à la fin de 2027, avant une stabilisation à 75. L’objectif reste fixé à 13 A220 par mois en 2028. Sur les gros-porteurs, Airbus prévoit d’atteindre 12 A350 mensuels en 2028 et cinq A330 par mois en 2029.

La hausse de l’activité ne se traduit cependant pas intégralement dans les marges de l’aviation commerciale. Son EBIT ajusté progresse de 3%, à 3,36 milliards d’euros. L’effet positif des livraisons est partiellement absorbé par des dépenses de recherche et développement plus élevées et un taux de couverture de change moins favorable.

Un troisième trimestre en retrait sur le plan opérationnel
Les résultats cumulés des neuf premiers mois masquent un troisième trimestre plus contrasté. Entre juillet et septembre, le chiffre d’affaires du groupe recule de 2%, à 17,47 milliards d’euros, et l’EBIT ajusté diminue de 9%, à 1,77 milliard d’euros. Airbus invoque notamment un volume inférieur de livraisons d’avions commerciaux et une répartition des appareils livrés moins favorable à la rentabilité, également observée dans les hélicoptères.

L’intégration des activités industrielles reprises à Spirit AeroSystems pèse aussi sur les comptes. Sur neuf mois, Airbus comptabilise à ce titre un ajustement négatif de 235 millions d’euros, dont 112 millions au troisième trimestre. Le bénéfice net trimestriel augmente néanmoins de 20%, à 1,34 milliard d’euros. « Dans un environnement géopolitique et opérationnel complexe, nous nous concentrons sur les livraisons tout en maintenant une attention constante à la qualité », souligne Guillaume Faury.

La défense et le spatial améliorent leur rentabilité
Airbus Defence and Space affiche une progression de son activité et de ses résultats sur neuf mois. Son chiffre d’affaires augmente de 5%, à 9,34 milliards d’euros, tandis que son EBIT ajusté bondit de 60%, à 672 millions d’euros. Le groupe attribue cette amélioration à des volumes plus élevés et à une meilleure rentabilité dans l’ensemble des activités de la division. Les prises de commandes atteignent 11,5 milliards d’euros, contre 6,8 milliards un an auparavant.

La situation est moins favorable chez Airbus Helicopters. Malgré des livraisons en hausse, à 226 appareils contre 218, le chiffre d’affaires reste quasiment stable à 5,65 milliards d’euros. L’EBIT ajusté baisse de 10%, à 445 millions d’euros, en raison d’une répartition des livraisons moins favorable. Les commandes nettes atteignent 311 hélicoptères, contre 306 sur les neuf premiers mois de 2025.

La trésorerie dépendra fortement de la fin d’année
Le flux de trésorerie disponible avant financement des clients reste négatif, à −1,27 milliard d’euros, contre −914 millions un an auparavant. Airbus explique cette consommation principalement par l’évolution du besoin en fonds de roulement, notamment l’accumulation de stocks liée aux livraisons concentrées en fin d’année et à la montée en cadence des différentes activités. La trésorerie nette s’établit à 7,04 milliards d’euros au 30 septembre, contre 12,17 milliards à la fin de 2025. Dans le même temps, les dépenses de recherche et développement autofinancées augmentent de 8%, à 2,33 milliards d’euros.

Pour l’ensemble de 2026, Airbus confirme trois objectifs : environ 870 livraisons d’avions commerciaux ; un EBIT ajusté d’environ 7,5 milliards d’euros ; et un flux de trésorerie disponible avant financement des clients d’environ 4,5 milliards d’euros. Avec 547 appareils remis aux clients à la fin septembre, l’avionneur européen doit donc encore en livrer environ 323 au quatrième trimestre pour atteindre sa cible annuelle. Cette perspective souligne le poids des derniers mois de l’année dans l’exécution de son programme industriel.

« Notre feuille de route est claire et nos équipes sont mobilisées pour atteindre nos objectifs », affirme Guillaume Faury. Airbus précise néanmoins que ses prévisions supposent l’absence de perturbations supplémentaires du commerce mondial, de l’économie, du trafic aérien, de la chaîne d’approvisionnement ou de ses opérations internes. Ces objectifs intègrent les droits de douane actuellement applicables, mais sont établis hors opérations de fusion-acquisition.

Airbus : un bénéfice net en hausse sur neuf mois et des objectifs maintenus pour 2026 1 Air Journal

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