Safran se dit en mesure d’accompagner les besoins d’Airbus et de Boeing en moteurs LEAP, tout en poursuivant ses investissements industriels. Avec 1 565 exemplaires livrés sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 26%, le groupe fait état d’une amélioration de ses approvisionnements. Des tensions persistent toutefois chez certains fournisseurs.

Moteurs LEAP : Safran assure tenir ses engagements

Après plusieurs années de tensions industrielles, Safran affiche davantage de confiance dans la montée en cadence du LEAP. Le 23 octobre, son directeur général, Olivier Andriès, a indiqué que CFM International, la coentreprise de Safran et GE Aerospace, livrait dans les délais les moteurs destinés aux familles Airbus A320neo et Boeing 737 MAX. Le groupe poursuit parallèlement ses investissements pour accompagner les besoins des deux avionneurs.

« Nous progressons solidement dans la montée en cadence du LEAP, grâce à l’amélioration des conditions au sein de la chaîne d’approvisionnement », souligne Olivier Andriès dans le communiqué trimestriel de Safran. Le dirigeant confirme sa confiance dans la capacité du groupe à tenir ses engagements pour 2026, malgré un environnement qu’il juge encore incertain.

535 moteurs livrés au troisième trimestre

Cette assurance s’appuie sur une progression mesurable des livraisons. CFM a livré 535 LEAP entre juillet et septembre, contre 511 un an auparavant, soit une hausse d’environ 5%. Le volume augmente également de 5% par rapport au deuxième trimestre. Sur neuf mois, les livraisons atteignent 1 565 moteurs, contre 1 240 sur la même période de 2025 : une progression de 26%. Safran maintient néanmoins pour l’ensemble de 2026 une hypothèse de croissance des livraisons située dans le haut de la dizaine de pour cent. La hausse de 26% enregistrée à fin septembre ne constitue donc pas une nouvelle prévision annuelle.

Autre précision importante : ces chiffres comprennent les moteurs de rechange, et pas seulement ceux destinés à équiper des avions neufs. Safran indique que leur proportion se normalise par rapport au premier semestre.

Au-delà des engagements immédiats, Safran prépare les étapes suivantes, conformément aux demandes des commanditaires. Olivier Andriès veut s’assurer que l’outil industriel sera « prêt à soutenir une cadence de 75 appareils par mois chez Airbus et de 63 pour le 737 chez Boeing ».

Une chaîne d’approvisionnement encore sous surveillance

L’amélioration ne signifie pas la disparition des fragilités. Interrogé par l’AFP, Olivier Andriès cite encore la forge, la fonderie et la disponibilité des matériaux, y compris les terres rares, parmi les « points de vigilance ». Safran conserve d’ailleurs les capacités de production de ses fournisseurs parmi les risques susceptibles de peser sur ses perspectives.

Le motoriste doit aussi accompagner les besoins des flottes en service. Au troisième trimestre, son chiffre d’affaires dans les services a progressé de 19% en dollars, principalement grâce aux contrats LEAP facturés à l’heure de vol. La montée en puissance du programme se joue ainsi sur deux fronts : fournir les moteurs des avions neufs et soutenir leur exploitation dans la durée.

Moteurs LEAP : Safran veut tenir la cadence d’Airbus et Boeing 1 Air Journal

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