TUI fly Belgium va profondément remanier son programme estival 2027 : 17 destinations seront supprimées, tandis que quatre autres rejoindront son offre au départ de Bruxelles-Zaventem (Brussels Airport). La compagnie aérienne entend néanmoins augmenter ses capacités en renforçant les fréquences vers les destinations conservées. Cette réorganisation intervient alors que la maison mère, le groupe allemand TUI, a resserré ses prévisions de bénéfice d’exploitation pour son exercice 2026.
Un réseau réduit à 49 destinations
« Moins de destinations, mais plus de vols » : c’est ainsi que Peter Glade, directeur commercial de TUI Airline, le pôle aérien du groupe TUI, a résumé la nouvelle stratégie lors d’une réunion d’information organisée vendredi à Bruxelles. Le programme belge de l’été 2027 comptera 49 destinations, après le retrait de 17 points du réseau et l’ajout de quatre autres.
Parmi les dessertes supprimées figurent Minorque, dans les Baléares, ainsi que Naples et Catane, en Italie. La réorganisation touchera environ un tiers du programme : selon les chiffres de la présentation rapportés par le média spécialisé Aviation24.be, les hausses de capacité, réductions et retraits affecteront 36% des routes par rapport à l’été 2026.
Ce resserrement du réseau ne signifie toutefois pas une diminution globale de l’offre. TUI fly Belgium prévoit environ 1,9 million de sièges et 11 000 vols en aller simple pour l’été 2027, soit des progressions respectives de 3% et de 4% par rapport à l’été précédent. Le programme comprendra 54 routes desservant 49 destinations, avec une flotte de 19 appareils.
Quatre nouvelles dessertes depuis Brussels Airport
Les quatre ajouts au programme seront proposés au départ de Brussels Airport : Billund, au Danemark ; Ljubljana, en Slovénie ; Essaouira, au Maroc ; et Fès, au Maroc. TUI Airline met en avant une meilleure coordination de ses capacités entre ses différents marchés européens, afin d’adapter son offre à la demande.
TUI fly Belgium annonce parallèlement davantage de vols vers plusieurs destinations déjà établies : Lanzarote et Gran Canaria aux Canaries, Palma de Majorque, Alicante et Reus en Espagne, la Crète, Kos et Rhodes en Grèce, Madère au Portugal, ainsi que Marrakech et Agadir au Maroc.
Des fréquences renforcées pour mieux résister à la concurrence
Le changement répond aux limites d’un réseau très dispersé. TUI fly Belgium avait l’habitude de desservir certaines destinations une ou deux fois par semaine seulement, une organisation jugée vulnérable face à des concurrents disposant d’une présence plus régulière.
« Une autre compagnie pouvait réaliser des bénéfices en vendant des billets les jours où nous ne volions pas et baisser ses prix les jours où elle était en concurrence avec nous, et c’en était fini pour nous », a expliqué Peter Glade, dans des propos rapportés par Le Soir. La compagnie aérienne privilégie désormais « moins de destinations, mais une fréquence plus élevée sur les autres ».
Les destinations conservées sont souvent des « bastions bien établis », selon le dirigeant : des marchés où le groupe dispose notamment d’hôtels et peut s’appuyer sur ses ventes de voyages à forfait pour remplir une partie importante des avions. Tenerife illustre cette complémentarité entre les activités aériennes et touristiques de TUI.
La stratégie vise aussi à développer les ventes de billets seuls et à améliorer l’utilisation des appareils. L’objectif est donc de concentrer les moyens sur les marchés jugés les plus solides, plutôt que de maintenir un nombre élevé de destinations faiblement desservies.
Bruxelles et Ostende restent les bases belges
Le remaniement s’accompagne du retrait annoncé de TUI fly Belgium à Anvers à la fin du mois de mars 2027, à l’issue de la saison hivernale. La compagnie aérienne restera en revanche présente à Brussels Airport et à Ostende-Bruges.
« Il y a un engagement clair à conserver ces deux aéroports comme bases en Belgique », a assuré Arjan Kers, directeur général de TUI en Belgique et aux Pays-Bas. Le recentrage du réseau belge s’inscrit ainsi dans une nouvelle répartition des moyens, sans remise en cause annoncée de ces deux implantations.
À l’échelle de TUI Airline, le programme de l’été 2027 prévoit 17 millions de sièges, soit une croissance de 4,6% par rapport au programme prévu pour l’été 2026. Il comprend 25 nouvelles routes et 11 destinations nouvelles pour l’ensemble du réseau, réparties entre les marchés britannique, allemand, belge et néerlandais. Ces chiffres concernent l’activité aérienne européenne du groupe, et non la seule filiale belge.
TUI a resserré ses prévisions de bénéfice pour 2026
Cette recherche d’efficacité intervient dans un environnement économique plus incertain pour la maison mère. En septembre, le groupe TUI, leader européen du voyage et du tourisme, a ramené sa fourchette de prévision de bénéfice d’exploitation sous-jacent — l’EBIT sous-jacent — à 1,2 à 1,3 milliard d’euros pour son exercice 2026, contre 1,1 à 1,4 milliard auparavant. Il s’agit d’un resserrement de la fourchette, dont le point médian reste inchangé, et non d’un nouvel abaissement uniforme de l’objectif.
Le groupe avait déjà réduit ses ambitions et suspendu ses prévisions de chiffre d’affaires en mars, en raison des conséquences de la guerre au Moyen-Orient. La hausse du prix du kérosène et la prudence des voyageurs compliquent la planification, même si TUI faisait encore état, en septembre, d’une demande solide pour son quatrième trimestre.
« Les premières indications pour la nouvelle saison hivernale laissent présager une poursuite des réservations tardives, dans un contexte d’incertitude géopolitique et économique persistante », expliquait alors TUI dans un communiqué. Le groupe indiquait également que ses mesures de réduction des coûts et d’amélioration de l’efficacité avaient renforcé sa position, avec, dans certains cas, une limitation du nombre de vols proposés.

©TUI Fly Belgium
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