Un rapport du Sénat dénonce les pratiques managériales de certaines low cost

air-journal_Milan-Bergame Ryanair@Luigi Chiesa

Des sénateurs membres de la commission des affaires européennes du Sénat ont publié un rapport intitulé « Concurrence dans le transport aérien : l’indispensable transparence« ‏ dans lequel ils soulignent « l’impérieuse nécessité de combattre les pratiques managériales reprochées à certaines compagnies aériennes low cost« .

Les sénateurs mettent en outre l’accent sur le défi lancé aux compagnies historiques par leurs concurrentes du Golfe, « qui bénéficient d’un environnement économique incomparable« . Ils se réjouissent de la convergence entre leur analyse et celle présentée lundi 7 décembre par la Commission européenne dans sa stratégie aérienne pour l’Europe. Ils relèvent en particulier l’importance d’une approche stratégique de la concurrence et la nécessité de liaisons aériennes directes avec l’Asie. Ils approuvent les négociations bilatérales envisagées par la Commission européenne avec l’ASEAN (association des pays du sud-est asiatique).

Ce groupe de travail est constitué des sénateurs Jean Bizet (Manche – Les Républicains), Simon Sutour (Gard – Socialiste et Républicain), Claude Kern (Bas-Rhin – UDI-UC) et Éric Bocquet (Nord – Communiste, Républicain et Citoyen). Le rapport complet est disponible en téléchargement sur le site du Sénat.

http://www.air-journal.fr/2015-12-11-un-rapport-du-senat-denonce-les-pratiques-manageriales-de-certaines-low-cost-5154923.html

Commentaire(s)

  1. Mieux vaut tard que jamais
    Ils ont attendu que RYR atteigne 90 millions de pax transportés pour demander un peu plus de transparence !
    MOL doit commencer à flipper

  2. flyrelax

    extrait – p 41 – du chapitre consacré aux mesures d’évasion fiscale et autres embrouilles : qui y retrouve-t-on, encore et encore ? la compagnie présidée par Mr David Bonderman, bien sur, comment cela pourrait il être autrement

    je cite

    2. Éliminer l’évasion fiscale comme moyen de financement.

    Une fois encore, le groupe de travail doit proposer un objectif dont il
    est légitime de se demander comment il peut ne pas être déjà satisfait.

    Il suffit pourtant de considérer la structure financière de la plus
    célèbre compagnie low cost européenne, Ryanair, pour observer que ses
    filiales en relation avec le financement ou la location d’avions sont situées
    sur l’île de Man, un paradis fiscal que l’on ne présente plus. Mais cela ne
    semble pas suffire, puisque les entreprises détenant les appareils
    n’apparaissent pas dans l’organigramme, établi en 2013 par Air Scoop en vue
    de sa publication « Ryanair’s Business Model » page suivante.
    D’après les
    auditions organisées par le groupe de travail, ces filiales seraient
    préférentiellement localisées dans l’État du Delaware, qui n’impose pas les
    actifs localisés à l’extérieur de ses propres frontières.
    Les avions qui ne se posent pas dans le Delaware échappent donc à toute imposition sur les actifs de production.

    Dans le même esprit, le recours à des salariés prétendument « travailleurs indépendants », fiscalement domiciliés dans les îles anglo-normandes, évite à ces derniers tout prélèvement fiscal autre que symbolique sur le revenu, et limite les prélèvements sociaux à leur plus simple expression. À qui profite ce dispositif ? Exclusivement à l’employeur, qui verse une rémunération nette comparable à celle que les pilotes auraient conservée sous d’autres cieux après avoir réglé un impôt sur le revenu digne
    de ce nom, ainsi que les cotisations sociales apportant une réelle protection.

  3. Et sur l’abus par certaines compagnies low cost des subventions des collectivités locales?

  4. Il y a bien longtemps déjà que la question sur la pertinence de conserver politiquement le Senat se pose. Et les Sénateurs le savent pertinemment alors, ils tentent aujourd’hui, par des rapports facturés des sommes exorbitantes (le salaire d’un Sénateurs avec toute un batterie d’indemnités diverses est infiniment supérieur à celui d’un Commandant de Bord en fin de carrière d’AF),de justifier leur existance avec des conclusions allant tout à fait dans le sens du vent, politiquement parlant…en pleine période électorale!!!!
    Sans intérêt mais surtout sans suite..

  5. Faire des commissions ou des groupes pour denoncer , c’est Bien! Agir , c’est mieux…

  6. Ces sénateurs devraient aussi prendre en compte que les salaires accordés par les compagnies historiques sont déraisonnables et liés à des condtions de travail anciennes d’un métier qui a complètement changé maintenant. L’indexation immuables de salaires de pilotes d’essai (ou de Formule 1 pour comparer) alors que nous sommes maintenant en présence de pilotes normaux (ou de chauffeur de car pour toujours comparer) qui n’ont plus les risques liés d’antant avec une fiabilité et une assistance qui ont réduit considérablement les soucis en vol et leur permettent même de dormir pendant le vol ! J’aime aussi ajouter que le chauffeur de car n’a pas une voie royale dégagée devant lui et supporte donc plus de stress donc qu’un pilote d’avion qui lui a une voie dégagée grâce au contrôleurs du ciel. Je vois aussi mal le chauffeur de car dormir pendant son travail … Et si le chauffeur de car fait un accident, cela peut, tout comme un pilote d’avion, faire beaucoup de victimes et de dégâts. Et à ceux qui mettent en évidence des études pour devenir pilote … n’oublions pas qu’en un an et demi le dipôme est obtenu, on est donc bien loin des longues années d’étude des chirurgiens ! Les low cost ont l’avantage de ne pas traîner de casseroles salariales derrière, elles, avec indexation automatique et peuvent elles ajuster les salaires aux réalités su monde de l’aérien d’aujourd’hui tout simplement. Je pense sincèrement qu’il y aurait lieu à réviser largement les salaires irréalistes trop élevés des compagnies historiques et peut-être aussi à revaloriser un peu les salaires des low cost, parfois un peu « juste », du moins c’est mon avis.

  7. Vincent

    « Les sénateurs mettent en outre l’accent sur le défi lancé aux compagnies historiques par leurs concurrentes du Golfe, « qui bénéficient d’un environnement économique incomparable« »

    Elles bénéficient surtout d’une politique de dumping financée par leurs Etats propriétaires respectifs, violant ainsi toutes les règles de la concurrence.

    Vendre des Airbus ou sanctionner ces compagnies, évidemment, il faut choisir !

  8. un autre rapport du Sénat intéressant , le rapport 450 intitulé « le Droit en Soute »
    http://www.senat.fr/rap/r13-450/r13-450.html

  9. Ecrire des rapports à la pelle, nos politiques savent faire.

    Par contre, dès qu’il s’agit de mettre en oeuvre les mesures proposées, il n’y a plus personne…

  10. @marc

    Merci pour votre commentaire constructif @marc. Nous sentons bien la profondeur de votre analyse. Continuez à nous éclairer de la sorte c’est un vrai plaisir.

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