Pay to fly: Royal Air Maroc attaque France 3 en justice

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La compagnie aérienne Royal Air Maroc va poursuivre France 3 en diffamation suite à un reportage affirmant qu’elle a recours à un cabinet lituanien pour trouver de jeunes pilotes candidat au pay to fly – prêts à payer pour acquérir de l’expérience.

L’émission « Pièces à conviction » diffusée par la chaine de  télévision française explique que la compagnie nationale marocaine a recours à un cabinet lituanien pour trouver les candidats pilotes, la responsable de ce dernier précisant qu’il « n’y a pas d’évaluation préalable. Vous payez et vous commencez aussitôt ». Ces candidats intègrent alors l’école de pilotage de Royal Air Maroc, où 500 heures de formation sont facturés environ 62.500 euros ; ils servent alors sur des lignes régulières, à bord d’avions transportant des passagers. Cette pratique du pay to fly est légale au Maroc et dans bien d’autres pays, mais interdite en France où les syndicats dénoncent la mise en danger des passagers de par leur inexpérience.

Dans un long communiqué publié le 28 mars 2016, Royal Air Maroc a réagi aux « informations diffamatoires » contenues dans le reportage de France 3, qu’elle « dément catégoriquement ». Elle estime mensongers les propos de la responsable du cabinet lituanien, d’autant plus qu’elle « n’a jamais collaboré avec ledit cabinet ». Aussi, « et en regrettant que les réalisateurs du reportage se soient appuyés sur un faux témoignage pour avancer des conclusions erronées », la compagnie a saisi les autorités judiciaires compétentes eu regard au préjudice subi. Royal Air Maroc affirme qu’elle ne fait « aucun compromis sur la sécurité de ses passagers », et qu’elle reste « très vigilante sur les process de sélection de formation et de suivi de ses pilotes », avant de revenir en détail sur la façon dont elle forme les pilotes.

Durant toute leur formation, explique la RAM, les pilotes marocains et étrangers (depuis 2002 pour ces derniers) « sont encadrés par des Commandants de bord Instructeurs qui totalisent chacun plus de 10 000 heures de vol, et répondent aux plus hauts standards d’exigence au niveau mondial ». Pour accéder à ces sessions de formation, les pilotes doivent « impérativement être titulaires de diplômes et de qualifications délivrés par les autorités européennes », au même titre que les pilotes évoluant dans les grandes compagnies européennes. Royal Air Maroc ajoute qu’elle impose « des conditions de sélection rigoureuses et soumet les candidats à des examens et des contrôles draconiens » pour accéder à ces formations. Une fois retenus, les candidats sont obligés de refaire entièrement le stage de « qualification de type », conformément aux normes et standards de Royal Air Maroc « qui figurent parmi les plus élevés dans le domaine ». A l’issue de ce processus, ils sont obligés de passer un contrôle sur simulateur supervisé par la Direction Générale de l’Aviation Civile marocaine (DGAC), avant de pouvoir assurer des vols en ligne sous supervision du Commandant de bord instructeur de la RAM. Qui conclut que la formation des pilotes étrangers « n’a aucune vocation commerciale. Elle s’inscrit dans la dynamique de mettre à profit son expertise et ses infrastructures de premier plan de la compagnie au service d’une formation qualifiante ».

http://www.air-journal.fr/2016-03-29-pay-to-fly-royal-air-maroc-attaque-france-3-en-justice-5160406.html

Commentaire(s)

  1. EPL 1986
    Publié le 29 mars 2016

    500 heures sur simu c’est largement assez pour une QT….celui qui ne peut passer les sélections doit donc payer pour voler, ce qui a toujours été le cas et on pouvait monter ses heures en aéroclub en n’étant pas rémunéré : remorquage de planeurs, tractage de banderoles, épandage aérien.

    • Publié le 29 mars 2016

      Le gros problème là, c’est qu’en plus de ne pas être rémunéré, il faut payer pour voler.
      Le mec qui fait du remorquage planeur ou de l’épandage, il paie pas ses heures de vol ni le droit de faire ce métier. Il bosse gratuitement c’est vrai, mais à part les frais annexes (nourriture, essence pour la voiture), il a rien d’autre à sortir.

  2. kimi
    Publié le 29 mars 2016

    tunisair et nouvelair font la meme chose depuis des années et plusieurs pilotes europeens voir meme des tunisiens ont suivi le pay to fly pour decrocher un poste au sein d’autres compagnies pour la modeste somme de 60000 EURO !!!

  3. « celui qui ne peut passer les sélections doit donc payer pour voler, ce qui a toujours été le cas et on pouvait monter ses heures en aéroclub en n’étant pas rémunéré »
    Ce n’est pas ça le P2F (Pay to Fly)! C’est faire payer à un professionnel ayant déjà toutes les qualifications requises ( qu’il a peut-être d’ailleurs financé …), une somme pour travailler en ligne ( hors période de formation et avec des passagers…) sans être rémunéré, sous prétexte qu’ainsi cela lui permet d’acquérir de l’expérience… Tout « bénef » pour la compagnie!

    • Vincent
      Publié le 29 mars 2016

      Et payer une compagnie pour passer une QT, comment considérez-vous cela ? Comme une oeuvre de charité indispensable pour bosser sur ladite compagnie ?

      Citez-moi les compagnies françaises n’ayant pas recourt à ce petit commerce.

      • « Et payer une compagnie pour passer une QT,[…]Citez-moi les compagnies françaises n’ayant pas recourt à ce petit commerce. »
        Air France entre autres… Certaines compagnies peuvent facturer la qualification de type initiale ou plus fréquemment demandent un amortissement, à l’embauche, mais payent les pilotes lorsqu’ils sont en fonction. Les qualifications suivantes sont financées par les compagnies.

  4. LX-AH
    Publié le 29 mars 2016

    Plus sérieusement la RAM, doit défendre sa réputation et continuer le combat contre F3.
    Quand aux pilotes, pour finir leurs formations pour moins cher, il reste une alternative Flight SimulatorX…

  5. Vincent
    Publié le 29 mars 2016

    « Cette pratique du pay to fly est légale au Maroc et dans bien d’autres pays, mais interdite en France où les syndicats dénoncent la mise en danger des passagers de par leur inexpérience. » : il se passe exactement la même chose en France. D’où sortez-vous que cela est illégal ? Où croyez-vous que j’ai trouvé mes qualifications ? A un tirage du loto ? J’ai tout auto-financé avant de pouvoir candidater auprès d’une compagnie avec 1 200 h de vol (c’était alors le minimum pour être PL). Ces 1 200 h se sont déroulées essentiellement dans un aéroclub comme instructeur bénévole, pour faire des heures : nous sommes quelques centaines en France à être ainsi sortis de la filière dite « Aéroclub », en ayant financé toute notre formation !

    D’ailleurs, aujourd’hui encore, nombre de pilotes doivent financer leur QT, qui n’est pas vraiment donnée !

    Quant à la déontologie d’Elise LUCET, elle a été plus d’une fois mise à mal. Scandaleux pour une « journaliste » du secteur public, grassement payée avec notre taxe France Télévisions et Radio France, dite « Redevance du service public de l’audiovisuel ».

  6. Bimbo
    Publié le 29 mars 2016

    Bien vrai tout ça, et vous avez tous raison..
    Pensez y qd vs irez chez l’avocat, le médecin ou le dentiste.
    Combien coûte le ticket d’entrée ? Clientèle non comprise .. ( avec, ce serait trop facile!)

  7. hydrofix@magic.fr - 29 mars 2016 à 14 h 24 min
    hydrofix@magic.fr
    Publié le 29 mars 2016

    Le reportage ne parle pas de formation en aéroclub,mais d’heures de vols payées aux compagnies par des PPL qui ont besoin d’heures sur leur carnet
    Plutôt que de mettre en cause la déontologie des journalistes,expliquez simplement en quoi leur démonstration est fausse.

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