Lufthansa rachète Brussels Airlines, louera 40 avions d’Air Berlin

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Le groupe Lufthansa a décidé de racheter les 55% du capital de la compagnie aérienne Brussels Airlines qu’il ne détenait pas encore, l’opération devant être finalisée début 2017. Un contrat de leasing portant sur jusqu’à 40 avions avec équipages a d’autre part été signé avec Air Berlin pour renforcer les opérations des filiales du groupe Austrian Airlines et Eurowings l’été prochain.

Le Conseil de surveillance du groupe comprenant Lufthansa, Austrian Airlines, Swiss International Air Line et la low cost Eurowings, a décidé le 28 septembre 2016 d’exercer son option sur les 55% du capital de la compagnie nationale belge détenue par SN Airholding. « L’objectif commun de Lufthansa et Brussels Airlines reste l’acquisition de la totalité de SN Airholding par Deutsche Lufthansa AG », souligne le groupe dans un court communiqué, les actionnaires de SN Airholding devant être consultés d’ici la fin de l’année pour une finalisation de la transaction au début 2017. Aucun montant n’est évoqué, les médias belges anticipant un total de 47,6 millions d’euros – dont 45 millions couverts par la dette de Brussels Airlines envers le groupe.

Brussels Airlines explique de son côté que les discussions en cours avec Lufthansa « ont pour but de confirmer dans le futur les spécificités de Brussels Airlines ainsi que la croissance de ses activités assurant le maintien d’emplois en Belgique ». Ces spécificités concernent son business modèle, basé aussi bien sur le trafic point-à-point que sur le trafic en connexion et son réseau africain et intercontinental qui contribuent au développement du hub à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem. Les modalités de gouvernance de Brussels Airlines en 2017 seront aussi évoquées, un centre de décision basé dans la capitale belge demeurant « nécessaire pour conduire ces différentes opérations ». La marque de la compagnie reste Brussels Airlines. De nouvelles discussions entre Lufthansa et Brussels Airlines « avec les actionnaires et toutes les parties concernées » auront lieu au mois d’octobre.

La rumeur sur l’imminence de la prise de contrôle totale de Brussels Airlines courait depuis la semaine dernière, alors que le groupe de Star Alliance avait jusqu’à l’année prochaine pour exercer son option. Les négociations sur le sujet durent depuis plusieurs années et devaient déjà aboutir en juin dernier, mais l’attentat terroriste à l’aéroport de Bruxelles le 22 mars avait entrainé un report de la décision annoncée finalement hier. Le communiqué de Brussels Airlines indique clairement que la négociation sur son avenir au sein du groupe allemand n’est pas terminée, surtout à propos des rumeurs rapportées dans la presse sur la volonté de Lufthansa de rattacher Brussels Airlines à sa filiale Eurowings, qui ambitionne de devenir le numéro trois européen du low cost derrière Ryanair et easyJet…

air-journal_air berlin a320Lufthansa a d’autre part annoncé mercredi avoir signé une lettre d’intention avec Air Berlin portant sur la location de jusqu’à 40 avions avec équipage (wet lease). Ces avions, a priori 29 Airbus A320 et onze A319, seront opérés par la compagnie privée allemande dans le cadre pour le compte d’Austrian Airlines et de la low cost Eurowings lors de la saison estivale 2017, à partir du 26 mars ; l’accord porte sur les six prochaines années.

Eurowings, qui opère déjà 90 Airbus, en intègrera alors 35 de plus opérés par Air Berlin mais repeints aux couleurs de la low cost ; ils seront répartis dans sept bases en Allemagne, à Vienne et à Palma de Majorque. Les cinq monocouloirs destinés à Austrian Airlines seront basés dans l’aéroport de la capitale autrichienne. Le groupe précise que le déploiement de tous ces avions « sur de nouveaux services » et le retrait d’autres appareils se feront « de manière progressive ». La finalisation de ce contrat de leasing devrait être annoncée au dernier trimestre 2016, avant sa présentation aux différents conseils de surveillance, ainsi qu’aux autorités de la concurrence.

http://www.air-journal.fr/2016-09-29-lufthansa-rachete-brussels-airlines-louera-40-avions-dair-berlin-5170160.html

Commentaire(s)

  1. Le kérosène va remonter peu à peu vers les 100 $ le baril , suite au dernier compromis de l’OPEP hier à Alger ….L’embellie des compagnies à structure traditionnelle est terminée …
    Qui de KLM ou AIR FRANCE rachètera ,à terme, l’autre ? …à moins que ce soit ETIHAD qui rafle la mise …..

  2. Ce qui devait arriver, arriva, mais ils ne doivent pas oublier l’attachement qu’on les belges à leur compagnie nationale, même si elle n’a tout de même plus grand chose de nationale.
    Je crois bien que si SN se fait phagocyter par Eurowings, les gens risquent de la bouder et finir par prendre d’autres compagnie tel que Easyjet ou Ryanair étant donné qu’il n’y aurait plus de raison de choisir celle-là plutôt qu’une autre.

    • La seule raison pour la majorité des passagers qui conditionne le choix de telle ou telle compagnie est d’abord et avant tout, le rapport qualité-prix, puis les horaires, et éventuellement l’appartenance ou non à un programme de fidélisation… Point barre.

      On ne choisit plus une compagnie aérienne parce qu’elle « appartient » à son pays… Si cette dernière n’a pas bonne presse et s’avère en plus plus chère que les concurrents et offrant des liaisons et/ou fréquences moins pratiques, on l’abandonne au profit des autres. Le Pavillon n’est plus un « appel »…

  3. Toc

    Air France peux commencer à numéroter ses abatis… LH mais la main sur un hub parfaitement localisé, entre Paris Charles De Gaulle et Amsterdam, récupérant ainsi le segment de marché extrêmement lucratif de l’Afrique qui lui manquait, et donnant des ailes à eurowing pour la booster sur le low cost long-courrier.

    Si Air France ne réagit pas très rapidement en concluant une alliance à la fois commerciale et capitalistique avec un grand du secteur, elle va littéralement exploser en plein vol.

    Sans alliance, Air France ne jouera plus parmi les grands dans les cinq prochaines années.

    Un réseau low cost moyen-courrier encore très embryonnaire, un réseau low cost long-courrier inexistant.

    Bref, il serait temps qu’Air France se réveille… je crains qu’il ne soit trop tard…

  4. Belga

    Espérons que la saga Swissair ne se répète pas…..

    • Les compagnies peuvent avoir des stratégies différentes, l’expansion est importante comme la croissance externe mais il n’y a pas que ça qui compte. D’ailleurs pour bien intégrer un éventuel rachat il faut être plus serein que AF actuellement au risque de voir ledit rachat mal tourner, je pense.
      Il ont raison je pense d’améliorer leurs services et process existants, avant d’envisager l’expansion. A un moment ou à un autre ça fera la différence pour la compagnie, et surtout pour le client.

      • AH??????

        oui, sans doute cela fera t il « la différence à un moment ou à un autre »…mais le plus gros soucis d’AF c’est son état financier global ( actif/dettes/revenus dégagés/bénéfices…)qui ne lui permettra peut être plus d’attendre l’arrivée de  » ce moment ou de l’autre »…surtout s’il s’agit  » de l’autre » forcément plus éloigné dans le temps futur….Le collapsus pourrait avoir lieu avant, et ces dernières semaines sur les marchés financiers la descente-glissade des actions AFKL montre à quel point il y a défiance quand au futur même de ce groupe: serait ce déjà le début de « la descente aux enfers finale » avec des actions se rapprochant inéluctablement des « penny-monney shares », c’est à dire valorisant le cout de l’entreprise à 0+€…Vous pouvez en rire ou pas, mais c’est souvent en bourse que se dessinent les futurs des entreprises…Et celui d’AFKLM, de ce point de vue là, n’apparait PLUS comme évident dans son existence même..La bourse va être attentiste sur ce dossier jusqu’aux élections présidentielles…Apres, il faudra bien que quelque chose de type Bing-Bang soit fait sur AF, et rapidement, sinon s’en sera définitivement terminé d’une AF indépendante….

  5. Quid de la flotte d’Avro RJ100 que possède actuellement Brussels Airlines ? On sait qu’un des paramètres pour qu’une compagnie aérienne soit low-cost c’est d’avoir une flotte homogène d’avions (dans ce cas ci moyen courrier). Que va t’il advenir des pilotes certifiés pour ces appareils ?

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