Le 31 mai dernier, une juge d’instruction du tribunal de grande instance de Créteil a mis en examen un capitaine de la police aux frontières (PAF) soupçonné d’avoir fourni illégalement des informations à un collègue marocain.

Le quotidien Libération est revenu sur cette affaire de trafic de fiches S et a révélé la présence d’inquiétants procédés au sein même de la PAF de l'aéroport de Paris-Orly.  Au coeur de l’unité d’information de PAF, des arrangements concernant les badges verts (appelés également « badges accompagnés ») avaient d’abord été mis en lumière. Ceux-ci, permettant de dépasser les queues ou de circuler plus librement dans l’aéroport, pouvaient être prêter à des tiers par certains policiers, tout en négligeant les nombreuses procédures d’attribution. En plein état d’urgence, la plateforme perdait ici un précieux filtre de contrôle. La menace terroriste oblige aujourd’hui la PAF à contrôler 100% des personnes venant d’un pays hors Schengen lors du passages aux aubettes. Selon les sources du quotidien, cet objectif ne serait pas tenu à Paris-Orly. Et pour causes, des pannes informatiques régulières avec un matériel qui date des années 60, s’ajoute à cela la lenteur des serveurs. Les policiers se permettent alors de contrôler visuellement en comparant le visage à la photo du passeport. S’ajoute au facteur matériel le facteur humain, l’IGPN a suspendu un policier qui facilitait voir évitait les contrôles de sécurité à certains passagers. Enfin, les fiches S, documents sensibles, autrefois imprimés lors des passages aux kiosques de contrôles feront dorénavant l’objet d’un transmission numérique. Plusieurs erreurs ont contribué à la prise de cette décision sur la plateforme d'Orly. Ce sont toutes ces failles que le quotidien Libération raconte dans son enquête détaillée.